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VOLUBILIS

le dimanche 15 mars 2015, à 12:25. Posté par richard






    J’ai souvenir des soirs brûlants de plein été,
    Quand tu puisais ton musc aux élans de la Terre,
    Et que je titubais habité d’un sang ivre,
    Dans le sourire et l’œil complices d’Astarté.
    Longtemps, de ton amour, je fus le locataire
    Et toi, tout à la fois, ma dryade et ma wivre.

    Fille sauvage au corps souple comme un serpent,
    Tu grimpais lentement à l’instar des lianes
    Sur leur support ; car toi, passiflore ou glycine,
    Quand tu t’entortillais gémissant et rampant
    Autour de moi, le souffle envoûtant des savanes,
    Alimentait mon trouble à ton humeur câline.

    Ma folie s’apaisait dans les combats sereins
    Des gestes alanguis et lents comme les lierres
    Qui caressent la sylve éternelle, à l’envie,
    Telle ma main tremblante attardée sur tes reins,
    Avant que maint envol, en fermant les paupières,
    Ne s’estompe en l’azur de l’âme inassouvie.

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commentaires ( 15 ) (Ajouter un commentaire)
Marie-Claude ( scarlatine) le dimanche 15 mars 2015, à 13:40
superbement sensuel , ô combien j'ai aimé !
amitié
très beau dimanche

Salus le dimanche 15 mars 2015, à 15:39

J'aime beaucoup cette faute de césure, que je suppose contrôlée, au premier vers du second sizain, c'est ainsi que l'on sculpte un sens mouvant - comme un serpent -

Salus

domi le dimanche 15 mars 2015, à 16:10
d'une sensualité poétique... c'est magnifique ! j'ai aimé.

louis le dimanche 15 mars 2015, à 19:16
Mais les césures vagabondes, j'adore ça. Mieux, je les recherche !

Salus le dimanche 15 mars 2015, à 20:02

Certes !
Mais elles se doivent utiles autant qu'élégantes ; celle-ci, pour moi, est plus que justifiée !

Si je peux me permettre un avis (éminemment subjectif), ta poésie, qui fais plus que tendre vers le classicisme, gagnerait, pour moi, à élider tout "e" muet...sauf raison majeure ! Et vu tes capacités littéraires, ça devrait t'être relativement facile !
d'autre part, je ne rencontre pas, dans mes dictionnaires habituels, cette orthographe du mot "wivre" que, comme Marcel Aymé, j'écris "Vouivre", où as-tu trouvé ça ?

Amitié,
Salus

Salus le dimanche 15 mars 2015, à 21:21
...ta Poésie, Qui Fait !

louis le lundi 16 mars 2015, à 01:15
J’ai trouvé (ou plutôt retrouvé) « wivre » sur le net : « Animal fabuleux qui prend la forme d’un serpent ailé prenant parfois l’apparence d’une belle naÏade. La wivre est mi-serpent et mi-femme avec queue de dragon et elle est réputée pour être croqueuse d’hommes. »
J’ai dit plus haut : « j’ai retrouvé ». Car je connaissais déjà ce mot sous cette orthographe qui peut en avoir plusieurs :wivre, guivre, vuivre, ou encore vouivre. (L’emploi de « wivre » m’affranchit de surcroît des problèmes synéro-diérétiques et, partant, me fait retomber sur mes « pieds »).
A l’origine, je tiens ce mot de la lecture d’un auteur que j’affectionne particulièrement et dont je suppose que tu as déjà remarqué l’intérêt que je lui portais.
Il s’agit de Joris-Karl Huysmans (1848-1907), auteur inclassable au puissant talent d’évocation et à l’écriture d’une richesse inouÏe au plan lexical.
J’ai lu quasiment toute son œuvre et parfois certains ouvrages 3 ou 4 fois.
Je te recommande notamment « Là-Bas » et « A Rebours », incontournables.
Je serais fort étonné que cet auteur te laisse indifférent.
Amitié

Micheline 1940 le lundi 16 mars 2015, à 08:01
C'est peu dire, que de vous souffler ici que j'ai "aimé" votre douceur sensuelle exprimée dans ce texte, tourné d'une si jolie façon ! Merci à vous cher Richard, pour ce moment d'émotion !
Bien amicalement,
M.

Salus le lundi 16 mars 2015, à 13:22

Intéressant petit exposé !
Je connaissait "Guivre", je l'ai utilisé, pour ses connotations moyenâgeuses,
mais pas les autres !
La multiplicité des orthographes ne m'étonne pas, vu la charge évocatrice du mots, et l'histoire qu'on peut lui supposer...
..."synéro-diérétiques", tu exagères ! d'autant que si "guivre" se prononce en synérèse, il en sera de même pour "Vouivre" et tous les dérivés, ça ne change rien à ton tempo.
Quand à Joris-Karl Huysmans, et bien, j'essayerais de m'en rappeler, tu as fini par aiguiser ma curiosité !

Salut et cordialité,
Salus

Salus le lundi 16 mars 2015, à 13:27

... Et pour la multiplicité des orthographes, je suis un spécialiste !
-Je connaissais
- du mot
(et peut-être, je vois pas tout !)

domidom le lundi 16 mars 2015, à 14:02
Une fois de plus, on se sent envoûter par ce merveilleux poème...
De plus, il m'a rappelé une certaine chanson, bien lointaine, dont j'ai oublié et l'auteur et le titre, je ne me souviens que de ce vers....;
(Les Volubilis en cache l'entrée), J'ai plus la mélodie en tête que les paroles...
Les Volubilis sont des fleurs grimpantes superbes, elles s'accrochent, s'enroulent, elles rampent comme une femme amoureuse....
Étrange comparaison me diras-tu...
Mais sur l'instant, c'est la vision qu'elles m'inspirent....
J'ai adoré te lire...
Amitié, DomiE...

louis le mardi 17 mars 2015, à 19:21
ordi provisoirement réparé.
Merci à mes commentateurs et commentatrices pour la visite.
Salus: Concernant Huysmans, tu as tout sur le net. Quant au mot "wivre" sous cette orthographe, c'est bien de cet auteur que je le tiens, mais je ne sais plus dans quel bouquin, où les archaÏsmes sont nombreux.

louis le mercredi 18 mars 2015, à 19:38
"Il trouvait la wivre, sorte de Mélusine, moitié femme et moitié serpent, une bête très cruelle, pleine de malice et sans pitié.....
Huysmans, La Cathédrale, chap XIV, p 423

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE° le vendredi 27 mars 2015, à 10:30
Ah, tête de linotte que je suis. Si tu n'étais pas passé commenter mon dernier poème, j'avais oublié que j'avais en instance ce Volubilis à commenter. 1000 excuses.
Bien que le volubilis soit une fleur que l'on voit couramment de par chez nous, elle a une origine lointaine, et se trouve en Asie notamment. Tout cela pour te dire qu'avec ton poème, l'on se trouve dans une ambiance de la lointaine Asie, faite de couleurs, de senteurs et d'odeurs. Ah, et puis l'évocation dans ton commentaire du Grand Huysmans ! Ah, nous sommes comblés, Richard. Bonne continuation mon ami. Bien à toi. Philip.

louis le samedi 28 mars 2015, à 09:35
Merci mon ami pour ton commentaire, toujours accueilli avec plaisir. En ce moment, j'avoue ne pas être très disert tant dans mes commentaires que dans mon inspiration poétique, avec, de surcroît, des problèmes d'ordinateur. Tout cela va s'arranger, j'en suis sûr .
A bientôt de te lire. Amitiés.

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