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Gravissant les versants âpres, remplis d’ajoncs,
Les chairs s’ouvrent, meurtries dans l’enfer des épines,
Aux rameaux éclatants de jaunes floraisons,
Se mêlant, au soleil, aux pâles aubépines.
Partout, les cistes blancs et les bleus romarins,
Les bruyères tachées de nuances vineuses,
Inondent de senteurs les rivages marins,
Ou les crêtes coiffées par les bosquets d’yeuses.
Les rocs tranchants et durs pointent dans les broussailles,
Pareils aux mains tendues en quête de faveurs ;
L’homme, inlassablement, peine dans les rocailles,
La seule pluie étant celle de ses sueurs.
Il creuse un sol ingrat rempli de roche brune
De ses bras secs, courbé sur l’outil de métal,
Dressant habilement chaque pierre une à une,
Architecte éternel d’un grand mur vertical.
Là, derrière les blocs qui sentent bon le schiste,
Mûrissent des nectars capiteux et divins ;
A l’heure où l’herbe rare est une paille triste,
L’air se remplit déjà de l’arôme des vins.
Quelques troupeaux épars de chèvres, au lointain,
Font tinter leurs grelots dans la brume légère,
Broutant un gazon dur et des bouquets de thym,
Qui poussent au soleil et parfument la terre.
Parfois, dans des lopins de surfaces déclives,
D’antiques végétaux font mûrir un trésor,
Laissant tomber au sol la récolte d’olives,
Sous l’assaut furieux des bourrasques du nord.
Le soir serein qui tombe a tracé ses contours
Sur l’horizon massif de la terre ancestrale ;
La mer pose un baiser au pied des hautes tours,
Dans les reflets changeants d’une lune d’opale.
Sur les chemins bordés du roc couleur de rouille,
Heureux, le promeneur marche d’un pas prudent,
S’arrêtant pour cueillir l’arbouse ou la cornouille,
Contemplant, au lointain, la plaine d’Empurdan .
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