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SINFONIA PER UNA MADONA

le mardi 24 février 2015, à 20:25. Posté par Philip de Berg


    La parole qui peint pourrait-elle suffire
    Pour lire dans mes yeux l’immensité fébrile
    Annonçant un salut que rien ne peut réduire ?
    Dans mes yeux inspirés, ma fièvre est infantile.

    Dans le matin obscur, la Foi et la Lumière
    Ont envahi mon cœur et d’un regard mordant
    Qu’un lent souffle accablé de folie singulière
    Déposait sur ma vie, je sondais le Couchant.

    Dans l’éclat murmurant que fait l’adieu du jour,
    Une beauté farouche embrasait ma paupière.
    Et je me retournais, pour un dernier détour,
    En gardant le frisson d’une âme singulière.

    De pourpre et de jasmin, quand Judée se confesse,
    L’ardente souveraine apaise son époux.
    Le real innocent abrège sa détresse.
    N’a-t-il vaincu sa peur en tombant à genoux ?

    Et dans le soir mystique aux furieuses torpeurs,
    Comme un noir vagabond dans Florence endormie,
    Comme un pauvre innocent abjurant ses candeurs,
    J’irais d’un pas tremblant, calmer ma frénésie.

    (Variation mystique et contemplatrice
    à partir du sublime tableau de Pierro della Francesca
    « Maria-Magdalena » - illustration)

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commentaires ( 24 ) (Ajouter un commentaire)
Imparfait le mardi 24 février 2015, à 20:41
J'avoue cher Philip que je n'y connais rien à la peinture si ce n'est les quelques célèbres tableaux connus de tous comme "la Joconde", "le radeau de la méduse", "le déjeuner sur l'herbe" etc etc etc alors franchement, même si je trouve que ton poème est très expressif, il parlera certainement plus aux experts de ce tableau qu'à moi-même, mais à chacun ses passions!!!!!
Néanmoins, je pense qu'il y a une coquille dans ton vers 11:
"Et je me retournais, d’un ultime dernier détour "
que de pieds dans le second hémistiche, n'y a-t-il pas un mot en trop?
Au plaisir de te lire
Bises Philip

Micheline 1940 le mercredi 25 février 2015, à 04:51
Cet éblouissement, qu'une œuvre picturale peut apporter, est tout à fait parfaitement ressenti, et il faut être vrai Poète pour l'exprimer d'aussi belle façon, car à Florence, nous portons tous en nous-mêmes, l'entier Art accompli des immenses Génies qui nourrissent si bien l'Âme, les yeux, le cœur !
Je vous souhaite bonne nuit, Philippe, et vous passe un au revoir chargé d' amitié.
M.

Micheline 1940 le mercredi 25 février 2015, à 04:56
J'oubliais de vous dire que je suis allée vous rendre visite sur vos derniers textes.
M.

Micheline 1940 le mercredi 25 février 2015, à 05:38
Je viens de lire à l'instant votre mot me dédiant ce merveilleux texte sur l'œuvre de Piero della Francesca, l'impériale "Maria Magdalena"...
C'est me faire un bien immense honneur, et vous ne pouviez me faire plus plaisir !
Je ne voudrais pas en acceptant, vous paraître prétentieuse, mais, pensez-vous vraiment que je mérite cet insigne honneur ? Toutefois, j'accepte votre geste et vous en remercie du fond du cœur !
Bien amicalement, M.

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le mercredi 25 février 2015, à 08:17
Je vais commencer à répondre à vos si gentils commentaires les ami(e)s :
D'abord, puisque je ne donne plus de "clés" en amont par des pré-commentaires, voici la genèse de ce poème :
Amoureux de la peinture italienne de la Renaissance (le Quattro Cento et après), j'adore le tableau que j'ai mis en illustration. Le titre "Sinfonia per una Madona" est un trompe l'oeil. Car, dans le vocabulaire musicologique ancien, une "sinfonia" n'est pas une symphonie mais désigne une ouverture (comme dans un Opéra). C'était comme vous dire : "je vous présente la Beauté !". Et "Madona", est un hommage à la femme, car il ne s'agit pas de la Madonne mais de Marie-Madeleine, la pécheresse vilipendée qu'aujourd'hui à la faveur d'un engouement ésotérique on encense et dont on veut convaincre qu'elle était l'épouse du Christ. Philip.

louis le mercredi 25 février 2015, à 08:18
Coquille et pléonasme au ver 11. Dommage pour une aussi belle prière.
Amitiés. Richard.

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le mercredi 25 février 2015, à 08:24
LA COQUILLE :
Je viens de rectifier. Merci IMPARFAIT et LOUIS de me l'avoir fait remarquer.
J'avais mis "ultime" mais en recomptant les pieds le vers en faisait plus de 12. Je voulais absolument poster hier soir. J'ai remplacé par "dernier" sans effacer, dans la précipitation "ultime". La seconde partie de ce vers n'est pas très belle, à l'image de la première partie, le classique "dernier regard" que l'on porte en se retournant sur quelque chose qui a ému. Mais.....il n'y a pas tant que ça de mot finissant par "our" qui convenait. Et je n'ai pas la patience des poètes pour creuser ! Merci. Amitiés. Philip.

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le mercredi 25 février 2015, à 08:28
Pour IMPARFAIT :
Aucune importance de ne pas être connaisseuse en peinture. Avant tout il faut avoir le temps. Parisien et voyageur, je me suis fait toutes les expos pendant toute ma vie. Mais ta sensibilité est là. Elle est multiforme, Art, Nature, Musique, Poésie. Ta sensibilité poétique en témoigne quand tu écris. Amitiés et bises. Philip
(Ps : et merci d'être ma "correcteuse" patentée, repérant toutes mes coquilles et fautes. Sourires !)

violette le mercredi 25 février 2015, à 10:09
j'aime c'est beau
merci philip

Ivy le mercredi 25 février 2015, à 10:12
Philip,
Je dirais même que tous les gouts sont dans la nature...l'art, la musique etc; faisant que la vie soit, tableau, symphonie, poésie !
Bises

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le mercredi 25 février 2015, à 10:23
Pour VIOLETTE :
Merci d'avoir trouvé cela beau. Il fut un temps où j'écrivais sur le site que tel ou tel poème que je venais de posté était hâtivement bâclé et que je ne l'aimais pas. Je ne le fais plus. Je dirai simplement que, fasciné par la beauté de cette Maria-Magdalena, je voulais écrire quelque chose de beau. C'est pour cela que j'ai commencé par " la parole qui peint pourrait-elle suffire....".
Puis, au final, le résultat n'est pas tout à fait ce que j'espérais, au regard de mes propres critères d'écriture personnelle. Mais quand tu dis "c'est beau", je pense que tu évoque plus la Beauté de ce tableau que mes quelques vers ont simplement donné envie de contempler. Même si l'on est que devant une image sur un ordinateur et non devant l'original, hélas ! Amitiés. Philip

Pour IVY :
Tu as raison de le souligner, Ivy, en matière d'Art, est-il d'essence divine pour celui qui croit, "all is One". C'est le mystère universel du Beau qui commence, par exemple avec l'émerveillement que nous procure les premières fleurs.....au Printemps ! La Nature est LE vivant tableau, insurpassable. Kissous. Philip.

violette le mercredi 25 février 2015, à 10:25
j'aime le poème et le tableau
j'ai aussi écrit sur la peinture

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le mercredi 25 février 2015, à 10:38
Pour MICHELINE :
Régulièrement je fais le geste amical et sincère de dédier un poème à un(e) ami(e) du site, en écho à sa gentillesse ou au partage d'idées. Ne sois(ez) pas gêné de ce qui n'est nullement un honneur de te (vous) dédier ce poème. Nous discutâmes récemment longuement, dans nos lettres de notre émerveillement commun, en autres choses, pour l'art et la peinture de la Renaissance Italienne. L'un de nous a dû même évoqué ce peintre merveilleux qu'est Pierro della Francesca.
L'idée de ce poème est encore plus personnelle. Un peu en marge de mon activité professionnelle, j'ai eu l'occasion d'avoir l'honneur de suivre la restauration d'une église classée. J'eu ainsi l'occasion, pendant les années où on duré les travaux de me lier d'une forte amitié avec l'architecte des Bâtiments de France qui oeuvrait. Un grand Monsieur qui fut conservateur de l'Opéra Garnier à Paris, puis du Panthéon. Au moment de reconstituer deux vitraux entièrement détruit, il me fit l'immense honneur de m'associer à la réflexion qui était de choisir le thème de ces vitraux. Nous n'étions que nous deux à décider. Nous nous sommes mis d'accord pour une Marie-Madeleine. Le maître-verrier créa un vitrail qui ressemblait beaucoup au tableau de Pierro. Lorsque nous sommes allés présenter, par protocole, les dessins à .....l'Evèque, celui-ci nous dit "mais c'est merveilleux, mettre Marie-Madeleine, la pécheresse, face à St-Pierre (c'était l'autre vitrail). Un très grand moment de fierté dans ma vie pour avoir très humblement partagé l'idée avec ce grand Monsieur qu'est l'architecte René Duval. Voilà ce complément anecdotique chère Micheline. Prends (nez) bien soin de toi/vous. Amitié délicate. Philip.

Cerise le mercredi 25 février 2015, à 11:14
Coucou Philip,
Heureuse de voir que tu as retrouvé tes couleurs...sourire
Et surtout merci de nous emporter ainsi dans cet instant de grâce que ta inspirer cette contemplation.
Amitiés souriantes,
Béatrice

cerise le mercredi 25 février 2015, à 11:15
Flute ! j'ai cliqué trop vite, pardon pour les fautes aïe aïe aïe

José le mercredi 25 février 2015, à 12:11
Une très belle entame du poème, empreinte de la force du tableau et le reste balance entre mystique et contemplation, mystères finalement très proches de l’œuvre de della Francesca.
(Moi j'aimais beaucoup 'l'ultime dernier détour' j'aimais la 'banQUalité' de cet hémistiche qui traduisait si bien à tes yeux le magnétisme du tableau)
Amitiés.

domidom le mercredi 25 février 2015, à 14:13
Ignorante ou presque dans l'art de la peinture, j'ai quand même adoré lire ce poème, comme toujours, tu trouves les mots qui nous permettre de visionner l'inconnu, et ça aussi c'est un art...
Je pense que lorsque l'on a la chance de voyager, on peut se pencher sur bien des choses, y compris la peinture, et puis, l'Italie n'est elle pas un lieu où l'on vit à l'heure de l'art, de la musique en passant par la peinture, etc...etc... Un proverbe dit, (les voyages forment la jeunesse), mais ils apportent aussi beaucoup de culture....
Un très beau poème...
Bises, Domie...

Michel ( Signes de Vie ) le mercredi 25 février 2015, à 15:21
J'ai craint que ton poème ne soit en italien, même si c'est une langue que j'affectionne.
Belle surprise que tes mots, avec ce qu'il faut de profondeur et de bellesimages qui s'imposent.
J'ai aimé.

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le mercredi 25 février 2015, à 18:46
Pour DOMIE :
Comme tu le sais, chère marraine, je suis totalement imprégné par l'Art. C'est une chance, je pense. Et plus le temps passe, plus je me dis qu'il n'y a que ça qui vaille dans la création humaine. L'autre versant qui m'émerveille, c'est la Nature et l'Univers, ce que l'homme n'a pas créé. Chance aussi que de pouvoir voyager, voir le monde et des chefs d'oeuvre de par le monde. Une passion. Bisous. Philip

Pour MICHEl :
Cher Michel, c'est l'image en soi qui m'a inspiré le poème. Alors, merci si tu as vu de la profondeur dans les mots. C'est que c'est peut-être en adéquation avec la beauté du tableau.
Le prochain poème aura sans doute pour fond l'émouvante interprétation de Maria Callas de la "Mamma morta" d'Umberto Giordano. Merci d'être passé et d'avoir aimé. Amicalement. Philip.

Pour BEATRICE :
Eh oui, je ne sais pas si j'ai retrouvé mes couleurs, mais j'essaie d'en mettre un peu dans mes vers. Mon sourire ? Oui, il est encore sur mon visage. La contemplation de la Maria Magdalena est belle, n'est-ce pas ? Amitiés et douce soirée. Philip.

Pour VIOLETTE :
Aimer le poème, pourquoi pas ? Aimer le tableau : oui, obligé ! Dis-moi quels sont tes poèmes où tu as écrit sur la peinture ou poste les ! Amitiés. Philip.

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le mercredi 25 février 2015, à 18:54
Pour JOSE :
J'ai failli oublié de te répondre ! (hier c'était Domie !!!)
Tu as tout a fait exprimé (et ressenti) ce que je voulais dégager de ce poème. Ce n'était pas sur mes vers que je voulais focaliser l'attention, mais sur le chef d'oeuvre de Piero della Francesca, avec, en effet l'équilibre entre ce qu'il peut y avoir de mystique (dans une acception philosophique) et mystérieuse. Le mystère indicible de l'Art !
Ah désolé, la banQUAlité du vers concerné n'était qu'une erreur et pas un effet voulu. Je n'écris jamais en pur classique (avec Zéro faute de prosodie, tu sais que je m'en fiche) mais là il fallait quand même que le vers compte ses douze pieds. Mais.....pourquoi pas ? Ton ressenti y a vu la conséquence d'un magnétisme, d'une fascination que m'a procuré le tableau. Bonne soirée mon ami. J'ai encore des poèmes à toi dont je ne t'ai pas dit ce que je pense. Patience, je vais rattraper le retard. Amitiés, José. Philip.

Marie-Claude ( scarlatine) le mercredi 25 février 2015, à 22:02
bonsoir Phillip
très beau , comme quoi la connaissance peut
servir la poésie , bravo à toi
amitié
très belle soirée

Micheline 1940 le jeudi 26 février 2015, à 06:51
Bonsoir Philippe !
Je vous étonnerai peut-être, si je vous dis que moi-même, ai eu à faire à une restauration d'un vitrail 1900, décoré de fleurs en rinceaux et autres volutes délicates, d'un bow window de notre salon ouvrant sur le jardin. Emmanuel CHAUCHE, Maître verrier, ayant travaillé sur les plus grandes Cathédrales de France et d'Europe, et demeurant à deux maisons de la nôtre, oeuvra à remettre en état ce petit bijou qui me ravissait au plus haut point. Je n'imaginais pas, lorsque j'étudiais aux Arts Appliqués, et que je présentais des études de projets de vitraux, que la vie m'offrirait un jour, un vitrail à disposition à mettre en restauration !
Combien est intéressante la démarche qui vous fut offerte de pouvoir observer une restauration d'église classée, car vous avez pu ainsi, vous rapprocher des Maîtres Compagnons qui possèdent le summum de leur art, appliquant leurs talents aux plus beaux Bâtiments de France ! Ah ! L'heureux homme que vous êtes !
Belle et bonne journée à vous, cher ami, et recevez mon entière amitié !
M.

Pierre le jeudi 26 février 2015, à 11:58
A Symphony For Lady Madonna ?
I just love it ! Beatley Yours, Pete .

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le jeudi 26 février 2015, à 13:02
Pour MARIE-CLAUDE :
En effet, avoir l'opporunité de "vadrouiller" sur les sentiers de l'Art (et de la Beauté sous toutes ses formes) est un vivier pour l'inspiration poétique. Volontairement ou involontairement j'observe que tu as à écrit "connaissance" avec un "c" minuscule. Je me serais senti gêné si tu avais évoqué à mon égard la Connaissance, avec un C majuscule. Je revendique l'Enthousiasme, par contre, qui me donne une soif de connaître le maximum de choses. Merci pour ton passage;

Pour MICHELINE :
Merci pour cette étonnante coïncidence ! L'art du vitrail, c'est magnifique n'est-ce pas ? Je parle longuement de cette expérience vécue dans un commentaire sur un des tes/vos poèmes. Au passage, erreur, le maître-verrier, c'était l'Atelier Blanc-Garin et non Guérin ! Amitiés et bonne journée, chère Micheline.

Pour PIERRE :
Ah, encore un clin d'oeil à la rock music. Je crois que la chanson Lady Madonna était dédiée à ces mères-célibataires qui avaient du mal à s'en sortir, et non pas à une belle femme qui avait marqué soit Lennon soit Mc Cartney, à l'instar de Michelle, ma belle.... Greetin' from the Mersey, Pete. Philip.

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