JARDIN DE LUNE

 

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STRANDED - Part 10 (Dans le caniveau)

le samedi 18 avril 2015, à 08:18. Posté par Philip de Berg


    Chapter 3

    New-York City– Hier

    Ca avait été une vraie journée de galère. Tout avait commencé par une sacrée engueulade avec Linda, sa girl friend du moment. Voilà qu’elle s’était mise en tête de chanter et comptait sur Elvin pour la produire. C’est vrai qu’elle avait une voix qui ne laisse pas indifférent, comme le reste d’ailleurs. Mais voilà, elle avait flashé sur Katy Perry, avait composé deux ou trois morceaux comme Katy Perry et chantait comme Katy Perry. Insupportable. Cela faisait maintenant près de trois semaines qu’elle faisait un forcing acharné auprès d’Elvin. Du vrai harcèlement.
    Alors qu’Elvin qui était en phase d’inspiration pour sortir neuf ou dix morceaux en vue d’un nouvel album du groupe, mais peinait à trouver de la cohésion dans tout ça, il fallait que Sarah la ramène toutes les heures pour ne lui parler que de SON futur album à elle.
    Et puis, il y eut la goutte d’eau qui fait déborder le vase.
    Il s’était bien passé deux heures sans que Sarah ne soit revenue à la charge. Elvin, qui l’observait à la dérobée, content toutefois de la voir enfin assagie, s’aperçut qu’en fait son comportement s’était modifié. Elle semblait nerveuse. Sa bouche faisait un drôle de tic à chaque fois qu’elle aspirait une bouffée de sa clope. Elle avait pâli semblait-il.
    Elle n’avait rien pris ce matin pourtant, ni hier soir.
    Soudain elle se lança :
    - « Baby, je suis dans la m…, il faut absolument que tu m’aides, sans ça je suis foutue ! ».
    - « Qu’est-ce que tu as encore fait comme connerie ? Ca commence à bien faire. Je me demande parfois ce que je fous avec toi ».
    Sarah se mit à chialer.
    - « M’engueule pas Bébé. Oui, j’ai fait une connerie, c’est tout. Mais tu vas arranger ça vite fait, j’en suis sûre ».
    Elvin, radouci – Sarah en était presque attendrissante avec ses grosses larmes qui coulaient le long de ses joues qui avaient repris un peu de couleur – lui demanda :
    - « Allez, te mets pas dans un état pareil, dis-moi ce que tu as faits. »
    - « Ben l’autre soir au C.B.G.B j’ai rencontré des mecs. Enfin, pas dans la boîte, mais à côté. Tu sais, les types qui passent leur temps à glander dans le renfoncement de la petite porte à gauche. Ce sont des dealers. J’en connais un, Tamaro. Il a toujours été en confiance avec moi. On a été dans sa piaule, au premier. Oh, t’inquiète pas, on n’a fait que causer en buvant des bières. Seulement voilà, à côté du canapé, il y avait un grand sac plastique plein de poudre blanche. De la coke. Il y en avait bien deux kilos. Tu sais ces mecs sont inouïs. Ils sont même pas inconscients, ils se sentent invincibles, ils ne prennent aucune précaution. Ils ne peuvent même pas s’imaginer qu’à tout moment les flics peuvent faire une descente surprise chez eux. ».
    - « Ouais, et alors ? »
    - « Ben quand Tamaro s’est absenté pour aller pisser, je sais pas ce qu’il m’a pris. J’ai piqué le sac de coke et je me suis barrée. Et depuis ils m’appellent sans arrêt en me disant qu’ils me feront la peau si je ne leur rends pas la came ».
    - « Mais qu’est-ce qui t’a pris bon sang. Tu les connais pas ces mecs. Chez eux ça fait pas de sentiments. Alors c’est ça, tous les coups de fil sur ton portable ? Bon, et la came, qu’est-ce que tu en as fait. Tu l’as pas planquée dans la maison quand même ? ».
    Sarah se mit à trembler, une grimace angoissée tordant de nouveau son visage :
    - « Ben, je savais plus ce que je faisais. Quand j’ai piqué le sac, je suis sortie en vitesse et je me suis mis à courir dans le Bowery. J’ai pris le métro à Canal Street, dans le Chinatown. Et en attendant que la rame arrive sur le quai, j’ai balancé le sac de coke dans une poubelle ».
    - « Mais c’est pas vrai, mais c’est pas vrai, je rêve, t’as pas fait ça ? » fulmina Elvin qui commençait à ne plus pouvoir se maîtriser ».
    Il allait dire à Sarah qu’il allait arranger le coup. Il avait des paquets d’oseilles enfermés dans le coffre ; il irai voir le dénommé Tamaro, le dédommager, plus qu’il ne fallait même, et on n’en parlerait plus.
    Mais ce n’est pas ce que fit Elvin.
    Sans dire un mot, presque avec flegme, il lui balança violement un paquet de canettes en travers de la figure.
    La môme essuya le sang de l’éraflure qu’elle avait sur le haut du front, passa dans la salle de bain pour nettoyer la bière poisseuse qui avait giclée d’une canette explosée et pris la porte en courant.

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commentaires ( 4 ) (Ajouter un commentaire)
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le samedi 18 avril 2015, à 09:36
Pour les nouveaux lecteurs, ou les anciens membres qui reviennent, je tiens de nouveau à préciser que ce genre d'écrit n'est qu'une forme différente d'écriture qui ne me représente aucunement dans ses côtés sordides et qui ne saurait nullement être une apologie de la drogue et de tout le reste. Cela fait partie intégrante de l'histoire du rock 'n roll et de sa culture. Si j'aime cette musique autant que le classique, je n'encourage ni n'envie ce mode de vie.

Rainbow le samedi 18 avril 2015, à 16:20
Merci pour ce 10ème épisode de
"Stranded" , Philip ! Je te lis toujours
avec autant d' assiduité ! Amitiés,

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le dimanche 19 avril 2015, à 06:24
Salut, Pierre ! Disons que cette saga rock'n rollienne, en dehors de ma production poétique, est presque à ton attention. Comme tu auras pu le constater, avec cet épisode, nous sommes revenus à notre époque. Mais il y aura encore des flashback. Les lieux sont rigoureusement authentiques : il y a bien une porte sur le côté de l'entrée du CNGB, boîte mythique où ont commencé entre autres Blondie, les Ramones, Television.....(l'action est revenue à New York City, je te le rappelle). Le Bowery est un boulevard, toujours dans le Lower East Side, où traînaient tous les junkies de la ville. L'endroit est aujourd'hui clean, en lisière de Chinatown et Little Italy. Un peu plus haut, vers St Mark Place était le haut lieu de la punkitude.
Voilà, man ! Bon dimanche et à bientôt. Amitiés. Philip.

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le dimanche 19 avril 2015, à 06:32
Pour PIERRE :
J'avais oublié ! L'illustration représente la rarissime pochette alternative de l'album des Stones "Stiky fingers". J'ai la chance de posséder ce vinyl, que j'ai acheté en doublon de l'originale, celle d'andy Warhol (le jean avec la braguette). C'était la pochette espagnole représentant des doigts dans une boîte de conserve. Une autre particularité de cet album espagnol était qu'un des morceaux de l'album, "Sister morphine" avait été interdit. Alors, sur le vinyl, il y a, à l'emplacement où il devait être.....une plage blanche, sans le son (bien délimité sur le vinyl). Du silence à la place du morceau pendant 2 minutes et quelques ! Collector, man, collector ! Amitiés. Philip.

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