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Soyez bénis vallons, chéris par la fortune
Ô! printemps de mes jours si prompte à m'émouvoir
Ce qui charme mes yeux, de bonheur m'importune
C'est tout ces beaux instants en l'âme du terroir
Au tapis des foins mûrs étendus sur les plaines
Sous les ifs odorants, à l'heure du berger
Au miroir rutilant des limpides fontaines
La tête pleine d'or au cœur du bel été
Drapé dans le linceul d'une aube virginale
La plume éveille en moi des souvenirs sacrés
Oreille ouverte au chant, j'écoute la cymbale
Que déverse l'oiseau sur les épis dorés
Ô! chœurs des jours passés, chantez les doux supplices
Que vos fastes soient miens dans le soleil couchant
Que les derniers reflets deviennent mes complices
Dans la pâle clarté d'un bocage embaumant
Et puis, berçant mon âme, qu'ils déroulent mon livre
En des ors que le soir étale tendrement
Ce décor merveilleux que l'enfance délivre
Refleurit mon vélin, d'un immense tourment
Dans un coin de ma tête ouverte à la lumière
Je revois le char bleu du pays Franc-Comtois
Et le chemin boisés menant à la clairière
Fait renaître en mon cœur les bouquets d'autrefois
L'inoubliable odeur des sillons à l'automne
Le vol gris des perdrix aux marges des sentiers
Saison où chaque bois tel un roi se couronne
Qu'un sommeil éternel s'endort sous les alliers
J'aimais le vert feuillage où vient bruire la brise
Le bonheurs de ces jours, cachés sous un vieux drap
Quand la source bondit, que le cœur s'angélise
L'enfant devenu grand, toujours s'en souviendra
Vénérable témoin de l'antique héritage
Le charme souverain d'un œil émerveillé
Sous les faits de l'écrit reste le témoignage
D'un berceau fait de fleurs et de félicité
Ainsi le foin coupé longtemps après, embaume
Sur le seuil de la grange, imbibé de soleil
La douceur à l'envie éclaire comme un chaume
Et l'humble toit natal, n'est plus qu'un nid vermeil
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