JARDIN DE LUNE

 

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IMPROMPTU SOUS LA LUNE

le mercredi 09 septembre 2015, à 10:41. Posté par Philip de Berg


    Dans mon troublant réveil au sortir
    D’une nuit gardée par des fantômes insolents,
    Que d’indolents murmures effaçaient peu à peu
    De mes vieilles mémoires,
    Je fus saisi par une mélodie captive.

    C’était….. comme de chavirants sursauts,
    Près des Temples baillonnés,
    Des accords joués « patetico »
    Qui, seuls, savent soulever les linceuls
    Des génies solitaires.

    Comme dans un rêve, défilaient lentement,
    Le courroux frémissant de l’ombre des saules farouches,
    Et l’horizon lactescent qui recouvre la Nuit
    Pour une aube nouvelle, à peine esquissée..
    Il y avait des lacs et des rivières,
    Et des arbres aux flamboyances rares.

    Et j’étais soudain ivre, noyé dans le flot rutilant
    D’improbables ambroisies.
    Attendant le départ.
    Vers un nouvel horizon,
    Où une Lémure perdue, peut-être ?

    Quand reviendra l’hiver, saurais-je retenir
    Dans ma main, la clé de mon Destin ?
    Où me poser enfin, écoutant mon souffle lent ?

    Alors, un instant, assis à mon piano,
    Je faisais une fois de plus, de mes notes,
    Des arabesques merveilleuses
    Que seules les âmes chéries peuvent entendre.

    Et je m’en irai demain, à l’heure où la nuit se meurt.
    Ame, tu n’auras plus jamais de repos.
    Endors-toi calmement, une fois de plus,
    Dans la consomption tranquille de tes derniers sursauts.
    …………………………………………………………….
    Carry me to the shoreline *
    Conduis-moi jusqu'au rivage
    Bury me in the sand
    Enterre-moi dans le sable
    Walk me across the water
    Promène-moi à travers les flots
    And maybe you'll understand
    Et peut-être que tu comprendras

    Illustration musicale :
    https://www.youtube.com/watch?v=uz3TqZtAkeQ
    Scriabin Etude Op.8 No.12 (interprété par le Grand Vladimir Horowitz,
    un des plus grands pianistes de notre temps)

    (les 4 dernier vers sont extraits de la chanson Hollow Years du groupe Dreamtheater)

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commentaires ( 11 ) (Ajouter un commentaire)
Pierre le mercredi 09 septembre 2015, à 11:01
First off, un Grand Merci pour avoir
autant apprécié Rain et mes citations !
Je viens de lire ton Poème et j'ai été
littéralement (!) transporté par tes vers ! C'est absolument merveilleux !
Hyper Beau ! Et j'ai entendu tes ara
besques musicales au Steinway !!!!!
Mille Mercis Philip ! Amitiés, Pierre

domi le mercredi 09 septembre 2015, à 11:10
j'aime beaucoup moi aussi !! il s'agit d'une impro poétique et la liberté infinie du jeu d'Horowitz convient à merveille...
j'aime beaucoup quand tu passes de la musique à un ressenti plus personnel, c'est tout à fait ça l'impro ; un instant saisi est toujours une réussite, car il est toujours vrai...
et l'autre là, le génie (rire) il arrive chaque fois à recréer les morceaux et à en faire du Horowitz ((je l'aime !!!!).....
bisous merci !

Philip (JARDIN DE LUNE) le mercredi 09 septembre 2015, à 11:43
Pour PIERRE :
Pas de quoi, pour mes coms, c'est sincère.
Merci d'avoir aimé cet Impromptu, je voulais poster avant mon départ, demain matin.
Je ne sais si j'ai réussi à faire percevoir ces arabesques musicales.
Je dois te dire que pour m'aider à écrire ça, j'ai fait des aller-retours à mon piano, en jouant soft l'étude de Scriabine qui a illustré le poème. Mais ça n'avait rien à voir avec Horowitz, c'est évident pour qui connait cet immenssissime maître du piano. A cela j'avoue que malgré la joie du long voyage qui m'attends, j'ai beaucoup de spleen à abandonner un temps mon très cher mespoemes.net et ses ami(e)s qui me sont devenus chers. Alors quelques notes jouées de l'Etude n°12 et le spleen ça a donné ce poème. Un impromptu (en libre, car depuis quelques jours, ça me fait gagner du temps. Un dernier détail : non mon ami, je ne joue pas sur un Steinway, hélas (le Steinway Grand Concert coûte la bagatelle de 198.000 euros !!! Oui, oui.) Je connais quelqu'un qui a un Steinway (pas le Grand Concert, snif !), hé hé !
Amitiés, Pierre. A dans un mois. Philip.

Pour DOMI :
Bé, oui, Horowitz m'a sacrément inspiré-aidé pour écrire mon impro poétique ! En principe j'écris presque toujours mes poèmes avec de la musique, à 90% du piano, et il n'est pas rare qu'entre deux vers, je me transporte à mon piano (je disais un jour que, la laque noire de mon piano qui me reflète (quand je joue sans la partition) me fait dire que l'instrument est le miroir de mon âme.
Je suis très flatté de la qualification que tu donnes à mon sens de l'improvisation. Tu parlais bien sûr de celle de l'écriture pas celle que j'ai faite au piano que tu n'as pas pu entendre. Modestement, de celle-là, à mon niveau j'en étais bien fier. Et, en transposant la fin en Do mineur - j'ai retrouvé comment j'ai fait, hi, hi ! - ça permet forcément de s'éloigner plus facilement du sujet en jouant néanmoins des trucs romantiques.
Quant à l'Autre, le Génie (c'est lui que j'évoque dans le poème, pas moi ! rires) c'est un mooooooonstre de Génie ! (Eh, entre nous, Lang-Lang il peut aller se rhabiller !).
Bon, Domi, merci d'avoir aimé cet Impromptu. On reparlera en privé du Génie, de Scriabine..... pour ne pas importuner nos ami(e)s du site. Bisous. Philip.

euphonie0 le mercredi 09 septembre 2015, à 13:33
Philip, que c'est beau!
Tu t'en vas demain, vers d'autres horizons le cœur léger.
Nous serons là dans un mois pour découvrir ta nouvelle destinée.
Je te l'ai déjà dit et le redira, que j'aime quand tu ne freine rien de tes émotions.
Bise Philip
Om
Marie

marine le mercredi 09 septembre 2015, à 14:40
je te dis comme marie
quant à sortir tes tripes tu as encore du boulot
tu travailles trop
et la musique ne devrait t'influencer que si tu ne t'en rends pas compte
mais je suis une iconoclaste ou iconocline et pour moi le temps des écoles est passé, je peux enfin laisser aller mes émotions, c'est tout ce que je peux faire
mais ton poème est très beau
as-tu vu le film un baiser s'il vous plaît ? tout à coup cela me fait penser à ça, beaucoup de discussions, trop de retenue et tu n'es pas toi-même
mais moi je ne te connais pas
ton for intérieur est fort knox

Philip (JARDIN DE LUNE) le mercredi 09 septembre 2015, à 17:18
Pour MARIE :
Ben oui, Marie, je l'ai dit il y a peu, les efforts de prosodie, j'ai l'impression que ça freine un peu la spontanéité. D'autant que je ne suis pas un maître en poésie pour faire à la fois des poèmes dans la rigueur et y dégager de la spontanéité. Mais, bon, heureusement je fais des poèmes en (néo) classique où il y a quand même de l'émotion. Et je ne veux pas, bien sûr, maintenant me cantonner à du libre sans équilibre, ni rime. Mais tout cela est subjectif, puisque Marine pense que je ne suis pas totalement dans l'authentique et l'émotion. Ah, ça démontre bien que la poésie est un terrain multiforme. Bon, mon voyage n'est pas forcément garant de merveilleux souvenirs poétique. A bientôt Marie. Je t'embrasse. Prends soins de toi. Philip

Pour MARINE :
Ben, mon grand intérêt pour la poésie et l'écrire, chez moi, n'a pas pour but de sortir mes tripes. Des fois oui, des fois non. Je ne dirai pas que je travail trop, j'ai, depuis toujours mille pensées en tête, qui s'agrègent, se synthétisent ou carrément s'ignorent où s'entrechoque. C'est d'ailleurs, à la finale, une sorte de fatigue.
La musique ? Ben, je crois qu'elle est en moi (rien de prétentieux en disant ça). Alors des fois, je ne m'en rend pas compte, mais elle inter-agit, des fois, elle est volontairement là, comme support à ma poésie.
Si je ne suis pas moi-même ? Mais si. Mais tu sais bien que sur le terrain de la poésie, surtout chez les amateurs comme nous, nous écrivons souvent de manière codée, les understatements ne sont d'ailleurs pas toujours visible pour les autres ou simplement certains. Comme tout le monde, je n'échappe pas à cette retenue et à cette pudeur. Cela est nécessaire, car je n'ai pas envie de m'exposer....totalement. Il n'y a pas d'obligation de me connaître. Si je ferme parfois la porte de mon for intérieur, c'est normal. Mais en principe je ne suis très fûté et beaucoup de choses transparaissent de moi. Pas toujours la peine de creuser.
En tout cas ton point de vue est très intéressant. Ma petite personne importe peu, mais les ressentis, et ceux qu'on les uns sur les autres sont passionnant dans leur diversité.
Bises et amitiés, Marine. Philip.

marine le jeudi 10 septembre 2015, à 14:25
oui philip
je te dis cela parce que tu m'as dit que tu écrivais avec tes tripes, or tu viens de me démontrer le contraire
mais tu as raison
chacun fait selon son être
moi je suis horriblement indiscrète et n'ai plus de pudeur
je n'ai personne à qui parler voilà
bon voyage
bise

domidom le jeudi 10 septembre 2015, à 16:07
Une fois de plus tout a été dit.....
C'est un peu l'avantage d'arriver en queue de peloton.....
Alors, je ne ferais que répéter ce que tous tes lecteurs et lectrices on écrit, c'est un poème merveilleux, et bien sûr , c'est avec un grand bonheur que je l'ai lu et relu......
Tu es un acrobate de la poésie, tu sais jongler avec les mots, et tu sais aussi nous entraîner dans tes rêves...
Bon voyage et au 17...
Bisous, Domie...

Philip (JARDIN DE LUNE) le mardi 15 septembre 2015, à 10:46
De l'autre bout de l'océan, je vous réponds rapidement :
Pour MARINE :
No problem ! En fait l'expression "écrire avec ses tripes" est bien souvent inapropriée. Elle vise plutôt ceux qui sont dans l'urgence de crier, "gueuler" un message fort, parfois leur message.
Moi, la qualification à donner serait plus "impromptu de feeling". C'est plus soft. Mais, bon, "avec les tripes" est plus facile à dire. Bises. Philip.

Pour DOMIE(no) :
Coucou, Domie. Oh tu sais, être acrobate des mots, ca ne marche pas toujours, des fois ça rate. Tu connais ma recette, je fais des associations de "jolis" mots, parfois inhabituels. Mais l'essentiel est le fond du poème. Et parfois le fond sonne creux pour certains. Ils ne me commentent pas alors, pensant très sincèrement que le fond n'en vaut pas la peine. C'est chacun son ressenti et il faut respecter cela. Ben, là, tu as aimé, Domie. Et je t'en remercie. Gros bisous et au 17. Philip.

Loïc le mercredi 14 octobre 2015, à 09:29
Tiens, bonjour "lactescents" ! Tu l'avais placé et je ne l'avais même pas vu !

Sympa, le spleen nocturno-musical. Ça me parle bien tu le sais, j'ai écrit plusieurs poèmes de ce style. L'ambiance de la nuit est propice à la rêverie...

Bon, tu as craqué à la fin avec ton tic verbal "J'irai", mais sinon rien à dire ! La forme libre chaotique, vers longs vers courts, est parfaitement adaptée au thème.

Quant à "Hollow Years" de DT, ça me rappellera toujours la fac. La chanson a une place dans mon coeur ! Mais je n'ai pas trop pigé pourquoi tu l'utilises en illustration poétique : si on voit toutes les paroles, elle parle de gens qui pètent un câble et quittent toutes leurs responsabilités. Et en fait même une certaine apologie.

?

So long!

PHILIP (JARDIN DE LUNE) le mercredi 14 octobre 2015, à 12:09
Pour LOIC :
Hello. Sympa d'avoir pris un peu de temps pour me faire un com sur un déjà ancien poème. En fait, tu sais maintenant qu'avant mon départ, pour "laisser mon empreinte" (avant que je ne tombe dans l'oubli, bien sûr, au bout de 4 semaines !!!!), je ne me suis pas emm.... j'ai écrit des trucs en libre de chez libre, même sans rime. Coup de bol, en effet, ça passe bien. Et quel temps gagné à ne pas versifier.
Et c'est tout à fait dans le style "Jardin de Lune". Ah, enfin, tu as repéré l'usage de "lactescent", hé, hé, que je t'avais évoqué à un 2, 3 heures du mat' sur la terrasse !
Hollow Years, tu parles que je connais sur le bout des doigts car c'est un des morceaux préférés de DT (musique autant que paroles).
L'usage des paroles du refrain est sans rapport avec mon poème et le thème de la vraie chanson. J'avais noté sur un bout de papier, depuis longtemps, d'utiliser le refrain, me disant que la balade sur le shoreline serait très romantique (mais j'aime moins le "walk across the water" façon Jésus marchant sur les eaux !). Et alors, je me suis dit que le refrain de Hollow Years ne serait pas trop déplacé pour clore mon poème (puisque la plupart des gens ne connaissent pas la vraie chanson et sa thématique). Voili, voilou. Merci d'être passé. Amitiés, Loïc. Philip.

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