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Sommairement vêtu de savantes guenilles,
Sous un ciel parsemé d’amas fuligineux,
Les pieds bleuis chaussés de vagues espadrilles,
Il garde le troupeau, armé du buis noueux.
Il a longtemps marché sur la route incertaine
Qui monte, sinueuse, au milieu des cailloux,
Pour venir jusqu’ici, dans la prairie lointaine,
Toute bordée d’ajoncs, de ronces et de houx.
Un souffle de vent frais irise l’herbe rare
Et le poil fatigué de la vache à l’œil noir.
S’il arrive parfois que celle-ci s’égare,
Le chien fidèle est là pour faire son devoir.
Car son maître a les joues mal rasées, gorge sèche.
Il émet quelques sons rauques et gutturaux,
Dans une langue étrange et quelque peu revêche,
Celle de la montagne aux senteurs de sureaux.
Il contemple les pis taris, seule richesse,
Dans ce morne horizon qui le rend bienheureux ;
Son ombre qui s’étend lui donne une noblesse.
Le soir tombe. Il a des étoiles plein les yeux.
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