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Si cet été tu viens au moment des moissons
Quand la plaine enchantée au soleil fait ripaille
Je te promets mon cœur un essaim de frissons,
L'implacable douceur de mon château de paille
Plein de lys, de grillons, de boutons d'or charmeurs
Royaume du lapin, de la douce alouette,
A l'heure où le rayon s'assied parmi les fleurs,
Là même où le rêveur s'imagine prophète,
Sur un tapis moelleux de bonheur extasié
je t'apprendrai Musset, Lamartine et Molière
Tu sais ces merveilleux, poètes du passé.
A l'ombre d'un pommier encerclé de lumière
Imitant le dormeur en l'auguste saison
Nous boirons du bonheur en nimbant nos pensées
De sainte poésie empreint de volupté
Afin que nos deux cœurs aux rimes soient mêlées,
Au berceau de la source effleurant les doigts d'or
En l'âme du sous-bois où la dentelle est blonde
Sous l'œil du rossignol prince de messidor
Nous sèmerons des fleurs au miroir bleu de l'onde,
Ainsi que le berger, heureux parmi les chants
La nef aura pour nous le charme d'une treille,
D'une chanson d'amour bénissant l'art des vents,
De murmures d'oiseaux caressant ton oreille,
Dans ce décor gazé par le zéphyr naissant
Le long de seigles mûrs où le soleil se penche,
Aux pas de nos regards rempli de cet instant
Juillet nous charmeras avec sa robe blanche,
En vacances d'été c'est dans ce tourbillon
Tout comme au joli temps, que j'aurai de la chance
Car tu me manques trop mon merveilleux garçon
Pour que je puisse un jour tirer ma révérence
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