JARDIN DE LUNE

 

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LAISSE TOMBER LES ANGES

le mardi 31 mars 2015, à 12:27. Posté par Philip de Berg


    Sous les rideaux de pluies ou les rideaux de larmes,
    Le monde expie le choix d’une abjecte débauche
    Et, pour son dernier soir, affronte les vacarmes.
    Ainsi frémit la Faute au matin qui s’ébauche.

    Sous les altières nues, d’étranges majestés
    Accordent leur dédain aux spectres qui s’avancent
    En invoquant des chants aux refrains dévastés.
    Ainsi parait la Haine aux sourdes attirances.

    Mais si ton regard accroche un coin du Ciel,
    Laisse tomber les anges………

    Dans le cœur des proscrits, la douleur est profonde.
    Aux portes de la nuit, l’ombre effarée surgit
    Comme une lourde épine et sous sa peine immonde,
    Emportée par l’envie, l’Homme entre dans sa nuit.

    Peut-il rêver encor, sans renier ses idoles,
    Et conjurer le sort qu’un affreux vent fatal,
    Esclave de l’Aurore et près des nécropoles,
    Enfin déposera dans un souffle brutal.

    Pourtant, si ton regard accroche un coin du Ciel,
    Laisse tomber les anges………

    …..Ils sont nos cœurs ardents enfouis sous l’Espérance
    Nos dernières pensées qui n’ont jamais failli
    Quand la brûlure vive où suinte l’inconstance
    Empruntée par les jours où l’âme tressaillit.

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commentaires ( 20 ) (Ajouter un commentaire)
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le mardi 31 mars 2015, à 12:33
Ce poème m'a été inspiré par ce magnifique tableau de Raphael, "La vision d'Ezechiel" qui trône au Palais Pitti, à Florence.

rivaudais le mardi 31 mars 2015, à 12:58
J'ai une vision. Un poète musicienqui compose au piano devant un tableau de Raphaêl " la vision d'Ezehiel". La musique et les aroles qui s'lévent dans cette salle de musée sont tellement belles que des tableaux exposés se détachent et prennent vie les personnages . En commençant par le personnage de la vision. Les angelots battent l'air de leurs ailes pouir applaudir et tous les saints et les anges, les prophètes et les personnages bibliques exposés dans la salle reprennent les paroles du poème et tous chantent à l'unisson en mêlant leurs voix à celle du poète. Et c'est mérité pour ce dernier . Car tu as vraiment quelquer chose en toi, mon cher Philip, qui me dionne envie de me joindre à tout ce monde des tableaux. Merci.

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le mardi 31 mars 2015, à 13:54
Pour RIVAUDAIS :
Merci mon ami pour l'honneur que tu me fais dans la perception que tu as eu de mon poème.
Tout d'abord, c'est bien involontairement que ces vers ont peut-être un contour mystique et une consonance....expiatoire ! En effet, le poème est sans aucun rapport avec la Semaine Sainte des catholiques.
De même, tu le sais, "l'image divine", la représentation de Dieu est proscrite dans les trois religions monothéiste. Pourtant les peintres italiens du Quattrocento ont représenté plus d'une fois le Divin dans leurs peintures (cela est le cas pour la "Visison d'Ezechiel"). Tout simplement parce que la Renaissance italienne peut être pour la première fois de façon "moderne" faisait une grande place à une culture humaniste faisant en sorte que l'Homme tenait une grande place dans l'Art et il n'était nullement blasphématoire de représenter Dieu sous un visage humain.
A part cela, ah, cher René, je vais renouer un instant avec ce que je m'étais promis de ne plus écrire, en disant que, pourtant, il s'agit d'une poème assez baclé. En m'endormant hier soir, je l'imaginais plus magnificent et plus flamboyant ce poème. Et ça a donné ça (j'ai dû corriger, il y a 10 minutes :
- une répétition, 2 fois de suite du mot "altières" pourtant peu usité.
- J'ai de même changé un superbe hiatus "déposerA - Enfin" que j'ai modifié en un "enfin déposera" !!!
Pour le reste, il trainera sans doute quelques incongruités majeures - je ne parle pas de la perfection prosodique - que ne manquera pas de débusquer l'amie Imparfait si elle passe me lire ! (sourire).
Voilà, et merci encore
(j'ai tes deux derniers poèmes à m'imprégner avant de les commenter).
Amitiés. Philip.

Imparfait le mardi 31 mars 2015, à 13:58
Bonjour Philip,
C'est vrai qu'à l'époque beaucoup de peintures représentaient des corps entièrement nus ou à demi nus, il faut croire que le publique avait un petit côté voyeuriste!!!! rire
Pour en revenir au tableau de Raphaël, tu as su lui redonner des contours lumineux par le choix de tes mots et la douce musicalité qui en découle nous le fait voir sous un autre aspect.
Bien que je préfère, et de loin, la peinture abstraite, je n'ai rien contre des petits anges qui virevoltent par ci et par là de temps en temps!!!! rire
Bises et bonne journée à toi Philip.

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le mardi 31 mars 2015, à 15:21
Pour IMPARFAIT :
Ah, l'Art : il est multiforme. Mais l'Art reste l'Art si on le ressent profondément. Ce qui est ton cas. A la faveur d'un poème de Pierre (Rainbow) sur l'oeuvre de Chu teh chun, je disais le choc que j'avais eu en voyant en vrai ses toiles abstraites. Les toiles de Turner aussi sont d'une grande puissance. Les impressionnistes sont magiques. Et la peinture dite classique nous bouleverse. Pour avoir de mes yeux vu tous les genres décrit, que peux te confirmer que l'Art c'est ce qui sait nous émouvoir au fond de nos tripes ! Quelle richesse.
Mon poème ? Tu dis avoir vu des "contours lumineux" que par mes mots, je redonnais au tableau de Raphael ? Je n'en suis pas sûr, car je pense avoir un peu dérapé sur l'austère (abjecte débauche, rideaux de larmes, peine immonde, proscrits... ce n'est pas spécialement lumineux !!! (rire).
Mais je te comprends, bien sûr, lorsque tu évoque la "musicalité" qui peut se dégager d'un assemblage de mots. Et tu sais combien je privilégie depuis toujours la musique des mots.
Alors, par exemple, la déclamation d'un "esclave de l'Aurore", "près des nécropoles" rimant avec "idoles" c'est musical ! Mais, perso, je persiste à dire que c'est loin d'être un de mes bons poèmes.
Au plaisir de te lire. Prends soin de toi, Imparfait. Bises amicales. Philip.

imparfait le mardi 31 mars 2015, à 16:34
Effectivement Philip, la musicalité pour moi n'a rien à voir avec le sens d'un mot ou d'un autre, pour moi, elle est cette possibilité que l'on a de chanter un poème avec ses mains et ses doigts comme le ferait un chef d'orchestre!!!
Si tu peux jouer chaque mot sur le coin de ton bureau sans aucun mot n'accroche alors la musicalité de l'ensemble est là!!! et que les mots parlent de vie, de mort, de beauté ou d'horreur, dans la musicalité ce n'est pas le plus important, mais de savoir les choisir en fonction de leur son là c'est musical!
Je ne sais pas si tu comprends ce que je veux dire!!!!
bises Philip

violette le mardi 31 mars 2015, à 16:47
Je voudrais la nonchalance des anges
La bougie allumée du livre
Le petit ciel de l’âme dans les yeux
J’attends au fond du puits
Qu’un visage se penche
J’écris le tendre à la hache
Avec la bouche de douleur
La pluie qui applaudit
Apporte un panier de silences
De l’air entré par le carreau cassé
De l’échec
Sur le vieux mur ridé de la sagesse.

Marine

domidom le mardi 31 mars 2015, à 17:34
Cette illustration est en quelque sorte le reflet de ton écrit....
J'aime regarder ces petits Anges, on a l'impression qu'il vont applaudir ce merveilleux poème, que bien sûr tu as construit avec respect et beaucoup d'amour...
Chaque vers est un souffle invisible qui donne le frisson et nous transporte dans une autre dimension...
Tu es un homme de grand talent Philip, tu sais trouver l'harmonie en toute chose....
Est-ce le privilège de l'oreille musicale que te guide?....
Qu'importe, te lire est toujours un ravissement...
Pleins de bisous, Domino...

euphonie0 le mardi 31 mars 2015, à 21:24
Je vais faire petit Philip, car cela fait trois fois que mon com s'efface
J'aime particulièrement le quatrième quatrain, car on l'écoutant il m"a parlée, enfin pas comme on le pense.
J"ai tout simplement resentie une émotion en moi.
Philip je ne laisserais pas tomber les anges.
Je te souhaite une bonne soirée
Om
Marie

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le mercredi 01 avril 2015, à 09:01
Pour MARIE :
Bonjour, chère Marie. Ah je suis bien content quand la dernière fois tu m'as écris "je vais de nouveau hanter ton site". Tu m'avais manqué, toi aussi.
Je suis à chaque fois presque l'interloqué quand les ami(e)s du site m'écrivent - comme tu le fais ici - que mon poème les a interpellé ou a suscité en eux de l'émotion. J'ai je l'avoue une sorte de gêne à lire cela (mais ne vous privez pas !!!!!) car cela laisserai accroire que je suis un...."créateur d'émotions" et l'émotion, la belle cela s'entend, c'est chouette ! Ma gêne est pour les autres poètes. Qu'ils sachent que, quel que soit leur style et leur poésie, TOUT est porteur d'émotion. Comprends-tu ce que je veux exprimer en parlant de gêne ? Je crains par dessus tout l'image que je peux dégager d'une certaine vanité poétique. J'assume le fait que je sais écrire ("c'est mon métier, c'est mon métier qui a favorisé cela !" je ne cesse de le répéter). Le petit plus, c'est que je revendique également de la générosité de coeur et de l'humanisme. C'est peut-être le mélange de tout cela qui fait que, parfois ma poésie génère une certaine émotion.
Pourtant, le constat est là : à ce jour, je suis resté le même Philip qui s'est inscrit le 11 novembre 2011. Et pourtant l'image que je donne sur le site gomme mes erreurs, mes errements auxquels, comme tout être humain, je n'ai pas échappé.
Alors mon bonheur est quand vous voyez en moi quelqu'un de pas trop mauvais. Amitiés, Marie. Philip.

Pour DOMIno :
Je vais coupler ma réponse à celle de Marie, ma chère Domie. Pour à peut-près la même raison. Voici qu'à la faveur de ce poème je suis "un homme de grand talent, sachant trouver l'harmonie de toute chose" ! Eh bé ! Ma vie et mes actes ont été hélas bien loin d'un sans faute. Ma poésie (je mets à part mes délires rock'n roll) est sans doute à l'image de ma délicatesse et de ma générosité de coeur envers autrui. Il y a une part de vrai, ce qui me conforte dans l'idée, c'est légitime pour tout un chacun, que je n'aurais pas fait que des trucs moches dans ma vie. Mais cette exigence n'aura pas été complètement au rendez-vous. C'est pour cela, pur revenir à ma poésie, que son contenu émotionnel est l'essentiel et qu'il est peut-être perçu comme toi et certains le ressente. Cela éclaire le fait, tu l'auras compris que la "technique" poétique, pour moi est très très secondaire. Tu es adorable comme toujours. Gros bisous, ma Domie. Philip.

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le mercredi 01 avril 2015, à 10:18
Pour VIOLETTE :
Merci infiniment, chère Marine, de m'avoir fait une réponse sous forme d'un petit poème dont on reconnait bien la patte.
C'est une version personnelle, une réponse à ta vision angélique de ta conception de "l'être", dans l’acception ontologique du terme.
Mais c'est aussi un impromptu improvisé très sympa. J'aime beaucoup le "panier de silenceS" (il y a donc plusieurs silences), le "mur ridé de la sagesse".
Ces "rebonds" poétiques dans les coms sont un autre éclairage, très interactifs des échanges et c'est très bien. Amitiés. Philip.

Pour IMPARFAIT (réponse à ton 2ème com") :
Bien sûr, j'ai tout à fait compris ce que tu veux dire, puisque tu sais que c'est ma conception de la musicalité des mots.
Je cite souvent ce merveilleux vers extrait du Bateau Ivre de Rimbaud (dont j'ai la chance de connaître par coeur 50 des 90 vers que compte le poème) :
"Fermentent les rousseurs amères de l'Amour". Quelle musique, avec l'usage des "r" ! En plus de ça, les mots sont aussi important que la musique. Ou encore le : "Où, teignant tout à coup les bleuités, délires/Et rythmes lents sous les rutilements du jour". Oh la, la; mais quelle musique.
Alors, comme je ne suis hélas pas Rimbaud, mais comme j'aime cette musique, j'écris parfois, à dessein, des "....aux couleurs du silence affamé par la Nuit", ou des "Et l’inconstant émoi du rêve qui s’épuise/Dans la douce morsure au rythme cadencé". Les mots chantent, qu'importe ce qu'ils disent, et c'est joli ! Bises, Imparfait, bonne journée à toi. Philip.

Micheline 1940 le mercredi 01 avril 2015, à 10:24
Le Prophète Ézéchiel et toute la puissance de son corps musculeux, trônant sur le bestiaire ailé et fabuleux des authentiques contes de notre prime enfance, comme toute la douceur des parfaits angelots, et toute la beauté de ce ciel peint dans l’or des montagnes sacrées, tiré des trésors incommensurables de Nabuchodonosor, et surtout le génie de Raffaello Sanzio, fils spirituel de Léonard et Michel-Ange … et en passant par là, ami, vous avez écrit, comme d’autres cisèlent les plus fastueuses parures, « Laisse tomber les Anges », un texte des plus prenants !
Merci cher Philippe de m’avoir conduite jusqu’à Florence, pour encore m’émerveiller, après avoir plongé avec votre « Cathédrale engloutie », une réelle merveille !!! Mille amitiés, M.

Loïc le mercredi 01 avril 2015, à 15:12
Hello Philip !

Tu sais ce que c'est, quand on est marqué par quelque chose (ici le tableau, mais peu importe) c'est qu'on s'y identifie un peu, même si parfois, l'intention de l'auteur était à cent lieues de l'interprétation. Mais c'est l'intérêt : se trouver dans l'interprétation.

Alors, le poème n'a pas la portée puissante de certains autres que tu as écrits sur le sujet de la déchéance, de la chute etc, mais il y a notamment ce double refrain (dont je suis quasiment sûr que tu as bâti le poème autour, en y ayant pensé en premier) qui est très inspiré et dont je me souviendrai. J'aime bien aussi, entre autres, le dernier vers qui relâche un peu l'ultra-lyrisme pour revenir soudain à des mots plus "naturels" et une image qui interpelle.

Bye mate !

http://www.mespoemes.net/cellox2

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le vendredi 03 avril 2015, à 10:59
Pour LOIC :
C'est tout à fait ça (on en a parlé hier au téléphone) : eh oui, c'est bien sur le refrain, et titre du poème, que j'avais écris sur un bout de papier, quelques jours auparavant, en pensant aux "fallen angels" que j'ai bâti le poème. Puis, le tableau de Raphael m'a aidé pour finalement me faire partir sur une autre piste. Je voulais parler de quelqu'un, au départ, qui contemple le ciel la nuit, avec ses myriades d'étoiles (bla, bla romantique, violons et tout et tout....et confond les comètes avec des anges qui tombent du ciel !!!!).
Bon, ce n'est pas un de mes meilleurs poèmes.
Marrant, vous êtes plusieurs à avoir été interpelés, différemment, sur mon dernier vers. Il est vrai, qu'après coup, il est sympa ce dernier vers (autosatisfaction !!!!!!)

Cerise le vendredi 03 avril 2015, à 17:46
Coucou Philip,
J'invoque les anges dans ce coin du ciel pour te souhaiter un bon week-end de Pâques...sourire
amitiés
Béatrice

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le dimanche 05 avril 2015, à 07:27
Pour BEATRICE :
C'est très gentil, Béatrice, et je te remercie infiniment. J'en profite pour te dire que je lis tous tes derniers poèmes, continue à les apprécier et à méditer leur sens. Bisous et joyeuses Pâques. Philip.

Lucille le lundi 06 avril 2015, à 14:59
Bonjour Philip...
J'ai apprécié le tableau associé au poème mais même sans référence au tableau, j'aurais apprécié la grandeur et la majesté de ton poème angélique.

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le mardi 07 avril 2015, à 06:31
Pour LUCILLE :
Merci, Lucille. Oui, le poème est angélique, si l'on veut. Je ne sais s'il a de la majesté. Il se voulait une simple allégorie. Comme je l'ai écrit ci-dessus, dans ma réponse à Loïc, je voulais au départ écrire tout autre chose. Amitié d'outre-Saint-Laurent et bien au-delà de l'océan !!!!! Philip.

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le mardi 07 avril 2015, à 06:35
Pour MICHELINE :
Oh, chère Micheline, je m'aperçois que j'avais oublié de répondre à ton si gentil commentaire.
Je ne doutais pas un instant que ce poème allait te/vous plaire, ne serait-ce que pour l'évocation des maîtres de Florence ! C'est merveilleux n'est-ce pas. Je considère que j'ai de la chance d'aimer l'Art, la peinture (notamment de la Renaissance italienne) et la musique de piano (voir les échanges que j'ai avec Domi) m'inspirent. Donc, j'ai à ma portée une source presque permanente d'inspiration. A très bientôt, ma chère Micheline et mille mercis encore. Philip.

Micheline 1940 le vendredi 10 avril 2015, à 18:45
Tout le plaisir fût pour moi, cher Philippe ! Le plaisir de te lire, tout d'abord, puis celui de replonger, de m'immerger, de me dissoudre dans La Florence que j'affectionne plus que passionnément, la sublime, la plus que parfaite, l'inimaginable miracle de cette Cité des Arts Majeurs ! ...
Bien sincèrement,
M.

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