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À toi, cher lecteur, venu ici pour t’éloigner un peu de tes soucis, je souhaite beaucoup de bonheur et de joie tout au long de la prochaine l’année.
Premier jour de l’année, tout est à réinventer… mais l’homme se réinventera-t-il?
Toi et moi, avec l’aide des mots, nous continuerons d’espérer que le cœur de l’homme se métamorphose pour rendre le monde meilleur et plus beau mais il se peut que je me décourage et que je disparaisse soudainement. Je voudrais te donner mon adresse pour que tu saches où je suis. Je serai partie rejoindre un vieil ami qui m’attend depuis longtemps…
PROPRIÉTÉ PRIVÉE
Un homme, vêtu d’un étrange costume et envoûté par le silence qui l’environne, attend. Sa pensée sonde l’insondable et s’éloigne de la réalité devenue difficile à supporter.
Peu à peu, l’instant glisse hors du présent et se dirige vers un pays où l’illusion existe.
Il erre longtemps parmi les continents, sur les océans, au milieu des étoiles, se fondant à travers l’espace sidéral.
Il compte à rebours les demains anonymes chevauchant l’avenir inconnu.
Ses journées vagabondent sur ses rêves et ses nuits divaguent dans les vapeurs des nuages.
Après un long voyage sur des chemins de solitudes, il pose enfin son bâton de pèlerin sur les parois d’un volcan éteint.
Devant lui, le monde sommeille.
Aucun son ne vient troubler les millions d’étincelles parsemant la voûte.
Lui, voyageur solitaire arrivé à destination, face au gouffre de sa vie passée!
Son cœur affamé de justice et de paix a fuit une terre ravagée par l’orgueil humain pour élire domicile sur la Lune en orbite autour de sa planète.
Ainsi, depuis hier jusqu’à demain, Pierrot observe de loin le toit de sa maison.
Assis sur son croissant, il sonde le cœur du monde pour connaître l’heure de son retour: quand les armes des hommes détruiront non plus la beauté et l’innocence mais plutôt la haine, l’arrogance, l’injustice.
Au fil de toutes mes saisons, en regardant la Lune qui l’accueille, j’ai souvent pensé à Pierrot.
Un peu de patience et s’il tarde encore, j’irai le rejoindre, il m’attend là-haut…
Là où le mal n’existe pas : pas tant que l’homme vivra éloigné de cette Propriété privée.
Bonne année 2015 à chacun de vous,
Lucille Lavoie
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