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Mes poèmes - Livre d'or - Moi

 

MARIE - ANTOINETTE, REINE DE FRANCE

le mercredi 18 février 2015, à 12:23. Posté par ange&lis






LES DERNIERS MOTS D’UNE REINE
Paris, le 15 octobre 1793, midi un quart




Ce flot marchant vers nous, c'est la faim qui le pousse ;
Les hommes sans pitié, de leurs poings basanés
Nous ont mis au cachot ; nous sommes condamnés
Car les gens de la ville ont abaissé le pouce.


Le peuple de Paris, possédé par le Diable,
Pour l'aristocratie, a ouvert ses prisons…
Mais ce peuple, je crois, a de justes raisons
Qui l'ont rendu, soudain, par trop impitoyable.


Presque tous mes sujets m'appellent "L'autrichienne" ;
On m'insulte partout, avec des quolibets
Qui me font plus de mal que de voir des gibets ;
Et même jusqu'ici, on me traite de chienne.


Le bonheur m'a quitté dans le bruit de la rue :
Où sont les opéras de Glück et de Rameau,
Les ballets dans le parc, la ferme du hameau ?
Où est donc ma jeunesse, à jamais disparue ?


J'ai étudié les plans de ce bon Monsieur Mique,
Ecouté les conseils chers à Monsieur Rousseau,
Posé pour un portrait, si long, près du berceau,
Joué, au clavecin, des études rythmiques.


On n'écrira jamais deux fois la même histoire :
Je suis Reine et pourtant, je reste dans l'effroi,
Dans cette geôle humide, aux murs si lourds, si froids…
Qu'ils sont loin les beaux jours, près de l'observatoire...


Où êtes-vous, Axel, mon confident si tendre ?
Vous resterez pour moi le plus doux des amis.
Où est-il ce bonheur que l'on m'avait promis ?
Où sont les mots gentils qu'on me faisait entendre ?


Comment peut-on ôter un enfant à sa mère ?
Où ont-ils emmené, mon fils Louis, le Dauphin ?
Vont-ils le condamner ; je sens que c'est la fin...
Mon chagrin est si fort, ma peine est si amère.


Les reines, plus que tous, doivent rester loyales.
Et même quand on sait que l'on va au trépas,
Il est des sorts cruels qu'on ne refuse pas…
Ceci est le devoir des personnes royales.


Le prêtre va venir pour entendre une Reine ;
Devant lui, je ferai l'ultime confession.
Puis il prononcera, pour moi, l'absolution :
Face au regard de Dieu, mon âme est bien sereine.


Je sens venir la Mort ; j'ai besoin de courage
Pour ne pas avoir peur à l'ombre de sa faux.
Elle me poussera, demain, sous l'échafaud,
Devant la foule armée, au regard plein de rage.


Mon Dieu, je vous en prie, abrégez ma souffrance ;
Vous me faites mourir et je vous obéis.
Pardonnez aux français. Protégez mon Pays :
C'est le dernier souhait de la Reine de France.




Marie-Antoinette, Reine de France







© Gérard ANGELIS 1989 © Onirisme quantique




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