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Comme un tiroir secret dans une antique armoire
J'aimais les mots dorés surgis de ta mémoire
Quand t'écrivais des vers sur le divan Chinois
Hélas, ce temps est mort au soleil de tes doigts
Ton front soudainement cherche la délivrance
Comme toi j'ai vécu la livide souffrance
J'ai tant rêvé de fleurs aux parfums inconnus
Aux magiques bouquets que tes mains ont tenus
Voila donc mon pays privé des hirondelles
De sa blonde splendeur, de ses roses nouvelles
En vain je cherche l'or de ton divin bougeoir
Le souffle lumineux, quand tu venais le soir
Sous l'antique tilleul, ombré de porcelaine
Juste avant que la nuit s'avance souveraine
A quel noir aquilon s'engourdit ton esprit?
Je voudrais que mon vent t'arrache à tout répit
Où est-il aujourd'hui ton sublime offertoire?
Il faut un don c'est vrai pour croire à la victoire
Les faux bergers tapis sous des semblants humains
Sont venus jeter l'eau sur le feu de tes mains
Savent-ils seulement où le bonheur s'achève?
Enfouis sous le poids de l'éternelle sève
Pour ne pas offenser doit-on fermer les yeux
Où manquer de courage et accepter l'odieux?
Ta plume d'Orient en ce jour est muette
Ce corbillard fleuri c'est celui du poète
Et tout ce qui faisait refleurir le printemps
Et ce silence d'or celui des pauvres gens.
Une flamme invisible habite ta poitrine
Comme de l'or très pur elle coule en ton sang
Couronne de martyr à la mordante épine
Qui fait de toi cet être au cœur éblouissant
Je ne veux pas de vase où se fane une rose
Je n'aime pas ce blanc où ton âme repose
Qu'il m'est lourd de te voir, bel arbrisseau sans fleurs
De voir que ton talent se teinte de pâleurs
Dont mon cœur dépouillé garde la nostalgie
De tes poèmes bleus j'attendais la magie
Le visage couché sur tes dernières fleurs
Je m'endors souriant pour mieux cacher mes pleurs
Ton cœur où ne sort plus ni sceau, ni auréole
N'est plus un nid douillet, une tendre corolle
Il était mon oiseau, mon rêve devenir
Ma belle vigne en fleur parfumant mon plaisir
Redeviens, papillon, fleur qu'un souffle balance
Sois ma forêt qui chante et ma noble substance
Qui pareil au repos des instants satisfaits
M'inonde d'ambroisie et me berce de paix
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