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Voici venir le temps du rêve au crépuscule
Je vais d'un léger sur le bord de l'étang
Mon regard cherche l'or de l'enfance incrédule
Sous un soir aussi pur le silence m'entend
Je suis encore seul au rendez-vous des roses
Des gouttes de soleil caressent mon esprit
Le temps passé s'éveille aux dorures des choses
Le tombeau s'est ouvert à l'aube de la nuit
J'interroge les cieux, brûlant joyau de larmes
Ma volupté demeure à l'instant de la croix
J'accorde mon bonheur aux tristesses des carmes
Puisqu'il reste une plume au fond de mon carquois
Alors je me souviens, du jour, de l'acropole
J'écoutais sourdre en moi le doux frisson des fleurs
D'un battement de cil, j'avais une auréole
Volé aux papillons, aux ombreuses splendeurs
Un musicien doré me guidait sous la voûte
Au grâce d'émeraude, illuminant mon front
D'un épi chaste et blond, bien loin de toute route
D'une flamme apparue au ciel de ma raison
Je rêvais de dentelle en caressant la source
Comme un amant dépose et enferme un baiser
A la fin de sa lettre, espérant dans sa course
Cueillir quelques saphirs, un peu d'éternité
Je me voulais poète à la lyre d'ivoire
Afin que l'innocence embrase mes œillets
Je croyais en l'humain, aux soirs de victoire
J'arrosais mes cahiers, de flamboyants billets
Quand l'ombre s'enfuyait au vase de la flore
A l'âge de quinze ans, j'épiais en forêt
Le vert sommeil du merle au courbe de l'aurore
Bavans dormait au loin, ignorant mon secret
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