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LE BATEAU - LIVRE (Re-post)

le lundi 01 juin 2015, à 07:34. Posté par Philip de Berg


    (Autodérision d’un mirliton qui se prenait pour un Voyant)

    (Pardon Rimbaud, j’ai singé.
    Le singe c’est moi, mais je me suis bien amusé)

    Comme je prenais pied sur ces pages blanches,
    Je ne me sentis plus aimé de tous mes Idolâtres,
    Des singes disgracieux avaient pris leur revanche
    Les ayant mis au clou d’un infâme théâtre.

    J’étais tout effaré des sublimes complots,
    Qui m’empêchaient soudain d'aller noircir ces pages ;
    Quand mes yeux assassins s’emplirent de sanglots,
    J’entendis rugir, las, tous ces soupirs sauvages.

    Quand le vent cru gonfla mes voiles de papier,
    Mes chavirants orgueils touchèrent enfin les rives
    Qu’on nomme havres d’Empires de tous les flibustiers
    Cent fois, j’ai cru étreindre leurs nues si craintives.

    Sur ces lunules aristocrates je traçais au parchemin
    Des pamphlets si voraces ou des sanglots fugaces.
    Et leurs tremblants détours m’ont conduit en chemin
    Vers des vertes folies, Dieu craigne mon audace !

    Désespérants rivages aux contours assassins,
    Laissez-moi m’échouer sur vos grèves immortelles,
    Qu’une mer fantasque aux vagues étoilées,
    De ses moussus regrets, m’emporte et me flagelle.

    De gargantuesques voiles me conduisirent enfin,
    Sur les rives embrumées d’étonnante Atlantide,
    Tout ébahi, bavant d’écume, saoul comme un aigrefin
    De languides devoirs pour vêture sordide.

    Ô, Orphéon féal, tes fatales meugleries,
    Comme les houles d’hiver dans ces eaux consumées,
    Dans ces océans noirs, ont allumé l’Envie
    Et rimaillé mes pleurs qu’en vagues j’ai rêvées.

    Je suis allé dompter les empires vacheresques
    Semés d’algues fatales aux grimaçants sourires,
    De vers enrubannés, de quatrains si grotesques
    Avant de me noyer en fulmineux délires.

    Californies fébriles vous m’avez recueilli,
    J’étais trop égaré pour en goûter le sel,
    Ou bien trop esbaudi pour dire que j’ai failli,
    D’errance en volupté, je n’ai plus de cervelle

    Ces fleurs épistolaires, je les ai tant rêvées,
    Elles ne sauraient vous plaire qu’en ivresses comblées,
    Evanescences rudes, j’en conviens mais pour l’heure
    Mes cotillons absurdes, sont reçus en vainqueur.

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commentaires ( 9 ) (Ajouter un commentaire)
euphonie0 le lundi 01 juin 2015, à 08:31
Coucou Philip
J'ai relu avec joie ton poème.
Cela nous fait rajeunir un peu.
Mais j'attends un nouveau bébé de toi qui se fait rare.
Philip il faut savoir prendre le temps de ne rien faire.
Ah Philip as tu des nouvelles de Didou, cela fait un bail qu'il n'a pas posté sur mespoèmes.
Toujours une source de foie de découvrir ton nom sur la liste des poètes mettant un poème.
Bonne journée Philip car après la pluuie d'hier vient le soleil réchauffant nos vieux os.
Om
Bise
Marie

Guy le lundi 01 juin 2015, à 09:47
Un superbe poème, qui est aussi une forme d'hommage à Arthur !
Amitiés

marine le lundi 01 juin 2015, à 10:25
bravo il faut le faire
ce que je n'aime pas ce sont ceux qui transforment les poèmes des grands poètes
bisou

Philip (JARDIN DE LUNE) le lundi 01 juin 2015, à 10:38
Pour MARIE :
Coucou, Marie. Merci d'être passée et d'avoir relu mon poème. C'était un peu un geste orgueilleux de le reposter, ce fut à la suite de la remarque de Rosaly qui, ayant lu mon tout premier "Jardin de Lune" m'avait écrit en com' que c'était sympa que l'on fasse connaître d'anciens poèmes aux "petits nouveaux" qui n'ont pas le temps de lire tous les poèmes des anciens. Alors, en effet, mon petit exercice de style qui ne se prend pas au sérieux mais que j'avais aimé écrire, j'avais envie -immodestement - de le faire connaître aux nouveaux.
Des "nouveaux bébés" poétiques....eh bien je viens d'en poster un tout à l'heure (Feeling). Oui, il faut savoir prendre le temps de ne rien faire (ou tout du moins faire ce que l'on a envie !).
Plus dramatique pour moi est de ne pas avoir assez de temps pour commenter les ami(e)s du site, car c'est une chose à laquelle je tiens.
Didou, non je n'ai pas de nouvelle. Iil faut que je prenne le temps (!!!! Sourire) de lui téléphoner. Je sais qu'il a un nouveau travail dans lequel il se donne à fond, dans sa spécialité, et m'avait dit ne pas avoir trop de temps et être "crevé" quand vient le weel-end.
Quant à moi, je t'adresse des bises et de l'amitié. Bonne journée chère Marie. Philip.

Philip (JARDIN DE LUNE) le lundi 01 juin 2015, à 10:54
Pour GUY :
Merci d'être passé, mon cher Guy et d'avoir aimé. Oui, hommage à Arthur, cela va de soi, mais, comme je l'ai mis en exergue de mon poème, j'ai la modestie de dire que je ne me compare pas au Maître. C'est "pour de rire". Tu sais, c'est pourtant un poème dont je suis très fier......mais j'ai la lucidité de faire plusieurs constats :
- il n'y a qu'un Rimbaud !
- le bougre a écrit son Bateau ivre quand il n'avait que 17 ans/
- Son bateau ivre lui est en alexandrin classique (moi c'est juste du libre avec des rimes).
- Tu sais, j'aime bien parfois "choper" le style où l'ambiance de certains écrivains, on me l'a souvent reproché.
Si tu mets côte à côte mon écrit et le Bateau ivre, du verras que mes trois premiers quatrain s'inspirent de ceux d'Arthur.
Plus loin, par exemple, au vers d'Arthur "J'ai heurté, savez-vous, d'incroyables Florides" j'ai, dans un quatrain évoqué "Californies fébriles vous m’avez recueilli", etc....
Au "pareille aux vacheries
Hystériques, la houle à l'assaut des récifs" d'Arthur, j'ai collé dans mes vers un néologique "vacheresque" dans mon vers "je suis allé dompter les empires vacheresques" (Arthur aimait bien ce genre de néologisme).
Donc, une seule chose est sûr : c'est un hommage que je lui ai rendu.
Pour le reste.....le grand Arthur est passé avant moi, avec un vrai talent inédit.
Amitiés et bonne semaine, Guy. Philip.

Pour MARINE :
Oui, comme le l'ai précisé, le vil copycat que je sais être à "singé" sans irrespect, le poème universel d'Arthur.
Tu auras lu, plus haut, l'explication que j'ai donné à Guy.
Ce genre d'exercice de style, j'aime bien. C'est un peu comme si c'était un défi du genre "prenez un poème et amusez-vous à faire quelque chose dans le style". Ainsi, tu auras bien compris que cet exercice n'était pas une transformation vaniteuse ou stupide d'un poème des grands poètes. Just for fun ! Bises et amitiés, Marine. Philip.

domi le lundi 01 juin 2015, à 16:42
coucou Phil, tu parles de défi, en effet ! c'est remarquable et c'est sans doute la preuve d'une grande admiration, et d'une vraie "imprégnation" d'un auteur, et c'est tout à son honneur ! si en plus c'est un jeu pour toi, je te dis un grand bravo, car j'admire beaucoup... gros bisous !

Philip (JARDIN DE LUNE) le lundi 01 juin 2015, à 17:47
Pour DOMI :
J'ai en effet une grande admiration pour Arthur Rimbaud, tout comme j'admire Baudelaire. Imprégnation ? Difficile de l'affirmer. C'est pourquoi je préfère parler d'exercice de style. Car un exercice de style me parait plus facile. Cela relève plus d'une technique, à mon sens. Et cela s'apprend. Rien que par l'habitude peut-être. Mais il est vrai qu'il faut, en matière littéraire, avant tout aimer l'auteur et le comprendre pour entamer l'exercice de style. Le reste, après, n'est que "singerie". Aussi, me garde-je maintenant, cela m'a valu des tours, voir des inimitiés de constater que lorsque je déclarais écrire "à la manière" d'un auteur, je ne donnais en reflet que l'image d'un immodeste prétentieux (pléonasme !!!). Et j'en ai immensément souffert.
J'avais envie de re-poster ce poème. Je ne le ferai pas pour quelques poèmes écrits en hommage à Baudelaire et Verlaine et un à Emile Verhaeren. Quand je dis que c'est un jeu pour moi, je n'évacue pas la relative difficulté de l'écriture, cela va de soi. Alors maintenant, j'écris du Philip, c'est bien assez comme ça. On prend ou on jette. Merci de tes gentils mots d'encouragement Domi.
Musicalement, je suis dans Gabriel Fauré depuis ce matin (piano, mettant volontairement de côté son magnifique requiem et ses autres pièces orchestrales. Mais pas assez reposé pour attaquer à mon instrument, ses pièces plus faciles, dont je n'ai d'ailleurs pas les partitions. En tout cas, la musique de Fauré va bien m'inspirer pour écrire de la poésie ou de la prose romantique.
Gros bisous, chère Domi. Philip.

domidom le mardi 02 juin 2015, à 14:35
Un exercice de style bien réussi, que j'ai trouvé à la fois plaisant et admirable...
Je viens de vivre un calvaire, huit jours sans téléphone, et sans internet, aujourd'hui, tout semble rentré dans l'ordre, par contre, chez moi, il fait tellement froid, que je me suis chopée un bon rhume....
J'espère que juillet nous réunira...
Bises à vous deux...
Domie....

Philip (JARDIN DE LUNE) le mardi 02 juin 2015, à 18:40
Pour DOMIE(no) : oui j'ai toujours aimé mon petit exercice de style sans prétention. Grrrr ! Admirable, faut pas exagérer. Mais ça me fait plaisir que tu aies aimé. Oui, j'espère qu'en juillet où août nous aurons le plaisir de passer de nouveau un bon moment entre ami(e)s. En attendant, je te fais de gros bisous, et maintenant que tu as de nouveau ton téléphone, il faut que je mette de côté ma paresse pour prendre le mien et t'appeler (t'inquiète, je suis aussi paresseux avec Ivy !!!!!). Je te fais de gros bisous, Domie. Philip.

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