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Tristesse, je t’aimais, je buvais ton breuvage.
L’azur profond et bleu que tu décoloras
N’a pu rester livide et masquer tes auras,
Car mon cœur alangui réclamait ce servage.
Dans le sombre boudoir de ton humeur sauvage,
Mes larmes, mes chagrins, tu ne les essoras
Que pour développer mes sens, mes odorats
Et m’enivrer de plaies, de geôle et d’esclavage.
J’aurais voulu garder près de moi tes yeux sombres
Et tes bras indolents aux gestes épurés,
Les souvenirs anciens aux parfums de décombres
Où mes rêves jadis se trouvaient emmurés.
Ah ! J’étais bien, Tristesse, en prison dans ta cage,
Loin de la barbarie de l’homme et de sa rage !
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