L’Île- aux-mots

 

Mes poèmes - Moi

 

Le pinson

le samedi 22 août 2015, à 02:18. Posté par Lucille


    Posé sur un rameau, le pinson* est muet.
    Je n’entends point son chant. Pas le moindre filet
    Ne s’échappe de lui. Je me penche et j’écoute.
    Même en fermant les yeux, cet aspect me déroute;

    Lentement, je m’approche et je vois entrouvert
    Son bec large et pointu près du feuillage vert.
    Aucun son cependant ne perce le silence.
    Seul sur l’argent du soir, l’oiselet se balance.

    J’espère, suspendue au fil de l’horizon,
    Retenant mon soupir et son exhalaison.
    S’il s’enfuit, s’il s’envole avant qu’il ne m’enchante
    Mon cœur va se serrer… Mon âme est impatiente!

    Mais, tout à coup, flottant sur l’espace endormi,
    Un sifflement léger, ravissant, a frémi…
    Son fado couvrant l’air d’un délicieux murmure
    Embellissait mon cœur, mon âme et la ramure.

    *Le pinson est un passereau rare au Québec. Mais c’est ainsi que nous surnommons les bruants. Le bruant à gorge blanche a un sifflement qui ressemble à ceci : «où es-tu, Frédéric». Mais les enfants d’ici (sans doute ceux de chez vous aussi) chantent plutôt «cache ton cul, Frédéric…»

<< Retour aux poèmes

 

commentaires ( 6 ) (Ajouter un commentaire)
domi le samedi 22 août 2015, à 08:16
j'adooore Lucille, vraiment un ton original, vivant...!
question rythme de lecture j'ai été un peu frustrée par le vers 4 car il est le seul qui n'ait pas ses 12 pieds , une coquille sans doute, encore bravo !
bisous

Pierre le samedi 22 août 2015, à 11:07
Après lecture de ton poème, j' étais
ser(e)in comme un pinson ! Amitiés,

imparfait le samedi 22 août 2015, à 13:10
Bonjour Lucille,
Merci pour ce doux moment de lecture qui nous projette dans cette nature où il faut tendre l'oreille pour entendre les sons les plus discrets de nos petits passereaux.
Ici, en plus des pinsons, nous avons la chance d'être réveillés pas "tri-tri-tri" des mésanges et le chant joyeux des jolis chardonnerets.
Il y a quelques temps j'ai écrit un poème pour mon oncle qui est un passionné de nature et de petits oiseaux, et voilà ce que je lui écrivais concernant le pinson :

...Un joyeux sifflement se perd dans le feuillage,
Un écho l'accompagne à travers les buissons ;
Ce sont de gais lurons, qu'on appelle pinsons
Dans leur robe orangée, ils rentrent de voyage...

On va dire que mon pinson rentrait du Canada après avoir "Embellissait ton cœur, ton âme et la ramure."

Merci pour ton dernier commentaire qui m'a fait très plaisir.
Bises chère Lucille, je pars en vacances lundi alors j'espère te lire en rentrant.

Lucille le samedi 22 août 2015, à 14:59
Coucou Domi... merci de m'avoir souligné la coquille... le «me» est de retour! Vivant mon poème? Comme quoi la nature, même en suspension est vivante... Merci!
Pierre, j'ai remarqué que tu es un redoutable joueur de mots, tu les manipules en expert!

Lucille le samedi 22 août 2015, à 15:09
Bonjour Imparfait... Nous avons aussi des mésanges et des chardonnerets qui savent si bien nous enchanter. Oui, sans doute mon petit pinson a-t-il traversé l'océan et j'espère que c'était pour embellir ton cœur, ton âme et la ramure de tes champs. Ton petit quatrain est très joli et mon pinson à été tout heureux de le lire! Bonne vacances et moi aussi j'espère te lire à ton retour!

Guy le samedi 22 août 2015, à 18:15
Que c'est joli tout plein. Merci pour cette superbe description de fraîcheur dans la nature.
Ton bruant ne s'appelait pas Aristide je suppose. Rires ! Mais cela m'a donné une idée.
Amitiés

Ajouter un commentaire à ce poème en tant que :

Vous devez être connecté sur Mespoemes.net pour poster un commentaire.

 

 

Mes poèmes - Moi

 

Hébergé gracieusement par MesPoemes.net - Créer un site internet