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Au lac de Val Joyeux que le soleil afflige,
Dort, la vie en secret, au son de l'angélus
Un merle a tressailli, de même qu'une tige,
L'âme ardente de mars recouvre les talus
En vague de verdure infiniment jolie
Qui terrasse d'un coup le sommeil hivernal,
Un long frisson de fleurs nimbe de poésie
Les champs et les sous-bois, de son art floréal,
D'un fluide merveilleux chaque bourgeon s'active
Nervuré de vaisseaux, son ivresse est amer,
La source enfin a soif, son pas, devient eau vive,
Glisse comme un serpent sur le beau manteau vert,
Parmi les chênes d'or accueillant la ramure
L'air est plein de parfums, d'images d'Epinal,
La forêt toute entière entonne un doux murmure,
Le coucou a jaillit dans l'écrin matinal,
D'un sourire de vent ce n'est plus un mystère
Le printemps est bien là, au cœur de chaque tronc
Au baiser du soleil, le froid vit un calvaire
Avant de rendre l'âme, en vint, il a fait front,
Tel un joyau serti d'innombrables jonquilles
Le val fait un miroir aux jolis boutons d'or.
Le pouillot revenu, entasse les brindilles
Cet auguste des prés n'attends pas messidor
Pour entreprendre un nid au creux d'une aubépine,
Je sais qu'en mon pays, c'est un compteur d'écus
La lyre de son chant est une onde angevine
Comme un fleuve d'amour, il berce les feuillus,
C'est le charme absolu de nos grands pâturages
Pas de meilleur endroit pour entendre l'oiseau
En nos vallons herbeux, en nos forêts sauvages
La plus belle chanson c'est le chant du ruisseau.
Heureux celui qui peut, au flanc d'une colline
Admirer ce décor, Quand s'avance le soir
Tandis qu'au vieux clocher tinte la cloche fine
Au moment merveilleux, des veaux à l'abreuvoir,
De cet élan divin j'arrose ma fenêtre
Quand Phébus empourpré Caresse l'horizon,
Alors au fond de moi la muse peut bien naître
C'est aux soirs de printemps que je fais ma moisson.
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