|

Comblé par l'écriture et l'inspiration
Ne voyez pas en moi le modèle où l'illustre
Je ne fais qu'exprimer, l'intime passion
Qui dévore mon cœur, ce depuis quelque lustre
Je ne puis vous offrir, au seuil de mon printemps
Qu'un tumulte sans fin, exalté d'éloquence
Devenu magistral par les vers émouvants
Alors écoutez bien, vous saurez mon silence
Quand tombe le soleil, d'un geste jamais las
J'accorde à mon esprit plein de touchants arpèges
Le doux chant de mon cœur, si rutilant de stras
Qu'il porte le flambeau, des fabuleux cortèges
Ensoleille mon âme et chante l'Orient
Comme le rossignol à la cime d'un orme
Je ne peux résister au bonheur rayonnant
De pouvoir présenter, par le fond et la forme
Ce que Ronsard donnait dans chacun de ses vers
L'amour et la beauté, la divine étincelle
Cet étrange plaisir purifiant les chairs
Cette morte saison mais tellement si belle
Si mes vers sont charmant où d'un style profond
N'Est-ce point votre cœur qui d'un art poétique
Découvre dans les mots, le sublime horizon
En sachant exploiter le charme romantique
Car le rêve n'est pas en lui-même une fin
Pour qui sait caresser le soucis est de plaire
Quand les blés sont dorés heureux est le destin
J'écris selon mon âme avec la tête claire
Ô! lyre emporte-les sous les genêts dorés
Parmi les vieux rochers où chuchote ma source
Jusqu'au vallon royal au sein des voluptés
Caresse leurs esprits et remplit d'or ma bourse
|