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Un cri des banlieues (rap d'un inconnu)

le mercredi 27 janvier 2016, à 07:52. Posté par Philip de Berg (auteur : Inconnu)


    J’arpente les rues d’ma ville avec un revolver
    Mon bigo sonne
    Les blackos qui consomment
    Me demandent des kilos
    J’ai c’qui faut pour les satisfaire !
    Dans mes chepos*
    Du putain d’bedo (2)
    Super bien vissé,
    Explicit’
    J’fais dans l’illicite !
    J’dors plus trankil, ici
    Car à c’t’heure-ci
    N’importe quel schmidt (3)
    Peut être planqué.
    Jeune et ambitieux, gagner est ma mission,
    J’veux pas finir ma vie en Ligue 2, fiston !
    J’réussis sans piston, quitte à être pisté.
    J’accumule les biftons et j’suis sans pitié !
    Je s’rai toujours authentique et autant te dire
    Que quand j’aurai 60 piges, j’foncerai toujours tout spliff !
    J’aime jouer avec le feu,
    Et j’roule des gros pets de beuh (4)
    La chance a voulu m’rejoindre, j’ai loupé l’appel de peu.
    Ouais, j’aime jouer avec le feu,
    Et j’roule des gros pets de beuh.

    Refrain :
    Moi, dans ma vie, j’ai toujours fait c’que j’voulais
    Je suis ni un fils de pute, ni un fils de poulet,
    Ok, j’déboule en coupé sport,
    Dur de m’louper,
    J’suis celui qui va péter tous les scores.

    En survêtement, j’fais des sous bêtement,
    Toute la journée, en bas d’chez oim (5)
    Assis sur l’banc, j’suis un oinj (6) entre les phalanges
    Aussi à l’aise qu’un poisson dans l’eau,
    J’vends du shit en gros.
    J’te l’dis, j’suis pas à l’abri de prendre une balle dans l’dos !

    J’ai passé toute mon enfance dans les HLM,
    Tranquille au pied des bâtiments,
    A vendre du H et d’l’herbe
    En désaccord avec le système social
    J’fais dans l’illégal,
    Car j’veux pas d’leur vie d’merde
    Anti-schmidt,
    Faut pas qu’j’anticipe
    (et que j’prenne dix piges)
    La défonce, j’passe mon temps à foncer dans l’tas !
    En survêtement, j’fais des sous bêtement,
    Toute la journée en bas d’chez oim, sur l’banc,
    J’vois plus l’temps tourner
    Les années passent et rien s’arrange,
    Un oinj entre les phalanges
    Je sais qu’ça dérange…….

    (1) Poches en verlan.
    (2) Joint de cannabis
    (3) Schmidt = flic, en argot des banlieues.
    (4) Joint de cannabis
    (5) Oim = moi, en verlan
    (6) Oinj = joint

    [Il sagit d'un texte écrit par un rappeur (???) inconnu, un brouillon trouvé par terre dans un studio où nous répétions. C'est juste de l'écriture, pas de ma poésie, bien sûr.
    Il n'y a aucune moquerie de ma part, en le postant. Une sorte de témoignage. Bien sûr, la publication de ce texte ne saurait être une incitation au trafic de stupéfiant, ni à la désobéissance à un quelconque ordre moral (!!!). Juste un témoignage. Il appartiendra à nos amis administrateur du site d'apprécier si ce texte doit être retiré ou non, en raison de son contenu]

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commentaires ( 10 ) (Ajouter un commentaire)
lilo le mercredi 27 janvier 2016, à 09:34
triste

Philip (JARDIN DE LUNE) le mercredi 27 janvier 2016, à 09:41
Oh oui, ma chère Lilo, en prenant ça pour un témoignage, ce "cri des banlieues" est bien triste, car c'est hélas, le reflet d'une part de la réalité. Des gens comme l'auteur de ce texte, il y en a plus d'un. Que sera leur avenir ? Des impasses, à coup sûr. Et les risques en tout genre qui vont avec (amalgames de la part de certains, danger de la radicalisation quand il n'y a plus rien à faire, etc...). Triste, oui ! Bisous et un petit rayon de soleil, quand même ! :)
Philip.
(www.mespoèmes.net/philipchevalier)

domi/amimots le mercredi 27 janvier 2016, à 10:32
"J’te l’dis, j’suis pas à l’abri de prendre une balle dans l’dos ! "
plus que triste, désespéré...
pour (sur)vivre, en arriver à mettre sa vie en péril, et le savoir...
Merci Philip !
bisous.

Philip (JARDIN DE LUNE) le mercredi 27 janvier 2016, à 10:41
Domi, tu as raison de le souligner, triste et désespéré. Le tableau est très sombre.
Je voulais poster, à travers cet écrit, une face de ces affreuses réalités, comme un témoignage sociologique. Ca fait aussi partie de la vie d'aujourd'hui, de "notre époque" comme on dit.
J'avais écrit, il y a quelque temps, un rap "déconnade", mais pas sur un registre sombre. Je le posterai plus tard. Mais les prochains poème seront un retour à des choses plus romantiques. Bisous. Philip.

Rose le mercredi 27 janvier 2016, à 10:50
c'est vrai triste ce texte est dur et fort car malheureusement la rue est parfois cruelle et une réalité qu'on refuse de voir mais c'est ainsi ! merci Philip bises et bonne journée a bientôt sylvie

nisti le mercredi 27 janvier 2016, à 11:16
Ce texte, c' est le naufrage de la pensée, de l' obéissance, du respect... etc... Excuse moi de dire ça, Philip, mais c' est ce que je pense. désolé. Comme vous dites plus haut, c' est triste, effectivement... Et dire que tout cela ce passe dans nos rues, nos banlieues, nos villes... Mais où on vas, mes amis? Où est-ce que qu' on vas?
(Dans le mur, a mon avis)

euphonie0 le mercredi 27 janvier 2016, à 13:56
Coucou Philip
Une désolante réalite
Mais j'ai aimé le lire
Bisous
Om
Marie Paule

domidom le mercredi 27 janvier 2016, à 21:21
Dur ce texte, mais tellement d'actualité, (la balle dans le dos), et oui, ça devient courant dans le bizness)...
Bises, Domie..

Philip (JARDIN DE LUNE) le jeudi 28 janvier 2016, à 06:57
Pour ROSE :
Oh non, chère Sylvie, aujourd'hui hélas, seuls quelques uns refusent de voir cette réalité. Nisti parle de naufrage de la pensée. Mais comment penser encore quand on est à la dérive. Je cite souvent ce philosophe qui disait "l'homme qui ne pense pas est une brute". Bises. Philip.

Pour NISTI :
Cher Nisti, tu auras sans doute lu ce que j'ai écrit ci-dessus à Rose. Tu n'as pas à t'excuser, comme tu le fait. Ton constat, comme celui des autres amis qui ont commenté, est celui d'une réalité. La responsabilité est peut-être collective. Mais il faut être vigilant, ne pas se laisser aller à "la défaite de la pensée" (pour citer le titre d'un ouvrage fameux de Finkelkraut) au risque d'être entrainé vers des points de vue nauséeux. Que faire ? Concrètement, ni toi, ni moi ne pouvons rien faire. Amitiés, Philip.

Pour MARIE :
Oui, je comprends ce que tu as voulu dire, Marie en déclarant avoir "aimé lire mon post". Car il n'est pas sûr que l'auteur de ce texte ait écrit ça par bravade, mais peut-être avec une dose de désespérance face à un avenir, son avenir, sans issue.
Comme quoi, l'écriture, quelle qu'elle soit, est un révélateur. Il n'y avait pas que Balzac ou Zola pour décrire les maux de l'humanité. Bisous. Philip.

Pour DOMIE :
Oui, très dur, tout le monde en convient. Vois-tu, je ne savais pas trop où j'allais en postant ce texte. Je te dirais même que je l'ai illustré avec la façade de la Sorbonne et du Collège de France, pour souligner le contraste de cette écriture presque illettrée et surtout pas poétique. Mais, il ne pouvait qu'y avoir ce genre d'écriture, pas une autre, pour décrire tout ça.
Bisous, Domie.
(www.mespoemes.net/philip.chevalier)

guillaume le samedi 30 janvier 2016, à 03:23
bonsoir philip,oui triste réalité,mais y a tellement de vérités dans ce texte qui reflète bien la misère sociale dans les banlieues.le chômage,la solitude,l'absence de respect,l'incommunicabilité,l'indifférence,la souffrance,la détresse,l'incomprèhension,la répréssion,la prison,les traffics illicites,l'accentuation d'une grande économie paralléle et illégale.mais c'est une réalité dont il ne faut pas se cacher la face.tant que le travail honnête sera moins rémunéré que le travail malhonnête.le traffic illicite gagnera encore et malheureusement de l'ampleur.et puis certains de nos dirigeants ne montrent pas toujours le bon exemple en matière d'honnêteté.il ya certains qui se sont exclus eux mêmes et d'autres non.les dèrives peuvent commencer a partir des échecs scolaire,le chômage,l'absence d'autorité parentale,et ainsi de suite.enfin vaste sujet.et je pense aussi que la sociéte est responsable de ce mal être,et des dérives en tout genres.même dans le monde du travail,harcélement moral des patrons envers les ouvriers,licenciements abusifs,exclusions,et sanctions multiples.augmentations de répréssions.et plus la répréssion augmente,plus une économie illicite s'accrôit.enfin c'est ma pensée,je ne suis pas philosophe.il 'a aussi perte de repères,les ouvriers sérieux sanctionnés et licenciès cruellement a tour de bras par les patrons,et les ouvriers pas sérieux ne sont pas licenciès,bref,c'est un monde qui fonctionne a l'envers du bon sens.enfin,j'aurais tellent d'injustices a dénoncer.....bonne soirée philip,amities.

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