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Une viande enduite de moutarde,
celle qui monte au nez en larmichette,
la jalousie si féroce qui ronge l'os,
à faire palir la fierté d'une outarde,
une viande avariée aux pics d'une fourchette,
saignante à point et qui rosse,
le simple dos courbé de la vérité,
la cuisine du diable a des velléités...
Des volailles remplumées par un engrais mauvais,
le genre de gallinacés qui picore le sol et qui perd son duvet,
avec un chant du coq de basse cour rivet,
sur le mur d'une lamentation aussitôt couvert,
par l'oeuf d'une cuisine du diable à la cervelle crevée..
Des poissons panés aux arêtes tranchantes et aiguisées,
leurs écailles ont perdus de leur argent pour se déguiser,
dans le bouillon d'une culture aux yeux punaisés,
par l'envie qui est plus forte que l'odeur frelatée,
dans cette cuisine du diable d'une pêche intéressée,
par le goût de détruire le sens olfactif d'une simple pensée..
Des abats détaillés en petits dés qui jouent sur le damier,
des cases noires et blanches par l'odeur du fumier,
celui qui fume dans le coin des pièces enfumées,
par la délectation de réduire le courage en premier,
celui qui tient bon aux entrailles d'un limier,
la cuisine du diable a brulée dans ce menu guerrier...
A la diable, cette sauce est piquante avec des câpres saumurées,
il faut retenir sous la langue le piment d'espelette murmuré,
dans la gorge une douceur de salive qui s'active a défigurer,
les personnes aux intentions en mal de vivre à mâcher,
leurs mots et leurs gestes si prétentieux à peser...
C'était la cuisine du diable, maintenant retournons tous à nos fourneaux...
Didou écrit le 07 03 2015
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