|

La lyre nous apprends le charme des beaux jours
Aux méandres fleuris un berceau de feuillage
Accueille avec douceur nos baisers de velours
Tandis qu'un rossignol émerveille l'ombrage
La moisson ondoyante éparpille son or
Coucher dans notre écrin de verdure champêtre
Nous buvons le plaisir celui de messidor
En cueillant les bleuets que l'été fait renaitre
J'y vois flambés tes yeux et couler tes cheveux
Mon âme y boit le miel, les eaux de la tendresse
Un rêve nous unis au zéphyr vaporeux
Le proverbe est pour nous d'une onde poétesse
Cet amour aux flambeaux, d'ambre et de volupté
Qui brûle nos regards de transparentes roses
Etanche avec bonheur ce partage sacré
Je reçois en plein cœur tes provocantes poses
Tu portes sur le front l'éternelle beauté
Et ton visage étend l'insondable mystère
En couvrant de splendeur, par le ciel reflété
Le somptueux palais de cette heure éphémère
Laisse-moi reposer en ce charmant miroir
Sur la mousse et le thym, mollement étendue
Ta beauté resplendie et reste un rêve, à voir
Sur ton corps velouté, de dentelle vêtue
Un joyau vient d'éclore, étreint par un grand char
Il semble que le jour, sur ta chair s'étincelle
Et couvre d'une rose un pan de mon regard
Tu jettes sur mon âme un serment d'hirondelle
Mes yeux sont inondés d'un céleste ruisseau
Revêts-moi de tes fleurs, de ta source sauvage
Où plonge le soleil, ton sublime jumeau
Lui qui chaque matin retrace ton image
N'entends-tu pas le ciel, le bruissement des bois
A l'heure solennelle où la blonde lumière
D'un souffle lumineux ébloui le sous-bois
Et dépose l'éclat sur la nature entière
Cueillons-le mon amour cet instant savoureux
Goûtons sans plus tarder ce roman de Florence
Et respirons à deux ce bouquet capiteux
Puisque tout aujourd'hui fleure l'adolescence
|