JARDIN DE LUNE

 

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STRANDED Part 2 (Dans le Caniveau) Pour Pierre

le vendredi 27 février 2015, à 10:52. Posté par Philip de Berg


    Chapter 1 : Flashback number one

    NEW ORLEANS

    S’ils voyaient le Texas comme un havre à l’abri des drogues, New Orléans apparut au couple comme le paradis de la défonce. Dope à gogo, revendeurs à la pelle. The Big Easy ne faillit pas à sa réputation. Ainsi, l’attrait de New Orleans fut aussi leur perte. La dépendance de Joan au speed et pour Elvin l’absorption quotidienne et massive de doses à peine imaginables de substances illicites en tout genre, les conduisirent vite en état de paralysie virtuelle. Les cops finirent par faire un matin une descente chez eux et découvrirent des stocks d’héro, de marijuana et une belle collection d’armes. « Putain, si je suis condamné, je risque au moins cinq ans à Angola (1) et peut être beaucoup plus ! Il me faut absolument le meilleur avocat. ». Coup de fil à son agent, Sean Barret, un sacré débrouillard. Et moins de vingt-quatre heures après, Ed Willet, l’avocat des rock stars new-yorkaises débarque, presque hilare du bon coup qu’il va encore faire à cette putain de justice du Sud. Et déjà pressé d’en finir. Ed est un drôle de type, presque cocasse, décalé avec son vieux feutre éternellement vissé sur la tête, comme un privé sorti tout droit d’un polar des années 50.
    Elvin n’en croie pas ses yeux. Joan, oh, c’est autre chose, elle est perpétuellement dans les vapes. Ed Willet vient de sauver la mise à David Johannsen, le leader des New York Dolls, des vieux potes. Une vilaine affaire, où il s’est retrouvé vite fait devant la 5ème section de la Chambre criminelle du Bronx pour des trucs vraiment pas clairs. « Sixteen and savaged » (2) braillait la chaîne hi-fi pendant l’acte. « Too much, too young” (3) se dit Elvin, en repensant à toute cette affaire
    Quand David s’est fait serrer avec la petite dans un hôtel sordide de Yonkers (4), lui, Elvin était en train de se défoncer gentiment avec Johnny Thunder et Sylvain Sylvain dans une boîte, près du Village. Le bon temps. C’est vrai qu’il n’y avait pas de rivalités entre les Shooters Supply et les Dolls.

    Ed Willet l’a vite sorti de son merdier. Les juges de la Louisiane sont vraiment des ploucs. Une petite plaidoirie de rien du tout et l’affaire est dans sac. Willet prouve que la fouille des policiers a été illégale. Le tour est joué. Elvin revoit encore son regard malicieux, si étrange à travers un œil pourtant morne, entouré de cernes.

    - « Tu ferais mieux de quitter New Orleans rapidement » lui dit l’avocat. « Peut être même de quitter le pays quelque temps. Tu n’as rien à faire pour le moment. L’album est bouclé et tes prochaines dates avec le groupe, m’a dit David ne tombent pas avant six mois. D’ici là ? Ah, t’es vraiment pas un impatient, Elvin ! Moi, si j’était une rock star, je ferais des stages tous les jours. Enfin, ça te regarde ! ».
    Partir quelques temps, ouais, pourquoi pas. Une bonne idée même. J’emmène Joan et on se tire tous les deux. Tiens, le Mexique, on en parlait l’autre jour ! (to be continued....)

    (1) ANGOLA est l’un des pénitenciers d’Etat (situé en Louisiane) les plus féroces du pays. La plupart des 5108 détenus ont été condamnés à la prison à perpétuité et ne quitteront jamais cette prison, lovée dans les bras du Mississipi.
    (2) Titre du deuxième album du groupe Silverhead, dans les mid-seventies.
    (3) Titre du deuxième album des New York Dolls.
    (4) Quartier off-Bronx de New-York

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commentaires ( 3 ) (Ajouter un commentaire)
Pierre le vendredi 27 février 2015, à 20:09
Décidément, tu n'a pas fini de nous
épater ! Encore Un Grand Merci pour ce second récit ! Génial !
J' attends la suite avec impatience !!!!
Thanx A Lot , My Friend . Pierre .

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le samedi 28 février 2015, à 06:11
Pour PIERRE :
C'était pour toi, eu égard à ta culture rock, que j'ai reposté cette épopée Trash de ma pseudo Rock star, Elvin Prisley. Un petit clin d'oeil. Vachement gêné quand même que les poètes qui me connaissent sous mon angle romantique découvre cette écriture un peu trash. Car, la "trashitude", tu vas le voir au fur et à mesure des épisodes, c'est loin d'être fini. Et, puis tu vas retrouver des personnages des 70's et 80's. Mais pas forcément des gentils flamin' dudes de la West Coast. Mais....that's just for fun ! Amitiés, Pierre. Philip.

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le samedi 28 février 2015, à 08:16
Précision : j'ai donné le sens le plus adapté à l'ambiance en traduisant "Stranded" par "échoué" et en donnant à la nouvelle le titre français, très imagé de "Dans le caniveau". Pour les émérites anglophile/anglophones, il va sans dire que les autres sens, similaires du mot "stranded" peuvent se décliner comme : "à la ramasse", "en rade", "au 36ème dessous", etc.... Phil.

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