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Souvent, il me souvient de ces soirées d’automne
Où je m’assoupissais au creux de tes seins blancs ;
Le soleil, sur les murs, jetait son reflet jaune
Et tes chairs emplissaient du parfum des enfants
L’alcôve où tu trônais dans des airs de madone.
La porte était ouverte encore à tous les vents
Et du jardin montait l’odeur de la bignone,
La chanson du pinson et des engoulevents.
Je regrette ces temps heureux des grappes mûres,
Aux rires accrochés jusque dans tes cheveux,
Lorsque effeuillant des fleurs et échangeant des vœux,
Mon regard, dans un rêve, épousait tes courbures ;
Longtemps nous avons cru arrêter les saisons
Qui fleuraient le vin neuf et ses exhalaisons.
1986
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