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Ô Rêves insolites d'Arcadie !
…..Au sortir d'une fastueuse Forêt, un Fleuve nous accueille dans le bassin ovale de Sa Source, Fontaine immobile de Nacre où nous laissons couler nos Corps tandis que Le Jour se déplie au plus limpide du Matin. Parfums des Herbes de la Rive, Ivresse Des Narcisses, Ombres dorées sous les Jonquilles. Les Saules font silence.A peine Entendons-nous s'éloigner le Fracas des Cymbales, le Beuglement des Conques et le Souffle des Flûtes stridentes, les Cris mêlés des Transes, Nymphes, Faunes et Corybantes sur le Martèlement des Tambourins et le Cortège Dionysiaque retourne à Sa Forêt de Mythes et d'Extases....
Une Eau voluptueuse et calme enveloppe et caresse nos Corps d'un Songe Immémorial de Bonheur, Corps amplifiés, tactiles, offerts et rassemblés, une Eau Sensuelle et Soyeuse, Délectable, Douceur puissante et idéale, nous habille de Transparence bleue, Délice d'une Tunique nue, une immobile Peau d'ivoire souple, à L'Image des Dieux, éloigne et lave toute Souillure et toute Corruption, une Eau des Origines et des premiers Matins. Profondeur immobile et sereine du Temps sous la Gangrène des Surfaces, Ô l'Intact, l'Inaltérable !
Une Lumière apollinienne, une jeune Lumière atemporelle nous revêt de sa Chair Transparente et suave et baigne la campagne. L'Amour s'y chante, s'y éternise, y fredonne entre nos lèvres, d'antiques Mélodies qui parlent de Jeunesse et du Plaisir d'Aimer. L'Eau étale et lisse, nous renvoie en miroir, l'Image apaisée de Nous-Mêmes, nos Regards, nos Visages aux contours ordonnés, dans la sage Distance où Doivent se placer les Choses de l'Esprit. Nul Excès, nulle Fascination, nulle Périlleuse Fusion mais le Dessin presque parfait d'une Beauté presque Parfaite.....Instant divin !.....Nous ne pourrons rester.
De soudaines Bourrasques. Le Fracas a repris. Appels et Vociférations. Revenu Le Cortège bachique. L'Extase échevelée et la Lumière se froisse. L'Eau frissonne et se Ride. La Fontaine s'écoule tumultueusement. Nous sommes emportés. Dévoyés. Jetés Sur la Rocaille de Rives inégales. Une eau torrentueuse, brisée, nous renvoie des Images baroques, disloquées, dans le Vacillement et le Tourment des Formes, dans Les Haillons d'un Soir d'Acier où nous fuyons. Toute Fontaine vénéneuse où nous Buvons le Poison délicieux et mortel du Change, l'Eau corrompue et créatrice, le Regret et l'Envie, l'Impatience et le Doute.....
Maintenant, nous traçons sur la boue et le sable, des Signes d'Amertume et de Reconnaissance et d'étranges Passions nous chavirent, des Poèmes obscurs aux Ecritures alternées, altérées, entre le Souvenir ébloui du Matin et l'Espoir d'une Nuit Pacifiée. Nous copierons, ce soir, ces Palimpsestes, obsessionnellement, ces Chants De Terre et d'Eau, boiteux, mélancoliques, à double et triple Sens, Exposés que nous Sommes, Vivants et Mourants, à la Source perdue, inexistante, auréolée d'Imaginaire,Vêtus que nous serons des seuls Lambeaux du Corps, de la Parole et des Questions, du Viatique de Mémoire. Ô Rêves insolites d'Arcadie !.....
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