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Entre ses doigts le vers de grâce revêtue
Arrose le regard, d'un rayon caressant
C'est le char triomphal de sa muse ingénue
Ruisselante d'amour, quand le soleil descend
Son champêtre ruisseau de charme s'élabore,
Rose de souvenirs sa plume quelquefois
Palpite comme une aile au berceau de l'aurore
Et ce n'est qu'à travers son esprit aux abois
Que le lecteur surprend le souffle poétique
Son cœur n'a point tari le spleen adolescent
J'admire et je chéris ce faste romantique
Qui domine la lune au sein du firmament
Je voudrais n'avoir plus d'ouvrage, plus de livre
Ne rien savoir du vent, ni du parfum des fleurs
Pour ne boire que l'eau que sa source délivre
Ma bouche aspirerait ses ombreuses douceurs
Mon âme avec plaisir boirait sa volupté
Riche, de son savoir, le frisson à la gorge
J'éprouverais mes yeux, mon bonheur d'exister
En surprenant ma vie au pouls de son horloge
J'irais cueillir les vers de sa sergent-major
A l'heure où sa couronne au soleil flamboie
Son front déposerait comme une larme d'or
Au chatoiement si pur qu'il borderait ma joie
C'est vrai, j'ai cette chance il faut bien l'avouer
D'effleurer cette rose à la beauté mortelle
Le frisson de son foin sur mon cœur est couché
Elle fait mon printemps tout comme l'hirondelle
Ne cherchez plus ailleurs le miel de mes bouquets
J'ai tenu ses cahiers, j'ai humé ces jacinthes
Mes yeux ivre ont vécu dans ces divins bosquets
Et j'ai même reçu ses odes les plus saintes
S'il vous plait que je dise avec des mots charmants
Son pouvoir d'Orient, sa plume de mésange
Je veux bien caresser, ses ors, ses diamants
Son secret gazouillis, tant je bénis cet ange
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