JARDIN DE LUNE

 

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STRANDED - Part 9 (Dans le caniveau)

le dimanche 05 avril 2015, à 07:40. Posté par Philip de Berg


    Aux obsèques de Janis Joplin, Elvin Prisley se sentait mal à l’aise.
    Se frayant un chemin parmi la foule assez compacte, il se dirigea vers Paul Rothchild qu’il aperçut près du bar.
    - « Salut Paul, chouette assemblée n’est-ce pas ? Elle méritait bien ça. En fait, je te cherchais. Je ne veux pas avoir l’air de ne penser qu’au business, surtout ce soir, mais il faut qu’on parle de ma part des royalties. Tu sais, je ne t’en veux pas, de ne pas être crédité sur l’album, bon, mais enfin, je crois que j’ai fait pas mal de truc intéressants qui donnent de la gueule à certains morceaux. Alors j’aimerai bien avoir quelque chose là-dessus ».
    - « Euh, tu sais » - répondit Rothchild , d’un air embarrassé – « c’est que, je ne suis pas tout seul dans l’affaire. C’est d’ailleurs Bob (Irvin) qui drive les choses. Et c’est lui qui a mis le plus de tunes. Alors tu sais……
    - « Te fatigue pas Paul, ça va, j’ai compris. Merci quand même ».
    - « C’est pas ce que tu penses Elvin, crois-moi. C’est même pas Bob qui a la main sur l’album. En fait, on a les pontes de CBS sur le dos et tu sais, maintenant que Janis est morte, il leur fallait sortir l’album le plus vite possible. J’espère que tu comprends ça ? »
    - « Ok Paul, laisse tomber, et good luck quand même ».
    Ce soir-là, Elvin ne resta pas à la party. En quittant Paul Rothchild il eut le temps de se faire alpaguer par Chas Chandler qui, un verre de champagne à la main, commençait à être bien fait et avait l’élocution difficile. Pourtant, ça faisait à peine deux heures que la fête avait commencé. Banalités.
    - « Hey, salut Elvin ! Dis donc tu commences à avoir une coupe de douilles d’enfer » l’apostropha Chas.
    Le mot « coupe » n’était pas tout à fait approprié puisque qu’Elvin avait maintenant les cheveux au milieu du dos.
    - « Ouais, je crois que ça me va bien. En fait, c’est un guitariste de Flint, dans le Michigan, avec qui je suis devenu pote en trainant à Detroit qui m’a donné l’idée. Il a les cheveux encore plus longs que moi. Il a monté un groupe avec un bassiste et un batteur. Le groupe s’est donné un drôle de blaze : Grand Funk Railroad. Mais je peux te dire que ça arrache. Crois-moi on va parler d’eux dans pas longtemps. Je suis allé à une de leur répète. Ils jouent à un volume sonore insupportable. Ce mec est dingue, même en répé il se croit obligé de brancher en simultané six Marshall, volume à fond.
    - « Faut voir » - répondit prudemment Chas – « Pour revenir à la longueur des cheveux, quand j’étais à Londres du vivant de Jimi (1), j’ai vu un type d’une longueur de douilles aussi incroyable. Un dénommé Phil May. C’est le chanteur d’un groupe, anglais bien sûr, les Pretty Things. Assez provoc’. Ils ont même un morceau qui s’appelle L.S.D. »
    - « Connais pas. Avec un truc pareil, ils ont dû avoir des ennuis avec la justice ».
    - « Même pas ! Les Anglais sont beaucoup plus cool que chez nous ».
    - « Quand même, on n’a pas oublié quand Keith Richard s’est fait mettre en tôle parce qu’il s’était fait piquer avec quelques grammes d’héro sur lui. Je me souviens, Pete Townsend avait fait enregistrer vite fait aux Who un single de soutien, une version de Under My Thumb.
    - « Ouais mais c’est pas pareil. Là, je te parle d’un morceau qui fait clairement l’apologie de l’acide ».
    La conversation s’arrêta là. Elvin n’avait qu’une hâte : rentrer chez lui. Tout ce monde qui faisait la fête lui donnait maintenant envie de gerber. Qu’on lui foute la paix une fois pour toute à Janis. Il avait le blues. Janis, il prétendait maintenant la connaître un peu. Une brave fille. Parfois, quand elle était en forme, il s’attendrissait en la regardant. Il la comparait, le physique en moins bien sûr, à Marylin, à ce qu’elle avait de regard d’enfant, couleur de l’océan.
    Tout cela était bien loin. Presque quarante ans. Et il s’en était passé des choses dans la vie d’Elvin en quarante ans.

    (1) Chas Chandler, ex-bassiste des Animals fut le manager de Jimi Hendrix à un moment de sa carrière.

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commentaires ( 2 ) (Ajouter un commentaire)
Rainbow le dimanche 05 avril 2015, à 12:18
Thanks for this Part 9, Philip !
A propos des Animals, j' ai leurs LPs US sur MGM du 1er jusqu'au
"Animalism" . Le "On Tour" et le
"Animal Tracks" sont Fabuleux !!!
'Til next time, My Friend . Peter .

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le lundi 06 avril 2015, à 10:33
Salut Pierre !
Nous en avons fini (pour le moment) avec les flashbacks qui éclairent une partie de la vie d'Elvin Prisley dans les early seventies. La chapter 10 nous ramènera à notre époque.
Pour ce qui est des Animals, je n'ai en CD qu'un best of. Mais j'ai en 45 tours EP vinyl, d'époque le tout premier (House of the rising sun) et le We've got to get out this place. Des collectors ! Amitiés et à très bientôt. Philip.

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