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Je veux que ce discours évoque la splendeur
Pour atteindre ton âme et l'or de ta pensée
Comme l'ombre au sous-bois se marie à la fleur
Au nid de la verdure où la lyre est bercée
Je veux chanter ton corps, je veux dire à tes yeux
Qu'ils enchantent mes jours, d'une humaine fortune
D'un pastel si troublant, j'y vois poindre les cieux
Un peu plus chaque nuit j'y devine la lune
Oh! écoute mon cœur il ne bat que pour toi
Et mon amour déjà tel une aube rayonne
Se propage en secret comme un psaume de foi
Vase mystérieux que ta grâce couronne
J'adore ton regard plein de sérénité
Et ton charmant front pur d'où le printemps s'élance
Quand tendrement au soir, sous l'ombrage embaumé
Dieu bénit ton ruisseau, sublime d'élégance
Sur qui jamais ne passe un flot infortuné
Ô! conserve à jamais ce joyau que j'implore
Il nage sur tes eaux le soleil de l'été
Ce berceau n'est-il pas le ciel de mon aurore
Ta beauté l'embellit des plus riches émaux
J'insulterais ta gloire en taisant ton visage
Que je veux sublimer au-delà des tombeaux
Cette peau de corail dont mon cœur reste otage
Ô! quand je te respire il neige en mon esprit
Des rosiers rose et blanc à l'essence suprême
Il pousse des blés d'or que le bonheur brunit
J'entends à mon oreille une candide "je t'aime"
Tu es l'arbre fleurit entre mes bras ouverts
Ta voix fait tressaillir l'intime chanterelle
Cette corde en mon âme ensoleillant mes chairs
Qu'accompagne le chœur à la saison nouvelle
On dirait à te voir l'aurore en sa blancheur
Sous les doigts de Rodin la divine statue
Languissant les regards d'un charme ravageur
La sainte pureté dont vénus est vêtue
En t'aimant avec force, en t'aimant tendrement
Relisant ton album je serai ton élève
Et pour écrire un livre à ton soleil levant
Un peu comme Platon j'imposerai mon rêve
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