Salus le mardi 27 janvier 2015, à 21:33
Graus vierges enlacés aux rias échancrées,
Vie emmêlée au grand espace ouvert
Sur chaque étoile exquise, et l’univers….
Ô gigantesques flots ! Diramations nacrées …
- Dernier quatrain de "Urus" (le delta du Rhône)
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domidom le mardi 27 janvier 2015, à 22:21 J'aime te lire...
Ta poésie est belle, fluide, délicate, ce sonnet est vraiment superbe, parfaitement imagé, chaque vers est comme une invitation...
Superbe...
Amitiés, Domie... |
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louis le mercredi 28 janvier 2015, à 09:54 Pour Salus:
C'est un comble ! Pour un naturaliste de formation, je ne connaissais pas ce terme. Mon dictionnaire dit : partage d'un fleuve en branches ou en bras. Génial !
Ensuite: "Urus". J'ai beau chercher sur le net, je ne trouve ni l'œuvre, ni l'auteur. Serait-ce Christophe Salus ?
Peux-tu m'éclairer ?
Je remercie, en tous cas, lecteurs et lectrices de ce pseudo-sonnet. |
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Salus le mercredi 28 janvier 2015, à 12:55
Pardonne-moi de t'avoir fait chercher ;
C'est bien de moi, amoureux de Camargue et de préhistoire ;
avant que le sort ne le désigne au site, je te passe ce texte,
parmi mes tout premiers...
Urus
Ô temps immémoriaux du delta souverain !
Aux Camargues épaisses balayées,
Ces rivages marins de terres déployées,
Sous l’eau qui sourd d'un principe utérin..
Dans cette immense plaine agitée et violente,
Une bête immobile, au souffle amer,
Songeusement, la tête vers la mer,
Regardait le ciel fluide aboucher l’eau mouvante…
Là, l’esprit de la Crau respirait les mistrals !
Des bourrasques pleines d’oiseaux crachés
Dans l’air salin des grands hivers hachés
Par la nuit fauve et lente et les soleils australs.
Et tout ici commence, avance et recommence,
Danse au mouvoir secret d'avalaisons,
Au souffle prodigieux d’exhalaisons
Du long fleuve épandant sa sereine démence ;
L’alchimique est ici ! Le paradis brutal,
La terre libre alors d’humanité,
Où Nature créa, d’éternité,
Un élan d’absolu dans un creuset vital !
Par les matins d’air calme avalés par la brume,
Des Orients où le monde sancit,
Venait la vague et les sons imprécis
De géants à fanons s’ébrouant dans l’écume..
Dans un long jour bleu d’eau, vif, et de sel enfui,
Le temps d’amour, fatal, et d’agonie,
S’allongeait une heure étale, infinie,
Pour l’urgence éternelle où le printemps reluit.
Sous les stridulations de milliards d’insectes,
Le déclin lourd des étés séraphins
Nimbait d’or roux les palustres confins,
L’éveil mystérieux de faunes circonspectes…
Et les troupeaux dolents, menés d’un instinct sûr,
En remontant paissaient les noirs méandres,
La touffe rêche où se mêlaient les cendres
D’une éruption lointaine obscurcissant l’azur.
Graus vierges enlacés aux rias échancrées,
Vie emmêlée au grand espace ouvert
Sur chaque étoile exquise, et l’univers….
Ô gigantesques flots ! Diramations nacrées …
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louis le mercredi 28 janvier 2015, à 18:37 C'est génial ! Je vois que ton style de l'époque avait quelque chose de légèrement plus classique mais avec déjà cette part de mystère et d'ésotérisme qui te caractérise. L'image est ici parfaitement renforcée par l'hétérométrie qui évoque à merveille l'avancée et le retrait de la vague, comme un ressac.
Je vois surtout que tu es plus prolixe que je ne le suis avec mon pseudo-sonnet.
Merci et amitiés. |
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Salus le mercredi 28 janvier 2015, à 20:20
Merci à toi, ami poète ;
on dira ton sonnet - tout à fait digne d’intérêt - "irrégulier" plutôt que "pseudo"... |
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Marie-Claude ( scarlatine) le mercredi 28 janvier 2015, à 22:07 bonsoir
quel beau sonnet , je n'en reviens pas !
amitié
douce soirée |
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Micheline 1940 le dimanche 08 février 2015, à 03:57 Votre description naturaliste est tout à fait splendide. Un beau moment de liberté !
Amicalement,
Micheline. |
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