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Le 1er Janvier 2016.
…..Je rêvais, il me semble, de gouffres et de ravins, d'eau sombre et de remous, d' Espaces déchirés, d'orages et d'éclairs arrachés d'un Ciel lourd, de Personnages Hallucinés, courant, dansant sous les Forêts mythiques, dans le Délire des Flûtes et Des Cymbales, des Conques et des Tambours, Dieu des Ivresses et des Métamorphoses, Ô Dionysos, le deux fois né, vêtu de peaux de bêtes et menant le Cortège de Faunes et de Nymphes sacrifiant à Eros, en gloire et en action, Etreintes Amoureuses, sauvages, inapaisées, Chants et Cris et Râles du Désir, Elan Vital, Triomphe de la Chair, Flots incessants de Vin, Dépeçage de Chèvres !.....
Puis je rêvais de Départs et de Fuites, d'Avions supersoniques et de Fusées solaires, Stations spatiales, glissant, montant dans la Douceur du Ciel, vers des Planètes Neuves et l'Incommensurable de l'Espace, dans la Paix sidérale, Ô Humanité Nouvelle, délestée de la Peur et du Mal, Partance vers le Souverain Bien, émané D'Elle, mystérieusement, après l'Hystérie de l'Histoire, l'Agonie de la Terre et ce Serait alors, sans Dieu ni Maître, sans Mort, l'universel Amour que Rien n'entache.....
Puis je rêvais des Hommes et des Femmes, errant et titubant, Routes obscures, Chemins de Nuit, Marche à l'aveugle, avec la Lassitude comme seule Pensée et Comme seul Désir, l'Ultime, l'Inerte, la Torpeur minérale,Ô Fils et Filles de la Terre, Alourdis d'Angoisse et de Chair, chargés d'Inconnaissable et Voici que leurs Routes Se perdaient, multiples, Atermoiement, Spasmes et Convulsions et des Vies S'effondraient, comme Statues de Sable.....
Je me demande, quelquefois, vers quelle Vérité blessée, brisée, contradictoire, nous Conduisent ces Routes, ces Parcours erratiques, ces Pensées lourdes, claudicantes, Ces lambeaux de Conscience et de Rêves Mêlés, ces Sautes d'Eveil et de Sommeil, Ce Boitement sinistre, presque risible, d'Espoir en Découragement..... Dis, vers quel Sommet invisible de Neige ou de Tempête, vers quelle Impasse sordide, quels Couloirs sans issue, avons-nous été menés, à notre Insu, Fatalement, dans quel Enfer ? Nous n'aurons, cependant, qu'effleuré l'Ecume des Essences, la Surface Changeante des Emotions entées sur des Sols plus profonds, inscrutables.....Te Souviens-tu de ces Etés limpides et bleus, dans la Blondeur des Blés et dans L'Enfance, un Bleu presque tragique tant il vibrait intensément de Pureté et de Puissance sur l'Eau et les Rochers, et des Grillons et des Vipères, te souviens-tu du Bonheur et de la Peur qui nous saisissaient, tour à tour ?.....
Pourquoi cette Ecriture larvaire, terreuse et calcinée, balbutiante, vers laquelle l'Existence m'a conduit, ce Parchemin durci de Plaintes et de Rancoeurs Anciennes, parsemé, çà et là, enluminé, dirait-on, de Fleurs de Vie nouvelle, couleur malingre, Délavée, cet Alphabet, ces Phrases peu lisibles que le Temps ratura, Images Immatures de Figures archaïques, les Pères et les Mères et les Initiateurs et les Initiatrices, ces Projections du cœur malade des Entrailles mentales ? Ô ne Pouvoir Rejoindre avec la Quiétude du Désespoir, la Contrée sereine du Souverain Bien !.......
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