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La mort de l’Azur
J’ai pris ma tête dans mes mains. L’Azur est mort.
Exsangue, j’ai tremblé au bruit de son absence,
J’ai crié, je n’ai eu que l’écho du silence,
Figé, désemparé, en proie au long remord.
J’ai voulu me draper dans le voile du deuil,
Essayant de saisir de longs lambeaux de brume,
Mais même les nuées, chassées par l’amertume,
Ne pouvaient plus vêtir mon corps et mon orgueil.
Là-bas, j’ai vu craquer les mornes horizons
Et j’ai pleuré, pleuré, pour remplacer la pluie,
Les cieux n’ayant pas même une couleur de suie
Qu’attendent les déserts aux arides saisons.
Fléchissant sous le poids fatal du désespoir,
Mes yeux se sont taris lentement de leurs larmes,
Ne pouvant plus lutter, j’ai déposé les armes,
Observant, ahuri, le lointain sec et noir.
Ses membres écartés, le ventre ouvert, saignant,
Je contemple, en appui sur le balcon du vide,
Hagard, épouvanté, pantelant et livide,
Le cosmos haletant enfanter le néant.
Une extase vaincue a rongé mon cerveau.
Je ne distingue rien, pas la moindre étincelle.
L’Azur est mort. Partout, l’infini se morcelle,
L’univers est en proie aux affres du chaos.
J’ai pris ma tête dans mes mains. Quelle terreur !
L’Azur est mort. Il a des obsèques si viles
Que l’humain, désertant la campagne et les villes,
Fuit le regard de Dieu dans un flot de douleur !
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