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C'était au mois des blés, au soir au tout s'endort
A l'heure du berger, si riche en harpes d'or
Sur la mer des moissons, un céleste suaire
Caressait les épis d'un souffle légendaire
Blotti contre un pommier, un livre dans la main
J'écoutais le chant doux pareil au clavecin
A ma bouche, à mes yeux la même onde tranquille
Sertissait sur mon coeur la volupté fragile
Soudain j'aperçus sortant du bois dormant
Une femme aux traits d'ange, au charme foudroyant
Son corsage semblait un grand bouquet de fleurs
Plein de pétales blancs recouvraient ses splendeurs
En de légers frissons ses angéliques ailes
Ebranlaient mon esprit le couvrant de dentelles
Je tombais à genoux devant tant de beauté
Un diamant pareil pouvait-il exister
Quelque chose à son front palpitait de lumière
Une ombreuse couronne au rose incendiaire
Ô! que je l'adorais cette femme soleil
J'aimais déjà ses cils et leur reflet vermeil
A travers les vapeurs de la troublante plaine
Nous prîmes le chemin menant vers la fontaine
Ainsi qu'un couple aimant, heureux, sans dire un mot
Le ciel lançait sur nous un merveilleux halo
Mon amour s'enflammait au bras de sa tendresse
Elle incarnait avril et toute sa richesse
D'un tremblement ses yeux devenaient papillon
Fasciné par son corps, j'en perdais la raison
Oh! ce premier baiser au goût impérissable
Frôlements satinés, confidence adorable
Et puis tout est fini, c'est le réveil soudain
Depuis je cherche l'or de ce brûlant matin
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