JARDIN DE LUNE

 

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J'AIME LE BRUIT BLANC DE L'EAU

le mardi 03 mai 2016, à 08:47. Posté par Philip de Berg


    Ce poème est dédié à mes amis de la SCEP (Société Caïrote des Eleveurs de Poulet)

    J’aime le bruit blanc de l’eau,
    Qui ravine mon Orient
    Poussant mon frêle radeau
    Vers les grands flots bégayant.
    ……………………………………………
    Etourdi par le Nil et sa fureur nubile,
    Déclinant au « nihil », ce Rien qui fuit et file,
    Comme un jokari fou, aux élans assassins,
    Comme une batte folle aux reflets abyssins,

    Bonissant comme un fou mes pubères envies
    Je vends à l’ancan mes plus belles survies.
    Charrié par la rumeur du géant tutélaire,
    Cité des Pharaons, je suis l’enfant du Caire.

    Mais quand Suez indolente envoie tout en amont,
    Osiris et Phoebus près du gué, marcher de front,
    Le canal millénaire oublie le flot des siècles,
    Et sous un ciel de feu, les cotres font des cercles.

    Passez près des clapiers, cotres et felouques !
    La nuit, le jour, la nuit, cocottes près des souks,
    Glapissez en cadence à ces jours bien trop courts
    Pour des gallinacés qui confondent les jours.

    Et toi, ô pyramide aux secrets bien enfouis,
    Le Grand Aventurier, bien trop lâche s’enfuit.
    N’entre pas en ces lieux, il n’est d’Arches Perdues
    Que dans ces nids d’espions, de fourbes ambigües.

    Et comme un empereur que les siècles contemplent,
    Du haut de ces caillous portant le nom de « temples »
    Le jour, la nuit, le jour, j’implore la lumière,
    Larmina, ton désir n’est-il que d’être fière !

    Près du fleuve limpide où je cherche repos,
    J’aviserai soudain un havre sans chaos,
    Un lieu pour méditer, si la banquette est bonne,
    Et m’asseoir un instant, d’une allure bouffonne.

    Mais, conquérante Albion, je frissonne en ces lieux !
    « How is this blanket ? » Réchauffe-moi . C’est mieux.°
    Cream coloured and spicy ? Ô, Ziris, that sounds great !
    Mes caïrottes nuits ont le goût de la fête.
    ……………………………………………
    Jour, nuit, jour,
    Encore et toujours
    J’aime le bruit blanc de l’eau,
    Qui ravine mon Orient
    Poussant ma frêle tige
    Dans un grêle vertige.

    ° jeux de mot intraduisible dans sa loufoque transcription
    ("blanket" signifie couverture-plaid)

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commentaires ( 8 ) (Ajouter un commentaire)
Philip (JARDIN DE LUNE) le mardi 03 mai 2016, à 15:14
Une explication sans laquelle ce poème, malgré ses zolies tournures et un petit effort prosodique, peut sembler incompréhensible ! Cet écrit, au début, est un "private joke", une gentille déconnade à Loïc, en référence directe à ce film qu'il faut prendre au second degré "OSS 117 - Le Caire nid d'espions". On retrouve tout au long de mes vers des situations et allusions à des répliques cultes, interprétées par l'acteur Jean Dujardin, dans un film à l'esprit "barré", soulignant la "ringardise" du personnage. Seules ne figurent pas ici, les allusions dans le film, à la religion et à la spiritualité qui pourraient heurter. Le reste, c'est juste pour s'amuser. Cocorico ! Comme diraient les hôtes de la S.C.E.P. Philip.

marieannemak le mardi 03 mai 2016, à 19:40
Un bruit blanc de l'eau, comme sourd, ou comme onde de choc ?
J'ai bien compris, mais je trouve qu'il n'y à rien à rajouter... Très belle déconnade Cocorico du soir... Bonsoir ! Amitié Marie-Anne

Micheline 1940 le mercredi 04 mai 2016, à 09:31
Bonjour cher Philippe,
J'aime intensément cette transcription de couleur à un bruit. Bien entendu, l'eau qui coule a une couleur, du moins dans notre inconscient, et ce bruit blanc m'accroche ! C'est du lait, de la douceur, le sein chaleureux de la mère, le son feutré du calme, de la paix et du repos de l'âme...Il sonne mat, et le vers est beau, intuitif et secret.
Pour ma part, l'eau est bleue, cristalline, fraîche et résonnante, pétillante, chantante et gaie, invitant à la cérémonie du délassement et du plaisir !
Et votre eau blanche tranche avec l'animation des marchés orientaux. Mais les pyramides sont là, imposant leurs millénaires de silence, impavides et dominant l'espace...
Quel beau voyage ! Vous avez remué chez moi, des ergs de sables dormants, ensevelissant tant de choses...
Après ce premier contact de ma journée, je vous souhaite, cher Poète, mes civilités du matin !
Bien à vous, et toujours ma bonne et sincère amitié.
Micheline.

Ivy le vendredi 06 mai 2016, à 17:33
Coucou Philip,
La blanquette de poulet n'a rien à envier aux 'pigs in blankets' anglais, en tous cas ! Rire !
Bizz

Philip (JARDIN DE LUNE) le samedi 07 mai 2016, à 10:48
Never tried pigs in blanket ! :) Bonne journée. Kissous. Philip

Loïc le lundi 16 mai 2016, à 18:36
Festival de références du modeste converti devenu maître -- tu devrais envoyer ça à Hazanavicius !

La majesté de l'Oeuvre (la tienne) rejoint sans peine l'excellence poétique et psychologique de ce chef-d'oeuvre transgénérationnel qu'est OSS... Pourtant, si tu peins bien, tu oublies par contre de poser les grandes questions que n'importe qui se pose. Pourquoi les poules réagissent si viscéralement à la lumière ? Qu'est-ce que les enfants de Slimane étudient à New York ? Pourquoi Pelletier, quand il a deux flingues, n'utilise pas le deuxième quand le premier déconne ? Et surtout, pourquoi OSS entame "Clair de Lune à Maubeuge" après "Bambino" ?? Pourquoi ??!!

Mais après tout... qui es-tu pour prétendre exégéser une telle entreprise philosophique, dans toute sa profondeur pharaonique... Car c'est vrai finalement... Toi qui ti es, hein ? Qui ti es ? Nah'din amok, ti es quoi toi ?

-- Tais-toi Loktar ! Tu es toléré ici, toléré !!

Enfin voilà, tu as encore des progrès à faire. S'agirait d'grandir... s'agirait d'grandir.

Qu'est-ce qu'y a, qu'est-ce que j'ai dit ?????

Bon enfin tu te souviendras ? Sûr ? Non parce que si tu n'es pas sûr, il faut le dire. Il n'y a pas de honte à ne pas savoir. Sinon je te le note, hein ? moi ça me prend deux minutes et après je suis tranquille.

Philip (JARDIN DE LUNE) le lundi 16 mai 2016, à 18:36
Pour LOIC :
Cher Loïc,
Je ne doutais pas un seul instant que tu aies perçu l’acuité avec laquelle – tu es passé là avant moi – j’ai instantané perçu le message philosophique de ce film d’Art et d’Essai dont j’ai essayé modestement de faire partager, par ce poème, les tempétueuses émotions qui m’ont assaillies en en comprenant à peine, quelques messages épars. Répondre aux questions non résolues sur lesquelles tu m’interpelles, me serait difficile. Je ne possède pas l’ensemble des clés.
Je ne pourrais simplement que te rappeler cette évidence – et ton inculture sur le sujet m’afflige -
que chez tous les mammifères ailés (faut même que je te rappelle à quelle catégorie animale appartiennent les oiseaux !), tout le monde sait que l'organisation circadienne du rythme activité-sommeil, organise la régulation homéostasique de l’état de veille chez nos chers batraciens à plumes. Donc, les séquences par lesquelles les invertébrés de poulailler réagissent à la lumière, ne sont aucunement des séquences comiques. Ne t’es-tu pas rendu compte que tu étais le seul à rire, dans la salle ? Je crois donc que tu n’as pas compris l’allusion plus philosophique et fataliste quand dans mon poème j’évoque la nuit-le jour-la nuit , sans aucune connotation biologique .

Pour le reste de tes questions il y aurait tant de choses à dire, mais hélas, à quoi t’on servi les 385 visionnages du film si tu es passé à côté de toutes ces autres évidences, grosses comme les projecteurs d’une DCA détectant dans le ciel les avions de la Lutfwaffe ?
L’enchainement Bambino-Claire de lune à Maubeuge ? A l’incantatoire « gâlu l-i wulît maḥbûl, bambino bambino », qui n’est là que pour souligner les talents linguistiques du cosmopolite OSS 117, il fallait savoir (j’ai eu le privilège de visionner les cuts), que dans l’enchainement sur Clair de Lune – toujours dans la langue des Pharaons, peu compréhensible si non sous-titrée – le premier couplet dit tout simplement « Je suis allé aux fraises /Je suis rev'nu d'Pontoise/ J'ai filé à l'anglaise :Avec une tonkinoise ». C’était donc une des séquences clés du film soulignant, dans sa mission civilisatrice,
qu’OSS 117, n’est pas un citoyen franchouillard se payant des vacances au Club Merd du Caire, mais un citoyen du monde à part entière.
Tu t’interroges sur la nature des études que poursuivrait le fils de Slimane à New-York ? On s’en fout, car en 1957, McCarthy était en fonction et le fils du pharaon a dû se faire refouler illico à la frontières des Zétats-Zunis !
Par contre je suis étonné que tu n’aies posé plus de questions sur le comportement délicat et égalitaire du héros à l’égard de Larmina. Mais là encore, une séquence a été supprimé au cut final, celle où Larmina, à qui OSS demande de prendre une serpillère pour nettoyer le carrelage de la SCEP plein de fientes de chicken et s’étonne de la voir penchée en avant d’une façon trop suggestive, lui répond, dans une cartésienne réplique : « Je me penche, donc j’essuie ! ».
Donc mon cher Loïc, merci mille fois de ton érudit commentaire, mais dommage que tu n’aies pas perçu tous ces détails importants. Amitiés. Philip.

Philip (JARDIN DE LUNE) le lundi 16 mai 2016, à 18:38
Pour MARIE-ANNE :
Oui, si l’on retire le côté « déconnade », l’on aurait très bien pu écrire quelque chose de censé sur le bruit blanc de l’eau. Par exemple, désigner un « non-bruit » mais qui serait une présence tranquille, que représentent les eaux d’un lac tranquille. Mais non, c’était que des bêtises ici. Et qui semblent t’avoir arraché un sourire, bien que tu n’aies certainement pas vu ce film et si c’était le cas, tu aurais apprécié au centuple mes humbles bêtises !!! (tu vas voir, la réponse que je vais faire à Loïc va être bien délirante). Amitiés et bise. Philip.

Pour MICHELINE :
Me voici pour le vrai commentaire, chère Micheline.
En faisant travailler notre imaginaire, la poésie nous transporte bien loin et nous fait donner couleurs et émotions à tous les paysages du monde.
Mon écrit - sous sa mutine légèreté - se réserve en effet des plages plus sérieuses. Et à bien y regarder - en fermant les yeux - la notion de bruit blanc de l'eau peut-être synonyme d'apaisement. Et vous savez bien que les terres arides d'Egypte qui pourtant ont abrité une incroyable civilisation, sont des terres où, hormis le Nil nonchalant, l'eau est bien rare. Alors imaginons un instant la magie d'une eau qui jaillirait au coeur d'une improbable et modeste oasis. Metci, Micheline d'avoir donné une vision légère et...."fraîche" de quelques uns des vers épars de ce poème, dans votre exotique et sensible ressenti. Avec toute ma respectueuse amitiés. Philip
(www.mespoemes.net/philipchevalier)

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