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J'ai fais des rêves bleus couvrant d'or mon sommeil
Parmi les blés dansants aux chevelures jaunes
En me retrouvant seul au sein du mont vermeil
Je buvais les soupirs des innocents béjaunes
Les prés fleuraient le thym, le foin et la douceur
Parfois une perdrix s'envolait sur la plaine
Et l'heure si charmante écrivait le bonheur
Sur la harpe du jour s'accordait sa rengaine
Dans ma main un carnet recueillait mes rubis
Je cueillais au sous-bois les traits d'une déesse
Dans mon cœur un bouquet, oh! ces premiers épis
Ce frôlement léger attisait ma tendresse
Comme un enfant s'émeut du premier chant d'oiseau
Mon esprit frémissait, caché dans sa retraite
Alors il me semblait écoutant le ruisseau
Que l'eau me murmurait qu'il faut être poète
Après avoir franchi sous le couvert ombreux
Quelques parterres doux, ceint par la brise chaude
Je m’arrêtais souvent parmi les champs houleux
Dans l'immense lit d'or d'une nappe émeraude
Je goûtais cette paix jusqu'au soleil couchant
L'horizon s'empourprait d'une source divine
Et le cœur pénétré par cet adieu touchant
Des mots chantaient en moi, le lac de Lamartine
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