Grimoire

 

Mes poèmes - Forum - Livre d'or - Liens - Moi

 

LE POETE ET L'AZUR

le lundi 01 décembre 2014, à 19:43. Posté par richard



    Je suis hanté. L'Azur! L'Azur! L'Azur! L'Azur!
    (Mallarmé)



    Rien ne me vaut le calme infini des bruyères
    Sur la lande où le roc brille sous les micas,
    Ou sur les monts lointains où mes pas solitaires
    S’enivrent au parfum âcre des arnicas.

    Rien ne me vaut ce sol âpre et déshérité
    Et cette glèbe acide ennemie des charrues,
    Où, las de sa guenille et de l’austérité,
    L’homme a fui, éreinté, les ronces et les rues.

    Rien, enfin, ne me vaut ce ciel éblouissant
    Et quand je marcherai dans les grès et le schiste,
    J’aurai beau trébucher sur le chemin glissant,
    Je chanterai ces lieux comme un apologiste.

    Car ici, sur la terre où l’errance est vertu,
    Le silence profond est une nourriture ;
    Le poète égaré ne s’est jamais perdu
    Dans le souffle des vents caressant sa figure.

    Et quel est le Léthé, quel est l’Hadès, l’amphore
    Qui donneraient un lait plus puissant et plus chaud ?
    Je le boirai sans fin jusqu’au bout de l’aurore,
    Comme sous la brebis se délecte l’agneau.

    M’abandonnant alors, étendu sous les frênes,
    A ces profonds sommeils habités par l’oubli,
    Paisiblement bercé par le vol des phalènes,
    Mon âme sera sourde à ce monde aboli.

    Alors la paix viendra parmi l’houlque et la menthe,
    M’envahissant, comblé de respirer l’air pur ;
    Emu, je clamerai ma joie, la voix tremblante
    Et, sans fin, je dirai :<< J’ai tant aimé l’azur>>.

<< Retour aux poèmes

 

Donner une note à ce poème ... (Note actuelle : Pas de note)
Vous devez être connecté sur Mespoemes.net pour donner une note à un poème.

 

commentaires ( 9 ) (Ajouter un commentaire)
louis le lundi 01 décembre 2014, à 19:51
Ecrit en 2000
Vers 6: rues: plantes vivaces de la famille des rutacées.
Amitiés.

bluegirl le lundi 01 décembre 2014, à 20:24

J'aime lire l'azur de la terre et ses vers enivrés !

Le quatrain central est mon préféré.
Amicalement, Lola.

Ivy le lundi 01 décembre 2014, à 20:53

Ombres des passants
Sur le froid des façades.
J'écoute ton silence

Le poète guéri
Dans l’encrier de la vie
Ses vers ressuscitent
 
Le temps a laissé
Au fin fond de leurs sillons
Son plus beau sourire

( Extaits de mon 'Haïku puzzle'

Amitiés

Micheline 1940 le mardi 02 décembre 2014, à 06:16
Bonjour Richard,
Me voici devant un bien merveilleux poème, dont la lecture par trois fois recommencée, m'a donné chaque fois un plaisir décuplé, et je viens vous le dire en toute sincérité.
Bien amicalement.

louis le mardi 02 décembre 2014, à 10:03
Un grand merci à toutes celles qui m'ont fait l'amitié de cette lecture.
Richard.

larose le mardi 02 décembre 2014, à 10:19
Bonjour!!!
Un matin merveilleux en traversant un jardin parfumé!!! Merci pour ce beau partage!! Bonne journée!! Amitiés

Salus le mardi 02 décembre 2014, à 21:40

Ton Azur est puissant comme est un contre-ut !
Je citerai pourtant le goguenard Poète,
Qui ne respecte rien - mais toujours très honnête :
"Je suis hanté, le rut, le rut, le rut, le rut !"

(Brassens)

domidom le mardi 02 décembre 2014, à 22:07
Je suis subjuguée par le charme de cet écrit....
Un réel plaisir...
Amicalement, Domie...

louis le jeudi 04 décembre 2014, à 06:55
Pour Salus:
"Je suis entier, le rut, le rut, le rut, le rut"
( paroles de mon cheval qui, lui, est bien armé ).
Rires et amitiés.

Ajouter un commentaire à ce poème en tant que :

Vous devez être connecté sur Mespoemes.net pour poster un commentaire.

 

 

Mes poèmes - Forum - Livre d'or - Liens - Moi

 

Hébergé gracieusement par MesPoemes.net - Créer un site internet