|
La lyre a réveillé la brise sur mes doigts
Son char ensoleillé emperle ma paupière
Le temps remonte l'heure à mon clocher Comtois
En cadence les vers déposent la lumière
A peine au fond des bois quelques frémissements
Un souvenir profond retrace en moi l'image
Du terroir solennel de mon joyeux printemps
Je songe à toi Marie, aux jours de mon jeune âge
Ô! bouquets d'autrefois, Ô! merveilleux soleil
Rendez-moi le flambeau de mon adolescence
Déversez dans mon cœur le muscadet vermeil
Mon château endormi, puisse ta résurgence
Sourdre sur mes regrets la chanson des blés d'or
Aube et douce clarté rendez-moi cet hommage
Orné de beaux reliefs,pour retrouver encor
Sous les grands sapins verts le divin paysage
Lorsque les sentiments caressent mon esprit
Clair matin, vol d'oiseau, jardin semés de roses
Il monte en moi le chœur que l'or du soir béni
Mon firmament sourit à la beauté des choses
Comme ils sont déjà loin les jours où j'écrivais
Sous le tendre feuillage un hymne à mon enfance
Où la douceur des lys nimbait d'or mes secrets
Comme on dérobe au jour son plus noble silence
Quand le soleil au soir pareil au beau torrent
Sème mille saphirs du rose à l'améthyste
En mêlant sa lumière au déclin de mon chant
Je vais par les chemins, le cœur et l'âme triste
Parmi les prés en fleurs, l'ondoyante moisson
J'écoute avec tourment le souffle de la flore
Les pleurs bleus du ruisseau, la plainte du pinson
Disputant la musique au spleen qui me dévore
|