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J'étais depuis longtemps dessus le lit de glace
à marcher à pas lents, longeant l'île d'en face,
j'allais en solitaire enveloppée du froid
qui recouvrait le fleuve et j'écoutais la voix
du vent tournant autour. J'étais à son écoute
oublieuse du lieu, et devant moi, la route
m'apparaissait sans fin. J'ai marché si longtemps
que la lune à pointé ses reflets grelottants;
J'appréciais la paix qui me servait d'asile
mais la nuit menaçait mon refuge tranquille,
je flânais en rêvant et sans m'apercevoir
que la noirceur glissait sur les traces du soir.
J'aurais voulu dormir sur cette neige pure
loin des bruits de la ville et de sa démesure
pour sortir du sommeil au retour du printemps,
quand les rayons des cieux sont si réconfortants.
Mais j'ai dû, à tâtons, enfoncer mes semelles,
au moins jusqu'aux genoux, dans l'épaisse dentelle...
À regret, malgré moi, j'ai posé mon regard
sur le fleuve d'hier pour lui dire au revoir.
Lucille
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