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J'ai fait un rêve bleu, non point un rêve étrange
C'était plutôt un songe, un songe pénétrant
J'étais adolescent avec une tête d'ange
Comme un dandy tranquille, heureux et l'ignorant
Un céleste rayon berce ma rêverie
En appel à cet art qui se nomme Carmen
Un orage d'amour embrase ma folie
Se dessine un chef-d'oeuvre et ma voix dit amen
Sur un divan carmin quelques femmes lascives
Tout d'ivoire sculpté éblouissent mon cœur
Roses de Saïgon, débordantes d'eaux vives
Viennent me conquérir, mon âme est en sueur
Tracé dans le soleil des filles dénudées
Juste des papillons de soie et de satin
Pour cacher leurs trésors, aliènent mes pensées
Ce n'est plus un palais, c'est déjà le jardin
A corps perdu j'avance étreint par cette extase
Des beaux yeux, des cheveux, m'apportent le désir
Révélant les splendeurs, les secrets de la grâce
Au temple d'Orient, il me semble mourir
Parmi le pollen pur de ces belles corolles
Sous des rideaux légers, l'ardente volupté
Le temps est mémorable au cœur des auréoles
C'est bien le firmament du plaisir insensé
Une femme bijou me découvre sa gorge
Sous l'étoffe discrète un galbe fabuleux
Ranime mon ardeur tant mon regard se gorge
De cette aube éternelle aux flots tumultueux
Je me grise d'amour pour son port de déesse
Pour ses seins palpitants et ses yeux enflammés
Et ce front couronné fleurit par la tendresse
Et sa nuque si fraîche aux cheveux parfumés
Cette belle inconnue appose sur mes lèvres
Un baiser langoureux, angélique encensoir
Un peu comme une larme où l'or fin des orfèvres
Ses yeux brillent en mon cœur et son âme vient choir
***
Au moment le plus chaud une voix envoûteuse
Chéri, réveille toi tu vas être en retard!
Et mon cœur applaudit cette source enchanteuse
C'est ma tendre Marie, ainsi suis-je veinard
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