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Un brouillard épais s’abat sur la ville,
Mes os craquent dans le froid minéral
Et le long des rues d’un noir sépulcral,
Flottent des relents d’égouts et de bile.
Car le long des rues d’un noir sépulcral,
Grince dans le vent le cri des enseignes,
Le froid est mordant, les gouttières geignent,
Habillées de rouille et de vieux métal.
Le froid est mordant, les gouttières geignent,
Sous les becs de gaz dansent des lueurs,
Je ne parviens pas à taire mes peurs,
Près des caniveaux où grouillent les sphaignes.
Je ne parviens pas à taire mes peurs
Et malgré le froid mes mains sont humides,
L’angoisse m’étreint. Sur mes joues livides,
Sournoisement coule un flot de sueurs.
Car l’angoisse étreint mes journées livides,
J’erre sur ma vie tel un vagabond,
Las d’un rêve glauque et nauséabond
Qui couvre mon cœur de plaies et de rides.
Las d’un rêve glauque et nauséabond,
Je rase les murs de ma geôle étroite,
La gorge serrée, j’ai soif, je suis moite,
Suis-je inconsistant, suis-je un moribond ?
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