JARDIN DE LUNE

 

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CHANT D'AFRIQUE

le jeudi 28 avril 2016, à 14:26. Posté par Philip de Berg


Que deviendront mes rivages
Quand le chant lourd des cabasses
Repousseront la mer ?
………………………………………
Il est bien des marins qui comptent les étoiles
Comme des gouttes de lumière,
Quand les rêves n’ont plus le goût des paradis
Et que se trainent
Cocasses,
Ces lames d’Horizon
Dans les lointains contours
Des logis.

Ce ne sont que de tremblants mirages !

Il est tant d’intrigants devins qui se rident
A la risée des clairs-obscurs
Sous l’éclat sombre des phalènes
Et qui se plaignent
Voraces
Des charmes à foison
Dans les incertains détours
Des taudis.

Ce ne sont que de fervents outrages !

Que deviendront ces visages
Quand le vent sourd embrasse
Et chahute la chair ?
………………………………………

Il est trop de déserts qui promptement s’effacent
Dans le lit des lacs clairs
Et soudain peinent,
Coriaces
A retenir, bougons,
Les hautains retours
Des pluies.

Ce ne sont que de d’indulgents naufrages !

Que deviendront ces images
Qui sous ma paillasse
Eteignaient les éclairs ?
………………………………………
Epilogue, en forme de prière :
« Où êtes-vous, mes muettes Afriques
Quand, dans vos déserts vibrants
Se piègent les illusions
Et que nos yeux,
Tout pétris d’infortune,
Enfin refermeront
La page »

Illustration musicale :
https://www.youtube.com/watch?v=XIUc16k59E0
(Oriental spirit - "Le chant du désert"

Illustration : photo Philip (aux portes de la Lybie)

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commentaires ( 9 ) (Ajouter un commentaire)
domidom le jeudi 28 avril 2016, à 16:44
Que de questions qui sans doute n'auront jamais de réponse...
Avec le temps qui passe, on peut se demander ce que deviendront les beautés de la nature dans l'avenir, car aujourd'hui, tout ce qui ne disparaît pas fait bien triste mine....
Grâce au ciel, il existe encore des coins paradisiaques..
J'ai pris beaucoup de plaisir à te lire et relire....
C'est une superbe poésie...
Bises, Domie...

marieannemak le jeudi 28 avril 2016, à 19:27
Bonsoir Philip, Si demain, ces hommes ravageurs venaient à disparaître, la nature reprendrais tous ses droits et plus luxuriante d'autrefois. Elle nous fait bien sentir que ces mécréants la dérange, elle se venge souvent bien sûr au détriments d'innocents. L'avenir le dira sans aucun doute à nos descendants ce qu'il adviendra de cette planète malade d'avoir trop fait confiance aux travers des siècles à des hommes destructeurs et adorateurs de l'argent. Bonne soirée et bisous à toi Marie-Anne

rivaudais le jeudi 28 avril 2016, à 19:32
Mon cher Philip, tu touches là, chez moi qui suis un amoureux de l'Afrique, une corde particulièrement sensible. Et je te remercie de ce beau poème. Dont j'accapare, avec ou sans ta permission, les images, la musique (dommage? je ne peux entendre la tienne), l'atmosphère dont tous ceux qui ont vécu, aimé, travaillé ou combattu, palabré -et sué aussi- là-bas, savent qu'elle est magique. Merci ami. Merci. Tu as embelli ma soirée d'une douce nostalgie.

guillaume le vendredi 29 avril 2016, à 00:48
bonsoir philip.elles sont belles tes couleurs de l'afrique!!!!il est beau ce poème!!!merci philip,pour ce voyage.amitiès.

Philip (JARDIN DE LUNE) le vendredi 29 avril 2016, à 19:03
Ce poème était aussi, indirectement - pour moi - une évocation de la fin de la courte vie de Rimbaud, qui partit en Afrique (enfin, au Moyen-Orient), ayant abandonné la poésie depuis longtemps, pour faire, plus ou moins du trafic d'armes. Mais, en fait, j'ai écrit une ode à ce continent et en filigrane, le regard triste que portent aujourd'hui certains, sur l'Afrique.
Pour DOMIE ET MARIE-ANNE :
Vos réflexions étant un peu similaires, je vous réponds en même temps. Vos remarques vont même au-delà de l'Afrique. Oui, que vont devenir non seulement les beautés de la nature, mais aussi les chefs d'oeuvre de l'Homme (détruits par les vents, les cataclysmes...mais aussi, également, d'autres hommes). Ca m'a fait donc plaisir, Domie et Marie-Anne, à travers quels mots, d'avoir magnifié un instant ce qui peut-être demain, ne sera plus qu'un souvenir. Bises à toutes les deux. Philip.

Pour GUILLAUME :
Ah, tu y a vu des couleurs, dans mes mots. Eh oui, en regardant bien, certains mots portent vers l'imaginaire et l'imaginaire est coloré, dans le cas de l'Afrique. Ah, j'aime bien faire voyager les ami(e)s poètes (qui eux aussi me font voyager) à travers mes mots. Encore merci pour ton commentaire, Guillaume. Amitiés.

Pour RIVAUDAIS :
Merci sincèrement, René. Ah oui, je sais que l'Afrique t'a toujours été chère.
Accapare toi tout, chaque mot de mon poème. Pas qu'ils soient important aux yeux de tous, mais pour toi, je sais qu'ils évoquent sans doute tant de souvenir. Oui il y a une magie de ce vieux continent. J'ai donc embelli ta soirée ? Mazette ! J'en suis très touché. Prends soin de toi, René. Amitiés. Philip
(www.mespoemes.net/philipchevalier)

Micheline 1940 le samedi 30 avril 2016, à 07:09
L'Afrique que j'ai connue n'est plus. Pour jamais, elle aura perdu sa plus que nonchalante et splendide beauté. Il ne lui reste que ses soleils, ses plages sans sable, et ses mers sans poisson.
Ses peuples, en croyant acquérir l'indépendance, sont devenus esclaves de tyrans. Où es-tu, somptueuse Afrique, quand la France, tendre mère, protégeait tes enfants ?
Votre magnifique poème, très cher Philippe, a fait sourdre en moi bien des sentiments de tristesse emmêlée de vrais chagrins, de ceux que l'on ne peut oublier, de nos morts laissés là bas dans des tombes oubliées sous un inamical soleil ... Mon émotion trop forte, est la preuve que votre poème m'a touchée au plus profond. Et il me vient une pensée toute attendrie et respectueuse pour Ceux des miens qui, sous la dalle, prient encore pour nous. Qu'Ils en soient, pour cela, bénis et remerciés.
Bien amicalement, ami, et je suis très émue de lire à nouveau votre belle écriture.
Micheline.

rivaudais le samedi 30 avril 2016, à 15:28
Philip, j'avais bien compris, ou cru comprendre, qu'il y avait dans tes lignes une évocation à Rimbaud l'Africain, le marchand d'armes, l'aventurier. Mais que tu avais été en quelque sorte emporté par ce tourbillon de sentiments, de paysages, d'humanité, de voyages, que tu ressens avec tant d'intensité. Même s'il nous touche tous.
Micheline, vous avez en grande partie raison, l'Afrique, celle d'autrefois est morte. Enfin presque : de ci de là montent encore des souvenirs avec les chants des griots et à travers les attractions pour touristes et les voyages organisés aux camps des pygmées.. Mais quand je dis presque c'est qu'il reste malgré tout, et restera toujours j'espère cet incendie au coeur quand le soleil parait dans le ciel embrasé. (Et que la nuit fut courte pour cause de moustiques et de nuit savanière). Et puis l'Afrique c'est aussi -et hélas de plus ne plus: le Sahel se meurt- les majestueux déserts. où l'être , confronté à a solitude et à l'immensité des pierres etr des sables, prend la mesure de sa petitesse et de sa fragilité. Alors, oui l'Afrique change, a beaucoup changé.Pour le meilleur et pour le pire. Le danger serait qu'elle perde son âme.Ce qui n'est pas encore complètement le cas. Mais c'est le danger. Qui pouvons-nous ?... Le monde entier s'américanise.

Ivy le samedi 30 avril 2016, à 16:03
Coucou Philip,
Un bel hymne à l'Afrique !
Bises.

Pour compléter mon commentaire, deux extraits d'un poème écrit et posté en 20013.

Afrique bien-aimée...
Afrique, ô Afrique bien-aimée
Terre mère de mes ancêtres éloignés
De tes grandes richesses tu fus dépouillée
Mais jamais, ô jamais, ne perdis ta dignité

Afrique, ô Afrique bien-aimée
Terre mère de mes ancêtres éloignés
Un jour, quand sur ton sol se poseront à nouveau mes pieds
De ta beauté et tes saveurs tous mes sens en seront enivrés...
Afrique bien-aimée !
Ivydall

Claude le samedi 30 avril 2016, à 16:40
Tout ça me fait penser à une phrase de Frantz Fanon :
" Le grand succès de ennemis de l' Afrique, c' est d' avoir réussi à corrompre les Africains eux-mêmes "
Cela résume pour moi ce continent Afrique ou Ah ! fric car les dirigeants pour la plus part s' en mettent plein les fouilles et pas les fouilles archéologiques.
Ce la dit, il y a des Africains comme dans tous les pays qui ne sont pas aussi corrompus que leurs pseudo présidents et qui méritent notre soutien et notre respect.
Cela dit, alors que les " tribus " devraient normalement vivre en bonne cohabitation puisque les différences en réalité ne peuvent qu' enrichir ( intelectuellement ), les guerres fratricides au nom de la religion ou pour la prise de pouvoir sur l' autre, appauvrissent ce continent.
Cela fait des années et des années qu' après avoir colonisé ces peuples ( ce qui est une grossière erreur bien sur ) que l' on aide à coup de milliards ce continent pour s' en sortir et ça ne bouge pas vite dans le bon sens.
On retrouve là cette absurdité d' avoir voulu coloniser un peuple puis de lui rendre son autonomie en le livrant à une vrai pagaille triballe.
Les occidentaux sont de" braves " inconscients et de stupides calculateurs. Tout les pays ou il y a des guerres perpétuelles sont issus en général de pays colonisés.
Il faudrait peut-être remettre les pendules à l' heure et faire notre méa culpa sur les politiques africaines que nous avons menées et que nous menons encore et qui ne méneront à rien.
Quand à Rimbaud, il a fait aussi partie de ces braves salauds qui vendaient des armes pour que les gens s' étripent entre eux.
Ca n' enlève pas de valeur à sa poésie, par contre j' ai toujours été écoeuré voir dégoûté par ce triste personnage adepte aussi d ela chasse aux éléphants.
Merci Philippe pour ton texte qui lui est bien plus poétique que mon commentaire mais qui cerne bien aussi à sa manière l' Afrique ancienne et actuelle.
Sincèrement, ton écriture est toujours parfaite, c' est vraiment de l' art et je le pense vraiment.
Bien à toi
claude

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