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Chapitre 2 - Flashback (suite)
(Résumé de l’épisode précédent) : Et Janis parle, n’arrête pas de parler, toute une partie de la nuit.
Elle parle de l’album aussi qui, une fois terminé va être mixé à New-York. Et de ces enfoirés de musiciens du Full Tilt Boogie qui ne sont pas à la hauteur. Le guitariste surtout, ce petit branleur de John Till que lui a quasiment imposé Brad Campbell, le bassiste. John lui a massacré le chorus de Move Over.
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Alors Elvin tente sa chance. Il emmène Janis chez lui. Il crèche en ce moment dans une petite maison toute colorée à deux pas de Haight, pas loin du Fillmore. Il n’a pas de Southern Comfort à la maison, mais il doit bien trainer quelque part une ou deux doses d’héro. Mais d’abord, il a une idée derrière la tête.
A côté du canapé, un vieux Twin Reverb à la toile déchirée attend d’être allumé. Sa Les Paul est dans l’étui, posé sur le canapé.
- « Montres-moi un peu le morceau dont tu me parlais au bar, « Move over », c’est bien ça ? »
C’est bien ça. Et soudain la voix de Janis emplit la pièce, hypnotique. Le blues à l’état pur.
- « Qu’est ce qui ne va pas dans le morceau ? ».
- « C’est le chorus de guitare » - répond Janis – « il est complètement foiré. Il ne dégage aucun feeling ! ».
Elvin, qui a vite chopé la grille d’accords pour accompagner Janis, lui demande :
- « C’est là qu’il faut placer le chorus ? »
Et il se met à improviser, seize mesures étincelantes.
« C’est çà ! » dit Janis – « C’est exactement ça ! »
Et elle posa une main sur sa cuisse et l’attira contre lui.
La nuit fut courte. Janis, un drap à moitié posé sur elle, ronflait comme un forgeron, gorgée d’amour et de good vibes, pour une fois.
Elvin réussit à s’arracher des draps plus tôt. Le temps de prendre une douche et de descendre à la superette chinoise, sur Grove Street, pour y acheter vite fait une bouteille de Southern.
Midi. Tout le monde se retrouve dans le studio. Bob Irvin est passé aujourd’hui. C’est lui qui co-produit l’album.
- « Qu’est-ce qu’on fait ?» demande Ramon, déjà installé aux manettes – « On reprend le vocal de Cry Baby ? Tu m’as l’air en pleine forme ce matin, honey ! »
- « T’as tout faux mon pote » - réplique joyeusement Janis – « Tu vas me ressortir la bande de Move Over, et commencer par me virer le solo de cette petite lope de John. Les mecs, je vous présente mon buddy-love, Elvin Prisley, un sacré guitariste.
C’est lui qui va faire le chorus.
- « Et j’ai fait le chorus ! » - ne cessait de répéter Elvin quand il évoquait ses vieux souvenirs – « C’est bien moi qui joue sur l’album ».
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