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Je voudrais que mes vers soit une onde limpide
L'or du calice pur, au lys de mes quinze ans
Une larme d'amour en l'encrier candide
Cette émeraude claire aux sources du printemps
Que mes alexandrins où pleure le silence
Dans leurs palais fleuris ravaudent d'un fil d'or
La trame de tes yeux, où rêve l'innocence
Tel un lac enchanté miroitant sont trésor
Sur un vélin brûlant oserai-je sans ruse
Et d'un esprit tranquille écrire le frisson
Pour cueillir au hasard les roses que ma muse
Attise au vin nouveau d'un lumineux sillon
Tu restes le berceau de ma flamme sacrée
A l'heure où tout s'endort, l'indicible secret
Du geste vénéré recéle ma pensée
Où sommeille une lyre en son écrin discret
J'ai mis partout tes fleurs, ton visage lui-même
L'odeur de tes cheveux, où dort mon lendemain
Ce qui palpite et rit en te chantant: je t''aime
Même ton corps galbé peut surprendre ma main
Avec la volupté qui courbe ta paupière
Sans fléchir d'un cœur pur, j'aime savoir le goût
De ton sous-bois ombreux, embrasant ma lumière
Plein de sève et de miel devenu mon bijou
Pour que mon jour soit beau, ma voix tremble et t'appelle
Mes yeux cherchent les tiens, juste pour le velours
Et je crois en l'amour ma petite hirondelle
Souvenir déjà vieux, je t'aimerai toujours
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