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Chaque soir c'est pareil, l'instant où je m'installe
A mon cher pupitre, il en profite enfin
Pour venir se lové sagement sans scandale
Près de ma page blanche, effleurant le vélin,
Il aime ronronner dés que crisse ma plume
Et c'est un trouble étrange infiniment plaisant,
Soudain sur le papier ma lyre se rallume,
De son âme vers mon cœur la muse est en suspend,
C'est comme un fluide d'or, soleil de son silence,
Son doux repos m'inspire un rêve verdoyant
Il semble me donner la fièvre qui encense
Et ce tendre secret me lie à se galant,
Loin des rumeurs du temps j'invente l'harmonie,
En mon nid de bonheur juste sous l'abat-jour
A la clarté mystique un songe m'attendrie
Au plus profond de moi, me parfume d'amour,
Souvent d'un frôlement léger sur ma main fine
Caressant à loisir sa volupté m'étreint,
Et je feins de savoir où s'en va mélusine
L'absinthe à ses côtés n'est plus qu'un léger vin.
Son iris émeraude à su prendre mon âme,
Il remplit mon cerveau d'un long poème blanc
Jusqu'à l'ultime mot mon encre est une flamme
Ainsi mon encrier comme mon chat s'épand.
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