|
Qu’importe, des palais, le marbre de Carrare,
Les châteaux, les honneurs, le luxe et les trésors,
Les coffres débordant de perles et d’ivoire.
Je veux seulement voir le spectacle des ors,
M’enivrer d’un soleil qui lutte pour survivre
En écoutant le vent souffler dans des hautbois
Et dans des instruments dont les éclats de cuivre
Scintillent de leurs feux sur la lande et les bois.
Mais toi, ton pas léger foule un trophée d’automne
Comme une main qui froisse, en tremblant, un linceul.
Vois-tu la source qui, d’ordinaire, chantonne
Tout l’été, maintenant tarir sous le tilleul,
Et tout autour de toi, la valse aléatoire
Des frondaisons ? L’érable est déjà rouge sang.
Et crois-tu qu’au marché l’on évoque la gloire
D’Alexandre le Grand ou bien de Tamerlan ?
Il pleuvra fort demain car l’astre est incolore,
Faible comme un fanal qui palpite, attardé ;
Laisse-moi te sourire et caresser encore
Ton visage tout d’ombre et de soleil fardé .
|