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Juin qui va finir ressuscite l'été
Couronnant le terroir d'une moisson vermeille
Que le grillon bénit d'ombreuse volupté
Dans un poudroiement d'or, angélus de l'abeille
Se peut-il qu'à jamais ce paisible hameau
Devienne pour mon cœur l'écrin de la souffrance
Tandis qu'un long sanglot en mes yeux est ruisseau
Je crains qu'ayant aimer sa noble rutilance
Je ne retrouve plus l'accueil affectueux
Des jolis sapins verts de ma Comté natale
Qui gémissaient tout bas un air majestueux
Quand le soleil offrait sa douceur estivale
Tandis que l'hirondelle ensoleille les cieux
Il pleut dans mon esprit depuis une semaine
Où donc est-il le temps innocent et radieux
D'où la sève coulait lumineuse et sereine
D'autres pêcheurs sont là, sous les arbres fleuris
Mais celui que j'attends a rejoint la colline
Il sommeille là-bas où le ciel est rubis
Sous des bouquets de fleurs rappelant l'aubépine
En songeant à mon père et pourquoi vous le nier
Je découvre un décor renaissant d'un autre âge
Voyant venir au loin un jeune marinier
Le long du Nivernais chaque muscle à l'ouvrage
Devant l'aspect changeant son œil boit le miroir
Il dirige un cheval en suivant le halage
Demain il sera loin peut être dans le Loir
Sans souci du labeur son rêve est un rivage
Midi flamboie au ciel déchirant le zéphyr
Sous lequel s'abolit les grands travaux champêtres
Pourtant sur le canal juste avant de mourir
Le temps fait retentir la voix de mes ancêtres
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