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L’éternité du Fleuve,
Ce lieu où je m’abreuve,
Ce pays écumeux
A un cœur qui m’émeut,
L’éternité du Monde,
Sa quête vagabonde,
Arpente mes sous-bois
Et mes sentiers étroits,
L’éternité du Temps
Joue avec mon printemps
Comme un chat qui agace
La souris qu’il pourchasse,
L’éternité du Soir
Qui ombre mon miroir,
Agite le silence,
Gardien de ton absence,
L’éternité du Bruit
Qui brille dans la nuit
Trouble la déraison
Qu’abrite l’horizon,
L’éternité sans But,
Qui n’a point de début,
Qui n’a point de limite,
Erre loin de mon gîte,
L’éternité du Froid
Ne trouve point d’endroit
Pour réchauffer la peine
Qui m’étouffe et me gêne,
L’éternité du Tout,
Nulle part et partout,
Rôde comme un fantôme
Juste au creux de ma paume,
L’éternité du Beau
Promène son flambeau
Sur un bâti de chêne
Que l’illusion enchaîne,
L’éternité du Rêve
Que ma folie soulève
N’accoste plus au port,
Il a perdu le nord,
L’éternité des Mots
Est l’âme des hameaux
Flottants au crépuscule
Sur sa chaise à bascule,
L’éternité de Rien,
Ce vide aérien,
Est un pont qui traverse
Le ruisseau qui me berce,
L’éternité du Cœur
Cadenasse ma peur,
Elle est sans mot de passe
Pour taire mon angoisse,
L’éternité d’Aimer
Ne cesse d’exprimer
La douceur du nuage
Caressant mon rivage,
L’éternité des Fleurs
Qui consolent mes pleurs
Font s’ouvrir les pétales
Des roses matinales,
L’éternité sans Toi
C’est un havre sans toit,
Un écho sans réponse,
C’est un mûron sans ronce...
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