|
A l'aurore, rouge de colère
Et du sang des morts
Qu'il nous vole lorsque l'on dort
Il s'élève, roi sanguinaire
Et quand au grand jour,
Il rayonne et diffuse
Aux mages, aux muses
L'éclat de ses atours
Il invite, prince aphone
A l'admirer
Le contempler
A perdre la vue, en somme
Et dans ses efforts
Pour nous attirer
Il nous laisse contempler
La nature et ses trésors
On le béni
On l'admire
Prince d'ici
Triste sire
Quand la nuit tombe
Il nous laisse contempler
Un cadavre sombre
Pour nous faire trembler
Et nous, naïfs quidam
Levons alors les yeux
Vers cette lumière diaphane
Et rêvons d'autres cieux
Icare et ses plumes
Les taches de la Lune
Plaies ouvertes de celle qui
A trop aimer, ennui
Lève les yeux pour mieux les perdre
Et goûte ce désir, superbe
Ne plus rien voir après l'éclat
Et pouvoir en rester là
Mais les témoins de l'épilogue
Tirent la leçon d'une telle histoire
Et distinguent dans le monologue
Les cendres d'une défaite, un mouroir
|