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Lentement, je me suis absenté de moi-même.
Mon âme s’est enfuie, mon esprit s’est éteint ;
Mon être, qu’abolit une glace sans tain,
Agite dans les nues sa forme étrange et blême.
J’ai goûté, dans mes plats, la fadeur du carême,
Sans sel, sans aromate et sans bouquet de thym ;
Mes nuits ont oublié la peau de la catin,
Ce vieux cuir constellé de plaques d’emphysème.
Puis-je vivre, puis-je espérer, puis-je renaître
D’un néant d’où s’échappe une fétide odeur,
Et venir me nourrir, me gaver, me repaître,
Toujours, de mes nausées et de mes haut-le-cœur ?
Pourtant, lorsque tes pas véhiculent tes ombres,
Je caresse l’Eden caché dans les décombres.
Septembre 2015
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