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Lettres Imaginaires : Un soldat dans les tranchées

le mercredi 22 avril 2015, à 11:04. Posté par Philip de Berg (auteur : extraits poèmes Jean Alteroche)


    (Mardi, un jour de mai de l’année 1916).

    Cela devait être un beau jour de mai. Hier encore, le ciel était d’un bleu si pur à en émouvoir l’âme.
    Malgré la tourmente et les deux tentatives d’assauts de l’ennemi, le jeune Caporal Martin avait pris le temps de lever les yeux vers les nues.

    « Azur, prendrais-je un jour le temps de me noyer en ton sein
    Et m’enivrer de lumière et de brise mêlée,
    Puis courir à perdre haleine, ivre mais le cœur serein
    De tant de liberté dans ma course emmêlée,
    Bonheur ! Pour demain, peut être……….. »

    La charge sur la Cote 118 sera peut-être pour ce soir.
    Et, en prémices à de lugubres corps à corps, depuis ce matin il pleut.
    Un ciel sale et languissant, qui imprime au Monde son dais de désespoir.
    La température a baissé, sous de lourds nuages qui menaçent.

    Martin s’est assoupi un instant. En se réveillant, et en contemplant ses camarades, fatigués, épuisés et crottés au fond de la tranchée, car une violente averse s’était abattue au milieu de la nuit, il ne put s’empêcher de rappeler à sa mémoire un vers du merveilleux poème de Rimbaud, le dormeur du val, « Nature, berce-le chaudement : il a froid ».

    Martin, avant que la Grande Guerre ne l’emporte stupidement dans l’absurdité de jours sans fins, était instituteur dans un petit village du Cantal. Il vivait et enseignait à Loubaresse, un grand hameau de cinq cent âmes. A quelques kilomètres de Saint-Flour et près des capricieux méandres de la Truyère.
    Loubaresse, qui en vieil occitan veut dire : « hanté par les loups » !

    Mais en ces temps cruels, les loups, ce sont les hommes et leur folie sanguinaire.

    « Homme, n’as-tu hurlé aux yeux du Monde, ta soif d’Amour et d’Absolu,
    Quand s’effondraient les cieux et les flots engourdis par la haine.
    Mais aujourd’hui, fantôme aux yeux vide, où est ton rêve révolu
    D’embrasser les étoiles. Tu n’embrases que le voile d’une foi inhumaine »

    Martin sort son vieux carnet gainé de cuir usé. Il prend une feuille, se met à l’abri du vent qui colporte une bruine froide et malsaine. Et il commence à écrire à sa fiancée, restée au village :

    « Mon aimée, comme tu me manques, tout comme me manque nos ruelles familières où nous aimons tant nous promener.
    Loin de toi, dans ce Nord inhospitalier qui ne m’appartient pas, où malgré la saison, l’air est froid et colporte la mitraille, je rêve à un autre horizon que nous partagerons de nouveau un jour.
    Cet horizon est beau. Il répond aux paysages que j’aime et que je me fabrique au fond des yeux quand je rêve.
    Tout est noir et les soldats, mes compagnons d’infortune, souffrent et pleurent souvent de chaudes larmes, malgré leur orgueil de soldat.
    Oh, si tu savais, comme je voudrais que l’Homme sache encore déborder d’allégresse. Pour ne pas être une insulte au Malheur»

    Martin écrit, écrit encore. Au loin, le grondement des obus qui s’élancent sur la plaine et se fracassent sur les hommes au dernier soir de leurs pauvres vies, suspendent son temps. Alors, son souffle semble s’arrêter soudain et ses mains tremblent.

    « Perdus dans la tourmente, il n’y a plus ni Prince, ni Maître,
    Il n’y a plus que de pauvres hères, hagards et balafrés d’effroi.
    Voyageurs imprudents et las, qui n’ont plus, pour paraître
    Encore vivants, qu’un soupçon de regard au cœur du désarroi. »

    Martin a-t-il encore de l’espoir au fond de sa prunelle ? Hier, le courrier venant de l’Etat-Major, avait annoncé que la cote 109 était tombée aux mains de l’ennemi. Les pauvres gars dont la plupart n’avaient encore rien connu de la vie avaient rejoint les anges par dizaines.

    Martin s’arrête un instant. Son regard est creusé. Il a du mal à penser, à espérer. D’un pas lourd, il se faufile dans la tranchée pour rejoindre le vieux mitrailleur qui garde dans sa besace le meilleur tabac du bataillon. Une cigarette lui fera du bien.

    Il se sent soudain perdu dans ce boyau nauséabond, sur le Front d’Artois, près de Neuve Chapelle. Cloaque hideux, aux portes du désespoir et de la Mort, où bien des fantassins lettrés, revenus vivant de l’enfer, évoqueront, pour parler de cette abomination, les « mémoires des rats ».

    Et puis, Martin reprend son carnet et continue à écrire :

    « Mon aimée, serai-je fidèle à ma promesse ? A celle que je t’ai faite de revenir un jour au village. Le temps est devenu éternel. Ma seule horloge est celle de la mitraille qui crépite même au cœur de la nuit, à nous glacer le sang.
    Pourtant, nous sommes vivants. Dame, il nous faut tenir l’apocalypse en échec.
    Mais je ne t’imagine que trop, les larmes coulant sur ton doux visage quand tu liras ces lignes. Alors je vais projeter mon regard bien au loin, dans notre petite vallée du Cantal. Et, tiens, te demander des nouvelles de celui qui me remplace.
    N'oublie pas de passer le bonjour à Jean. Il fera un instituteur courageux. Il a ça dans le sang.
    Et quand l’hiver viendra, tu lui recommanderas bien de tout préparer pour la classe, n’est-ce pas ? Je te le redis encore :

    « Pour la nuit quatre lampes, et pour l'hiver un poêle
    Pour matériel et livres une armoire vitrée,
    Face aux élèves encore, le maître et sa table
    Et sur le mur du fond, des tableaux de Millet » (1).

    Martin ferme les yeux un instant. De revoir en pensée sa chère classe lui fait du bien. Et à cette rassurante image, se superpose bien vite le doux visage de son aimée. Comme c’est bon de rêver. De sel et de miel (1)
    (…)
    Il n’eut que le temps de percevoir le sifflement presque musical de l’obus qui devait être tiré des hauteurs de Fromelles, avant de rejoindre à jamais les infernales ténèbres qui l’engloutirent en une seule seconde.

    Ce fut un carnage, dans la tranchée de la côte 118.
    Le vaguemestre retrouvera le carnet de Martin, avec l’ébauche de sa dernière lettre.
    (…)
    Des mois plus tard, la paix revenue dans le pays, le jeune instituteur remplaçant, devenu titulaire, lira cette lettre à ses élèves. Ils sont encore bien jeunes. Il leur a fait découvrir « le dormeur du Val » et son dernier vers :

    « Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
    Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit ».

    (1) Hommage et clin d’œil à Jean Alteroche, un poète de mespoemes.net qui nous a quitté il y a quelques années.

    Voici où le lire sur notre site :
    mespoemes.net//alto

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commentaires ( 20 ) (Ajouter un commentaire)
imparfait le mercredi 22 avril 2015, à 11:39
Bonjour Philip,
Belle et triste imagination dans cette tranche du passé qui pour nous aujourd'hui est signe de vie alors que pour tous ces soldats elle était presque toujours synonyme de mort.
Merci aussi pour ton hommage à ce grand poète et ami qu'était Alto que j'ai reconnu dès que tu as écrit :
"était instituteur dans un petit village du Cantal. Il vivait et enseignait à Loubaresse...", il en parlait tout le temps de sa ville alors comment ne pas se souvenir et d'ailleurs je vais de temps en temps lire ses poèmes.
Belle référence aussi à ce très beau poème de Rimbaud.
Merci de permette aux anciens du site de se souvenir, et merci de permette aux nouveaux d'aller découvrir notre cher Alto.
""mespoemes.net//alto"
Bises et bonne journée à toi

euphonie0 le mercredi 22 avril 2015, à 11:41
Merci Philip
Une lecture douloureuse mais très enrichissante par le contenu.
Mon grand père était dans les tranchés en 14, il est revenu meurtri et mort de l'interieur, je ne lç ai pa connu mais en lisant le poème, j'ai imaginé mon grand père dans les tranchées.
Om Philip
Marie

Micheline 1940 le mercredi 22 avril 2015, à 12:06
Tristement magnifique ! Splendides émotions ! Vous me voyez conquise !
Je vous dirai, cher Philippe, que je suis encore toute étourdie de votre si merveilleux "Vent d'Ouest"
Bien belle et bonne journée et infiniment merci pour ces belles lectures !
M.

domi le mercredi 22 avril 2015, à 13:26
coucou Phil, oui je l'ai lu tout à l'heure, jusqu'au bout et sans peine car c'est très bien écrit ! et là, c'est sûr, c'est poétique, avec ce dormeur du val en toile de fond, plus cet hommage à l'ami poète disparu...
avec bien sur l'hommage historique, tout cela fait un écrit dense et juste magnifique, bravo à toi, et merci !

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le mercredi 22 avril 2015, à 13:36
A TOUS :
Il y a des écrits que l'on aime, après les avoir écrit, d'autres, moins. Autant je n'étais pas très satisfait de mon Vent d'Ouest, celui-là je l'aime bien, car, comme je l'écrivais sur un com' à Micheline, je me suis senti dans la peau de ce soldat, dans les tranchées, au milieu de la mitraille. Question d'imagination et d'émotion générée.
ALTO :
Bien sûr, cet écrit est un hommage à Alto, un poète du site, que je n'ai pas connu et qui nous a quitté il y a près de quatre ans. Un nom qui marquera tous les anciens. Alors, mon pauvre soldat, instituteur dans le civil, j'en ai fait le maître d'école de Loubaresse, là où Alto avait enseigné toute sa vie.
Et, clin d'oeil, dans mon récit, j'en ai même fait l'instituteur remplaçant. Là où dans mon récit j'ai mis (1) après les parenthèses, ce sont des mots ou des vers d'Alto. Hélas, anachronisme, Alto ne fut jeune instituteur qu'à la fin des années 30 et non pendant la première guerre mondiale. Merci pour vos commentaires, sur lesquels je reviendrai individuellement plus tard. Amitiés à tous et à toutes. Philip.

bluegirl le mercredi 22 avril 2015, à 14:21

Merci à Imparfaitlibre d'avoir donné avec le nom du site d'Alto, l'opportunité de s'intéresser aussi à ce que ce membre défunt du site écrivait de son vivant.
Cette indication appuie le bel l'hommage que tu fais à la sensibilité d'Alto, sans que t'ai eu la possibilité de lui demander son accord pour utiliser ses vers.
Bises et bonne journée.
Lola.
mespoemes.net/bluegirl

marine le mercredi 22 avril 2015, à 14:47
ouh c'est terrible
je le vois comme si...
j'ai vécu à Murat et enseigné
c'est si dur de perdre nos amis poètes
merci Philip

fokoua jean carlos le mercredi 22 avril 2015, à 16:52
Bien triste la guerre. Description des horreurs que l'on aimerait plus voir mais qui malheureusement existe encore dans certaines contrées de la terre. Merci pour cette superbe virgule au passé car un sage affirmait que nous devons connaître le passé pour comprendre le présent afin de comprendre le présent pour prévoir l'avenir. Reçois en même temps que mon commentaire, mes sincères salutations.
J-C.

Cerise le mercredi 22 avril 2015, à 18:55
Juste un petit coucou avant de repasser te lire plus tard...sourire
J'ai écouter hier ce "fameux" album de Yes que tu as évoqué.
Eh bien cela m'a ramenée illico quelques décennies en arrière.
J'adore la voix de de Jon Anderson....sourire
Bises et belle fin de journée à toi.
amitiés, Béatrice

domidom le mercredi 22 avril 2015, à 21:34
On ne peut qu'applaudir devant une telle prose, de suite j'ai reconnu Loubaresse, j'ai aussi entendu la voix d'Alto, mon Maître....
J'espère qu'il peut te lire là où il repose, si tel est le cas, comme il doit être heureux de voir que nous pensons toujours à lui...
Merci pour ce bel hommage que tu lui rends....
Merci aussi pour cette prose imaginaire, prenante, profonde, émouvante, chaque mot est à la hauteur de ton grand talent, cet écrit est extraordinaire, même s'il peut paraître long, il sait captiver et nous transporter au milieu des tranchées, tellement bien écrit, que l'on pourrais penser que c'est toi le Martin dont tu parles...
Merci, c'est beau, c'est très beau...
Bisous, Domie/marraine...

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le jeudi 23 avril 2015, à 12:28
A TOUS :
Pris par le temps, je répondrai demain à vos si gentils commentaires.
Juste une chose. A propos d'ALTO (Jean Alteroche) encore.
C'est marrant, au début, l'idée d'écrire cette lettre de guerre n'incluait pas en filigrane l'évocation/hommage à Alto.
Je voulais décrire les dernière heures, avec douleur et tristesse d'un pauvre soldat qui comme des millions d'autres allait bêtement perdre la vie.
Puis j'ai fait le choix que ce soldat soit un instituteur. Cela est dû au fait que j'ai toujours eu une admiration pour ceux qui ont en charge d'enseigner. Et aux enfants et aux jeunes, de surcroît (Quand j'ai eu l'honneur "d'enseigner" à mon tour, ce n'était pas le même genre de transmission, dans les Ecoles d'Administration. Ce fût aussi un honneur pour moi, mais sans jamais faire la comparaison avec ceux que je considérait comme les "vrais" enseignant).
Et alors, cheminant dans l'écriture de mon texte, je pensais situer mon instit' en région parisienne ou dans une grande ville. Et j'ai pensé à un instit' de nos campagnes, de ceux qui avaient le goût de l'enseignement chevillé au corps, ceux qu'on appelait "les hussards de la République". Bien sûr je ne sais rien de la vie d'enseignant de Jean Alteroche. Rien que ses poèmes. Mais quelque chose me dit que ce Monsieur était sans doute un de ces Hussard de la République, avec un sens du devoir que lui exigeait son métier.
Alors, en filigrane, le jeune enseignant remplaçant du soldat au front était devenu Jean (Alteroche), dans son petit village du Cantal.
Et je me rends compte, et je suis heureux de voir que les anciens du site qui en ont entendu parler ou même ont échangé avec lui de son vivant, l'aient ressenti ainsi, c'est comme si la thématique du poème s'était translatée sur le personnage secondaire de l'écrit, l'instit remplaçant. Ainsi, ce qui était un clin d'oeil (mais en fait un hommage) est devenu un véritable hommage à Jean Alteroche.
Merci à Imparfait d'avoir la première indiqué le login de son site. J'aurais dû le faire. Je l'ai mis au bas de mon écrit, pour ceux qui prendront le train en marche.
Les deux extraits de poèmes d'Alto que j'ai intégré dans mon texte sont, sans rentrer dans son intime (il y avait peu d'intime dans l'ensemble de sa poésie) :
- une description qu'il fit un jour de sa salle de classe
- et deux mots merveilleux qu'il avait lié un jour : "de sel et de miel".
Pour les nouveaux, je vous parlerai plus tard, sous ces coms, de mon ressenti sur la poésie de Jean Alteroche. Un style et des thématiques très particuliers, de la vie de tous les jours, et d'autres poèmes chargés d'émotion et d'humanité.
Bonne journée, mes ami(e)s et merci.
Philip.

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le vendredi 24 avril 2015, à 11:38
Me voici à vous répondre personnellement :
Pour IMPARFAIT :
Ah, bien sûr, tous les "anciens" ont reconnu l'évocation de Jean Alteroche (Alto). J'espère ne pas avoir heurté en l'évoquant de façon imaginaire dans mon écrit.
Sans faire de "pub" pour mes poèmes, je t'invite, si tu le souhaites à lire le VRAI hommage de j'avais fait à Alto sur mon poème "A ma fenêtre, il pleut encore (hommage à Alto). Je l'avais posté à une époque où tu étais en sommeil du site. Tu le trouveras dans la liste de mes poèmes à la toute fin de la page 2 (ou au tout début de la page 3 si je viens à poster un nouveau poème qui le décalera)
Tu as de la chance, comme d'autres, d'avoir pu échanger avec Jean Alteroche de son vivant. Combien de fois plaisantais-je avec Loïc, lui disant "oh, la, la, comme Alto m'aurait mené la vie dure - avec amitié - pour que je fasse les efforts nécessaires pour soigner mes poèmes en respectant les règles du classique, lui qui était tellement exigeant".
J'espère que des ami(e)s du site iront visiter les poèmes d'Alto. Bien à toi, chère Imparfait. Bises amicales. Philip.

Pour EUPHONIE :
Merci pour ton ressenti, chère Marie.
Je dois te dire que j'avais visité à peu près trois semaines avant le Musée de la Grande Guerre à Meaux, vu la reconstitutions de tranchées, des films d'archives et cela m'a mis "en condition" pour essayer de restituer l'effroi de ceux qui sous le vent, la pluie, la grêle et la mitraille avaient des chances de perdre malheureusement la vie. Mais mon écrit n'est qu'un récit de fiction que j'ai, honteusement, écrit tranquillement installé dans mon canapé. Si je peux "me mettre en situation" je suis bien sûr loin d'avoir ressenti cette véritable "peur aux tripes" vécue par les soldats des tranchées. Je suis donc un peu ridicule d'avoir écrit tout cela, si ce n'est pour "le devoir de mémoire" (ah, je n'aime pas trop ce terme !). Merci, chère Marie. Amitiés et bises. Philip

Pour MICHELINE :
Chère Micheline, ah...encore les yeux mi-clos, bercée par le vent d'Ouest !!!!
Mon écrit est dur et triste. Oui. Le thème s'y prêtait. Avoir un peu d'imagination nous permet de tremper notre âme dans toutes les palettes/couleurs de nos émotions. Bonne journée et avec mes plus belles amitiés. Philip

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le vendredi 24 avril 2015, à 12:02
(suite)
Pour BLUEGIRL :
Ah, merci Lola. C'est sympa d'être passée me lire et me commenter.
Oui, tu as pu le lire dans toutes mes réponses qui précèdent, cet écrit ne prévoyait pas au départ un hommage à Alto. Et puis, c'est au moment de situer le lieu où le jeune soldat enseignait avant de partir au front que j'ai eu, je ne sais comment d'ailleurs, l'idée que ce put être dans le village où enseignait Alto et pourquoi pas, dans ma fiction de rendre l'hommage en imaginant qu'Alto était l'instit' remplaçant et débutant. Quand nous sommes arrivés sur le site, à quelques mois d'intervalle, Alto n'était plus de ce monde. Je me suis permis d'emprunter quelques vers d'Alto (en le créditant) au rang de ses vers les moins intimes, car ça tombait très bien qu'il décrivit un jour sa salle de classe avec les tables, le bureau, les livres bien rangés. Et ces fameux deux mots merveilleux "de sel et de miel". Je te souhaite une bonne journée. Prends soin de toi. Amitiés et bises, Lola. Philip.

Pour MARINE :
Ben oui, j'ai fait en sorte que "l'on si croit", même si le thème est effroyable et sous les réserves que j'ai faites plus haut ("je n'ai rien vécu de tout ça"). Murat ? C'est vers le Lioran, ça. Brrr ! Il doit y faire bien froid l'hiver ! Merci d'être passée me lire. Amitiés et bises, Marine. Philip.

Pour JEAN-CARLOS :
Ah, merci d'être passé Jean-Carlos. Ca me fait plaisir. Eh oui, il faut essayer non seulement de connaître, mais de comprendre les "pourquoi" du passé, pour tendre vers un peu plus de sagesse. Mais cela est si mal parti, n'est-ce pas, à la lueur de cette folie qui secoue notre monde au quotidien.
Eh bien, en tout cas, continue à t'interroger sur tout ce qui fait l'histoire du monde, où qu'elle se situe. L'histoire de ton Afrique est aussi riche d'évènements, de drames et de sang. Mais derrière il y a une culture et des traditions qui font l'originalité du continent sur lequel tu vis. Toutes mes amitiés Jean-Carlos. Philip.

Pour DOMIno :
Ah Domie, je me doutais bien que cet humble hommage (qui donc n'était pas prévu au départ) à Jean Alteroche allait t'interpeler. Si tu as eu la patience de lire tous mes commentaires ci-dessus, tu sais donc comment m'est venu cet hommage. Mais cependant, il y a le reste de l'écrit. Dois-je prendre comme un compliment le fait que tu me dises "on a eu un peut l'impression que Martin, c'était toi". Ah, c'est juste un jeu de rôle. En effet, j'ai cette chance de pouvoir me mettre en situation pour m'accaparer une émotion pour imaginaire qu'elle soit. Je n'ai jamais eu le temps de faire du théâtre hélas. Les quelques personnes qui ont pu m'entendre par exemple, déclamer de la poésie "avec le ton", savent qu'en effet on peut faire remonter de l'émotion au fond de soi. Mais, ici, avec le gros bémol que j'ai souligné, que j'ai écrit un effroyable drame de guerre, installé dans mon fauteuil !!!!
Merci d'avoir aimé ma chère marraine. Gros bisous. Philip.

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le vendredi 24 avril 2015, à 12:05
Pour CERISE :
Je te fait un com' à part, Béatrice, car dans ton com' tu as évoqué Yes et son chanteur Jon Anderson.
N'est-ce pas qu'il y a des morceaux fabuleux dans l'album "Close to the edge".
Moi aussi j'adore la voix de Jon Anderson. Je ris, car tout le monde n'aime pas, n'aime pas du tout même !!!! (un ami du site qui est dans ce cas se reconnaîtra. Sourires !). J'ai tous les albums de Yes. Mais les premiers étaient vraiment magiques. Merci pour ce petit commentaire, Béatrice. Prends soin de toi. Amitiés et bises. Philip.

cerise le vendredi 24 avril 2015, à 13:02
Coucou Philip,
Je reviens de voyage...
Un voyage dans le temps et dans l enfer de la première guerre.
Je reconnais bien là ta belle plume empathique, humaniste.
Grand merci pour ce triste et néanmoins beau partage.
Pour ce qui est de Jon ...j ai adoré aussi quand il accompagnait Vangelis...sourire.
Bises et bon week-end à toi
Amicalement, Béatrice

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le vendredi 24 avril 2015, à 13:49
Pour CERISE :
Coucou, Béatrice. Moui, je me dis humaniste et j'ai de l'empathie. J'espère que ce n'est pas de la vanité de ma part et que je ne serais somme toute qu'un type quelconque. Je suis loin d'être plein de qualité. Mais on dira plutôt que j'ai une certaine humanité en moi. Et je le constate aussi chez beaucoup de membres de notre cher site. Ah, ce voyage dans le temps n'était pas trop romantique !
Bises à toi aussi et bon week-end. Avec toutes mes amitiés chaleureuses. Philip.

Rosaly le lundi 27 avril 2015, à 02:51

Je prends le train en marche comme vous le dites pour apporter mon modeste écho à tous ces beaux commentaires....je ne suis pas encore très familiarisée avec ce cite, manquant de temps pour en explorer tous les méandres ... tant de belles choses à découvrir !
Votre éloquence pour dire et expliquer me rend admirative, vous « plantez » le décors d'une manière très poétique et vous nous présentez Martin si bien que l'on a l'impression de le connaître déjà un peu,
Je tenais à vous exprimer mon émotion à la lecture de ce texte très réaliste car forcément vécu ... tant de pauvres poilus étaient des « Martin », tant d'autres le sont, le seront encore, en d'autre lieux, en d'autres temps...
Comme l'a écrit Prévert : Quelle connerie la guerre !
L'évocation est habile, l'imaginaire s'ouvre, vous suggerez les images sans en « détailler »les atrocités, c'est la souffrance intérieure qui prime et cette vague espérance qui fait lever les yeux vers les nues...
Cela donne une grande intensité au texte, l'atrocité, les corps mutilés tout le côté « saignant » on le connaît, on l'a vu nombre de fois, dans des livres, des reportages ...etc
Ici on entre en empathie avec Martin, on entre grâce à vous dans la peau de ce personnage,c'est là toute la force de votre magnifique texte,
Ps : Merci pour le lien, belle rencontre posthume avec ALTO grand poète que je découvre.
Je vous joins un lien vers un autre tès beau texte et chanson, que vous connaissez peut-être ?
Amicalemnent,
Rosaly

Rosaly le lundi 27 avril 2015, à 02:55
oups!! voici le lien
https://www.youtube.com/watch?v=B1nbg7-fpKc

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le lundi 27 avril 2015, à 11:41
Pour ROSALY :
Merci chère Rosaly à la fois pour ton commentaire et le lien Youtube vers cette magnifique chanson (que je ne connaissais pas).
Tu évoque de "l'éloquence" dans ma façon d'écrire ou de commenter. Oui, la vie et mon métier m'ont appris l'éloquence. Ce n'est pas une qualité absolue. Eloquence ? Que dire de ceux que l'on appelle "les beaux parleurs" et dont je me suis, hélas, retrouvé dans ma vie à peut-être en faire partie. Mais par contre, tu évoques "l'entrée en empathie avec Martin". Là, j'en suis plus heureux, car, sans doute pour avoir lu tant de choses sur la Vie (sans en avoir toujours tiré les leçons !!!!!), j'arrive à me mettre en situation dans des fictions. Je t'avoue que tout le temps de l'écriture de ce récit, j'ai eu la capacité de ressentir ce qu'aurait pu ressentir un Martin comme il y en eut tant d'autres (mais sans l'effroi et la peur en direct !). Voilà un peu la recette : ressentir, même dans l'imaginaire. Et comparer avec sa vie. Au moins ça aide un temps à ne pas être trop "moche" ou orgueilleux dans ses actes. Alors merci encore, Rosaly, pour la pertinence de ton commentaire;
Pour ALTO, j'en parle dans le com ci-dessous. Amitiés. Philip.

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le lundi 27 avril 2015, à 11:52
A TOUS : A propos de la poésie d'ALTO
A la suite de cette référence à Jean Alteroche, dans cet écrit, certains, parmi les nouveaux, vont aller lire sa poésie. Ce fut mon cas, moi qui ne l'ai pas connu.
Vous pourrez être peut-être surpris, en lisant, un peu au hasard certain de ses poèmes. Alto, dans ses poèmes, parlait le plus souvent de la vie de tous les jours, de ce qui l'interpelait.
Erudit, il maîtrisait toutes les règles de la prosodie (et se montrait même exigeant - pour leur bien ! - à l'égard de ceux qui voulaient faire l'effort d'écrire en classique). Mais, il n'en usait pas pour écrire de la poésie romantique, ou littéraire. Je me souviens ma rencontre avec le premier poème que je lus de lui, un poème qui parlait de langoustines mayonnaise et, je crois de moules frites ! Mais, bien sûr, il écrivait aussi, en moindre nombre, de magnifiques poèmes, moins "terre-à-terre" dirons-nous, des poèmes très littéraires, dans une acception classissisante du terme. Mais, comme me le faisais remarquer un ami poète récemment, le problème, et notamment pour les nouveaux, est quand dans le nombre très important de poèmes qu'il a posté, l'on veut aller lire un poème "lyrique", le nom du poème ne nous donne aucune piste. Par exemple, un poème qui pourrait s'appeler "Sonate d'automne" vous parlera de la cueillette des champignons, en novembre, alors qu'un poème qui s'appelerait "Banalités quotidiennes" pourra être un magnifique poème qui serait une ode aux beaux sentiments de l'Homme.
En tout cas, si cela vous en dit, n'hésitez pas à aller lire ses poèmes.
Amitiés à tous et à toutes. Philip.

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