|
CHEMIN DES DAMES.
C’est en écoutant les récits de mon beau père,
Qui me les racontait très souvent,
Que j’ai compris les horreurs de cette guerre,
Cependant j’admirais tous ces combattants.
Il me racontait la voix pleine de douleur,
Les exploits incroyables de tous ses compagnons,
Qui moururent sacrifiés au champ d’honneur,
Et qui dormaient anéantis dans ses sillons.
J’étais si violemment émue, si attentive,
Que je devinais les larmes dans ses yeux,
De temps en temps une lueur plus vive,
Transformait le visage de ce vieux monsieur.
Un jour, il m’emmena sur ce lieu de mémoire,
Pour me montrer cet endroit anesthésié
Car pour lui c’était plus que de l’histoire:
C’était la vérité qu’on avait calomnié.
Aussi quand nous allions dans les Ardennes,
Nous nous arrêtions là très souvent,
traversant alors le département de l’Aisne,
Je pensais toujours à cet échec sanglant.
Je n’ai pas attendu l’année du centenaire,
Pour rendre hommage à tous ces vétérans
Ces affrontements qu’ici se déroulèrent,
Étaient pour moi hélas, toujours vivants.
|