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L’âtre où court un songe erratique,
Hourde mon crâne de vapeurs ;
Succombant au rêve écliptique,
Je m’affranchis de mes torpeurs.
Attisé jusqu’à l’érythème,
Il me souvient de tel départ
Dans les fragrances du phloème,
Un voyage vers nulle part.
Il fût, je sais, bref ce périple,
Bref et lointain en même temps,
Dans un paysage multiple
De mers, montagnes ou étangs.
J’ai contemplé maintes cascades
En tes cheveux longs et dorés,
Emplis d’effluves de muscades
Et de fleurs d’été décorés.
Dans tes yeux bleus comme la glace
Reflétée par les mers du Nord,
J’ai vu dans un éclair vorace
Briller les feux de l’Athanor.
Sur les montagnes de l’Asie,
Aux fontaines de tes baisers,
J’ai nourri dans une Ambroisie
Tous mes désirs inapaisés.
Puis je vins en terre promise
Où coulent le miel et le lait,
Comme le prophète MoÏse,
Dans le mystère révélé.
Et sur des promontoires roses
Où les fleurs croissent en bouton,
J’ai dormi les paupières closes
Dans un sommeil de nourrisson.
J’ai exploré gouffres et grottes,
Cratères en éruption,
Et j’ai tracé des asymptotes
A ta courbe en ignition.
J’ai plongé dans des mers torrides
Aux fins coquillages marins
Et rencontré les NéréÏdes
Sous des touffes de tamarins.
Nous connûmes le Pacifique,
Ressacs, tangages et roulis
Dans une onde péristaltique,
Sur des flots lapis-lazuli.
Mais en ce monde où le voyage
Se heurte à l’ire des typhons,
Nous finîmes dans un naufrage
Dans les récifs et les grands fonds
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